Actualité
Homosexualité : le débat est ouvert
Une conférence tourne à l'affrontement verbal dans un café littéraire de Yaoundé
Alain TCHAKOUNTE
[08/02/2006] Cameroon Tribune
La conférence organisée avant-hier au Kaba-Ngondo a tourné, malgré quelques voix divergentes, en une dénonciation de cette pratique.
Il n’y a réellement pas eu débat lundi dernier au pavillon culturel Kaba Ngondo. A cause de la condamnation quasi unanime de l’homosexualité. Certes, l’affiche était alléchante. Près d’une dizaine de personnes invitées comme panélistes pour apporter leur contribution au thème : " Homosexualité : débat public ou procès de la presse ? ".
Après l’émotion qu’a suscité la publication récente par certains journaux de listes d’homosexuels présumés. Suzanne Kala-Lobé, journaliste à " La Nouvelle Expression ", Biloa Ayissi et François Bikoro — deux des responsables des journaux ayant publié ladite liste —, Célestin Lingo, président de l’UJC, Patrice Etoundi Mballa, journaliste, Charles Ateba Eyene, coordonnateur national du Club Ethique et Me Achet Martin Luther, avocat, se sont étripés verbalement, autour du modérateur Laurent Charles Boyomo Assala, directeur de l’Esstic, sous les hourra et acclamations d’un public surexcité. " On n’avait jamais vu cela au Kaba-Ngondo depuis qu’on organise des rencontres intellectuelles ", s’étonnera une des hôtesses.
Le débat prévu, lui, s’est transformé en guerre des tranchées entre ceux qui récusent fermement l’homosexualité et ceux — minoritaires — qui plaident pour le droit à la différence.
Suzanne Kala-Lobé, prise à partie par les trois-quarts de la salle chauffée à blanc, compte parmi ceux qui tolèrent au nom des libertés. Elle récuse le travail de stigmatisation des personnes par ces journaux. Car soutient-elle, il faut faire la différence entre l’homosexualité ordinaire, comme penchant naturel et l’instrumentalisation de la pratique pour atteindre le pouvoir. Ce qui, à terme, peut porter atteinte à la cohésion de la société.
Levée de boucliers. Notamment du Pr. Titi Nwel. Le sociologue dénonce ces pratiques où certains individus veulent dominer les autres, en voulant faire accepter ces agissements à la société. Pour lui, l’homosexualité relève de la post-modernité, où des individus ont dépassé la loi, alors que la société camerounaise elle, est encore dans la modernité, où la loi doit être respectée.
Celle-ci en rappel, réprime sévèrement l’homosexualité (art. 347, bis du code pénal : 6 mois à cinq ans de prison). Les responsables des journaux, profitant de l’espace offert, ont déclaré quant à eux avoir des preuves de leurs allégations, et attendre les procès.
Ou encore chez Charles Ateba Eyene, préoccupé par les problèmes de la jeunesse : " La pratique de l’homosexualité, qui est une forme de corruption n’a pas de place dans un pays sous-développé. Dans une société comme la nôtre dans un contexte de mondialisation, ce sont des valeurs de compétence et d’excellence qui sont requises pour toute promotion ".
Pour le reste, dans une cacophonie indicible, certaines personnes ont tenté de démontrer que l’Afrique a connu des termes pour nommer l’homosexualité. Tandis que pour Célestin Lingo, les homos sont " en deçà des chiens " et leur pratique relève du " magico-politique " Les discussions ont à des moments eu des relents politico-idéologiques.
Répondant à l’intervention d’un ressortissant canadien au sujet de personnalités occidentales gay qui occupent des postes de responsabilité importants dans leur pays, Hameni Bieleu, leader de parti politique, déclare qu’on ne doit pas importer des modèles étrangers au Cameroun, alors que pour un autre, l’Occident n’est pas une référence en matière de mœurs.
Des querelles d’Upécistes ont même rejailli à un moment, portant sur l’amalgame entre le combat pour la liberté et la tolérance vis-à-vis des homosexuels. Un médecin, neurochirurgien, est venu parler, grâce à un témoignage, des dégâts corporels, de l’incontinence rectale qu’entraîne la sodomie. Au finish, il y a eu comme un goût d’inachevé dans cette espèce d’orchestration bruyante initiée au départ avec des intentions louables par Ferdinand Nana Payong.
De digressions en périphrases, le thème du départ a été délaissé par la quasi-totalité des intervenants, tandis que les passions commençaient à s’exacerber.
Quelques injures ont même fusé. Tous pourtant sont repartis avec, chacun, une opinion sur la question, sûrs que les débats au Cameroun sur l’homosexualité, et sur sa réelle ou supposée utilisation comme moyen d’ascension sociale, ne font que commencer…
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....absolument attérant! On a l'impression que l'afrique est un continent encore à l'ère médiévale...d'ailleurs, n'est-ce qu'une impression?
je penses que la reaction des intervenants est normale eten particulier celle de C.ateba eyene car l'homosexualite doit etre banie du pays et se sont là les preocupations du club ethique.je souhaites bonne chance à C.ateba etj'espere qu'il reuissira ses objectifs.