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Actualité

Santé : Le leurre des produits «miracles»

Grâce à un marketing de réseau, des firmes américaines, chinoises, etc., spécialisées dans les produits naturels, déversent leurs produits sur le marché.

Cameroon-tribune / Vendredi 3 Juillet 2009

Un frère, un ami, un collègue ou un voisin vous a déjà certainement parlé de produits révolutionnaires pour votre santé, à base d’aloe vera, de ginseng ou d’autres plantes et substances naturelles aux vertus thérapeutiques. Certains proposent même des produits cosmétiques et d’entretien. Un peu partout en ville, des boutiques sont ouvertes pour rapprocher la marchandise de la clientèle.

Si des séminaires sont organisés régulièrement pour former les potentiels distributeurs aux techniques de vente, tous les autres moyens sont bons pour atteindre le consommateur. Au détour d’une causerie entre amis, au cours d’une visite chez un cousin, le sujet se glisse subtilement dans la conversation. « Ça s’appelle des home parties », explique Corentin Dongmo, un distributeur.

Toutefois, américains ou chinois, ces produits sont davantage des compléments alimentaires que des médicaments, selon les distributeurs. « Ceux qui soutiennent que ces produits soignent, n’ont rien compris au processus », souligne l’un d’eux. « Il s’agit de produits qui soutiennent l’organisme face à certaines maladies, mais il faut suivre un traitement médical en plus », ajoute Paul Narcisse N., un autre distributeur. Corentin Dongmo parle même de nutrithérapie, parce que ces produits ont des vertus contre certaines maladies, d’où la confusion. Surtout qu’on les retrouve en comprimés, gélules, pommades, gel, etc. « Tout le monde est appelé à bien manger. Mais quand quelqu’un vient étant malade, on l’oriente vers un hôpital », précise Corentin Dongmo. Du côté des consommateurs, les avis sont partagés. « Il faut être persévérant quand on prend ces produits, parce que les premiers effets ne sont pas visibles avant au moins trois mois. Mais ça marche », affirme Adèle Noubissie, consommatrice depuis trois ans. Pour Hubert Mpwel, opérateur économique, c’est une sorte de drogue qui ne dit pas son nom, parce qu’une fois qu’on a commencé avec ces compléments alimentaires, on ne peut plus s’arrêter. « J’ai vu des gens s’y accrocher durant des années, mais sans s’en détourner, malgré les sommes faramineuses que cela demande, et sans résultats », souligne ce père de famille. « C’est un commerce comme un autre et tant que ces gens se feront de l’argent, ils trouveront des arguments pour convaincre les crédules », poursuit-il.

Cependant, ces entreprises, dont les distributeurs se recrutent également chez certains professionnels de la santé, avouent faire face à la réticence de bon nombre de médecins et pharmaciens, qui voient d’un mauvais œil ce genre de propagande. Quant à la légalité de leur activité, les promoteurs affirment avoir les agréments du ministère du Commerce et du ministère de la Santé publique.

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

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