C'est la salle de conférence de la fondation MUNA qui a servi de cadre à la présentation du film « les palmiers de la colÚre » du jeune cinéaste camerounais Franck BIELEU, présenté devant un parterre d'invités.
Coproduit par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) et le Réseau de Lutte contre la Faim (RELUFA), le documentaire d’enquête de 52 minutes retrace les déboires des populations confrontées à la spoliation de leur terre par la société américaine SG SOC (Sithe Global Sustainable Oils Cameroon) qui envisage d’acquérir près de 75 000 hectares de terre au Cameroun au profit des agro-industries dont on sait que la production est destinée à l’exportation.
Le film dépeint ainsi les difficultés des communautés riveraines du projet SG SOC/HERAKLES dont l’impact socio-environnemental constitue un grand sujet d’inquiétude. En effet, ce projet va entrainer la destruction des écosystèmes et des forêts à haute valeur pour la conservation, la richesse faunique et floristique.
Parce que la souveraineté alimentaire est depuis peu un véritable défi pour les populations de la région du Nord-Ouest, le projet SG SOC/HERAKLES constitue en effet une grande menace non seulement pour les populations obligés de subir sans pouvoir rien faire, mais aussi pour le Cameroun dont l’administration semble sourde aux appels. Pour mieux appréhender ce pourquoi le projet n’est pas le bienvenue dans cette région du Nord-Ouest, 13 bonnes raisons sont évoquées à travers le film et présentées dans un rapport publié le 05 septembre dernier par l’ONG Green Peace en Californie. Parmi ces raisons, on retient que : les revenus que l’Etat tirera de ce projet sont insignifiants : il sera versé au gouvernement un loyer de la terre compris entre 0,5 et 1 dollar (soit 250 et 500 FCFA) par hectare et par an pour une durée de 99 ans ; une somme assez minable qui ne représente rien dans les revenus annuels d’un agriculteur dans cette région du pays. Même si les travaux ont déjà été amorcés, il faut noter que la compagnie ne dispose pas de concession foncière ; même si sa convention d’établissement est un document cadre, elle n’octroie pourtant pas de droits sur la terre en aucun endroit précis. Leur présence sur le site en chantier est donc illégale. Ce qui explique pourquoi une écrasante majorité des communautés riveraines sont opposées à ce projet et l’ont d’ailleurs fait savoir par divers médias interposés.
Ce film de Franck BIELEU survient donc dans un contexte marqué par une demande sans cesse croissante de concessions foncières à grande échelle surtout pour les grandes compagnies étrangères. Parce qu’il semble nécessaire de le dire, l’objectif de ce chef d’œuvre, comme le précise le cinéaste, est de : « susciter une réflexion sur la gestion des plantations agro-industrielles au Cameroun, surtout en ce moment où la réforme foncière est en marche ».
SOURCE: cameroun-online| M.R.T.