

Ce 28 juillet 2010, la 7e audience de l’affaire ministère public, Etat du Cameroun et ministère de la Santé publique (Minsanté) contre Urbain Olanguena et Cie est consacrée à l’interrogatoire du premier et principal témoin de l’accusation.
Le Messager / jeudi 29 Juillet
Pour questionner Gibert Bayoï l’ex-Minsanté lui-même. Il commence exactement là où la dernière séance consacrée à l’exercice de cross examination s’était arrêtée un mois plus tôt. Il s’agit des prétendues malversations imputées à l’accusé principal relativement à l’effacement des traces d’un bon d’engagement d’un montant de 260 000 000 de Fcfa. Le rapport de la mission d’inspection du contrôle supérieur de l’Etat (CONSUP), lu au tribunal accuse l’ex-Minsanté d’avoir supprimé toute trace de ces engagements des fichiers informatiques. Urbain Olanguena demande à son interlocuteur de produire la preuve de ses allégations. Comme une rengaine, le chef de la mission sert : et de souligner .
Malgré le rappel de l’ex-Minsanté précisant qu’il suffisait de procéder à la vérification des émissions dans les bordereaux ou les registres, le témoin ne démord pas. Pour lui, sa mission qui passait au peigne fin la gestion des programmes sida, paludisme, tuberculose entre 2002 et 2004 n’avait pas à visiter les méandres de la procédure. Il suffisait de voir si en amont une dépense a été ordonnée et de se rassurer en aval que son objet a été rempli. Ce, en conformité avec la procédure. Urbain Olanguena Awono aura beau expliquer que les 260 000 000 FCFA de subvention versée à l’Association de marketing sociale (Acms) ne relève pas du domaine des marchés publics comme prétendu par le témoin. Il n’en sera rien. Gilbert Bayoï s’en tient à sa posture de départ. Même les allusions de l’ex-Minsanté faites aux dépenses ordonnées sur la base d’études menées par son prédécesseur Laurent Esso n’y feront rien. Son contradicteur lance avec une désinvolture qui suscite des murmures dans la salle : L’accusé qui ne lâche pas prise veut savoir si le témoin à charge a des éléments de preuves que la somme qui fait l’objet de la subvention a été détournée par lui. Le témoin est imperturbable . Sur ces entrefaites, le public présent crie à l’étonnement. La présidente de la collégialité doit menacer d’évacuer la salle pour obtenir le silence.
Gilbery Bayoï agacé
La suite de l’audience est consacrée à ce jeu de ping-pong entre les deux parties. Richard Sedillot, de nationalité française, nouvel avocat constitué dans l’affaire pour Olanguena Awono n’obtiendra rien du témoin. Gilbert Bayoï presque agacé par les questions du camp adverse ne donne aucune preuve des accusations formulées contre  l’ex- Minsanté et ses coaccusés. Il en est de même de la production du livre , et la livraison fictive de moustiquaires. Interrogé par d’autres accusés, l’inspecteur d’Etat garde la même posture au point de susciter la lassitude de Feuzeu Maurice (co-accusé) ex-coordonnateur du programme de lutte contre le sida. Il demande une suspension de l’audience après plus de quatre heures de débats. La cause est ainsi renvoyée au 25 août 2010.
Focal: Opération épervier cherche salle d’audience
Désormais au cours des audiences de l’affaire d’Urbain Olanguena Awono, les parties prenantes sont soumises à une rude épreuve de nerf due à l’heure du début effectif des débats. Car, prévu généralement pour commencer à 11 heures, elles accusent souvent des retards de 3 à 4 heures au chrono. En cause principalement, l’indisponibilité de la principale salle d’audience de la Cour d’appel du centre, logée dans le Palais de justice du Mfoundi-centre administratif. Cette pièce réquisitionnée pour les besoins de la cause par le tribunal de grande instance des céans est la plus spacieuse et l’une des seules qui est sonorisée de ces lieux. C’est donc en raison de l’acabit des clients de l’opération Epervier (Olanguena Awono, Polycarpe Abah Abah et certainement Jean Marie Atangana Mebara ce jour) que cette salle plus accueillante et plus aérée est sollicitée. Seulement, les affaires en appel relevant également de l’Opération épervier et notamment celle de Gilles Roger Belinga, ex-directeur général de la Société immobilière du Cameroun (SIC) se tiennent dans cette enceinte. Résultat des courses, les protagonistes des différents procès et leurs gardes déambulent dans les allées du palais. Sûr qu’avec l’ouverture des procès Haman Adama, Roger Tongo Onguéné, Henri Engoulou, et autre Catherine Abena les magistrats auront fort à faire avec la planification. A moins que des arrangements soient pris pour que les dossiers en cours soient liquidés avant l’ouverture du procès des récentes proies de l’épervier.
Rodrigue N. TONGUE
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