Vendredi 08 Août 2008

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Homosexualité: Le débat impossible?

Le café littéraire du Kaba Ngondo sur le sujet achevé en queue de poisson.
Jean Baptiste Ketchateng

Jamais peut-être, Ferdinand Nana Payong, le promoteur du café littéraire de l'espace culturel du Kaba Ngondo, n'aurait rêvé d'une telle affluence. Des gens, agrippés jusqu'aux grilles de cette salle située en plein coeur de Yaoundé, des étudiants, des médecins, des avocats, des enseignants, des voyous mêmes, étaient réunis là pour savoir si l'homosexualité pouvait être le thème d'un débat public au Cameroun, ou être confinée à l'échelle du procès d'une partie de ce qu'est la presse camerounaise aujourd'hui. Le débat s'est ouvert hier et s'est achevé sur un constat des organisateurs face au chahut généralisé : "il n'est plus possible de discuter". Et pour cause.

Dès l'ouverture de la discussion, le directeur de l'Esstic, Laurent Charles Boyomo Assala, le modérateur de l'échange, n'avait-il pas proposé que l'article 347 bis du Code pénal, que tout le monde avait sur les lèvres, soit ponctuellement mis de côté, pour ne pas poser d'entraves inutiles. Tollé général dans l'assemblée. "L'homosexualité, d'un point de vue anthropologique, est dans toutes les sociétés", poursuit l'orateur qui fait fi des injures qui font de lui un membre de la communauté que le public est manifestement venu brûler sur un bûcher purificateur. Niet. Il n'y aura pas d'autodafé, s'insurge Boyomo Assala, qui appelle sans succès au calme et au respect de ceux qui parlent.

L'écrasante majorité de la salle n'est d'accord avec cette règle ordinaire du débat au Kaba Ngondo que lorsque Biloa Ayissi, le directeur de publication de Nouvelle Afrique, et François Bikoro, représentant Jean-Pierre Amougou Belinga du journal L'Anecdote, prennent la parole. Le premier s'explique : "on murmurait cette réalité.

Nous nous sommes dits que ça ne pouvait plus durer". Le patron du troisième journal qui a publié la liste des homosexuels présumés du Cameroun comme François Bikoro, sont lancés dans une croisade qui vise à assainir moralement la société camerounaise, comme "notre patron à tous [Paul Biya, Ndlr] a voulu le faire à son arrivée".

Tous les deux assurent avoir des preuves (témoignages) de leurs allégations et avoir approché les mis en cause.

Dégoût

Parmi les débatteurs officiellement invités, seule la journaliste Suzanne Kala Lobè s'exprime clairement en faveur de la liberté des hommes et des femmes de disposer de leur corps. Les hurlements de dégoût sont tout aussi clairs.

Certains dans la salle nient par contre l'antériorité de cette pratique à l'arrivée des colons. Hameni Bieleu, président de l'Ufdc compte parmi ceux-là. D'ailleurs, ajoute-t-il "que les accusés portent plainte et nous saurons comment soutenir les journalistes". L'approbation est quasi-unanime et même les arguments qui suivent ne sont interprétés que suivant la position finale de leurs auteurs.

Sindjoun Pokam, enseignant de philosophie, lit-il l'extrait d'un ouvrage sur la philosophie en Afrique, dans lequel un ancien égyptien, un Noir précise-t-il, se défend d'avoir été pédéraste ? L'on applaudit à tout rompre. Cela ne veut-il pas dire aussi que l'homosexualité a existé avant l'arrivée du colonisateur au Cameroun ?

Rien de tout cela ne semble préoccuper la majeure partie de l'assemblée, toute occupée à dresser son bûcher.

Au point où les interventions de deux figures respectées de la presse, venus d'horizons différents et souvent opposés, au sujet de la conformité du travail des journaux aux règles du métier, ont très peu retenu l'attention.

Célestin Lingo, qui tient " les homos pour une race d'humanoïdes à classer en dessous des bêtes ", n'a pas trouvé d'informations dans les articles incriminés pour lui permettre au moins de les recouper. Mais, pense-t-il encore, "je sais combien il est difficile d'obtenir des informations au Cameroun depuis 45 ans que j'exerce. Peut-être est-il utile que ces gens qui bloquent toute information, et qui crachent ainsi en l'air le reçoivent à la figure".

Idem pour Patrice Etoundi Mballa. "L'homosexualité est une turpitude qu'il faut dénoncer. Biloa Ayissi et François Bikoro ont dit qu'ils ont vu et qu'ils peuvent le prouver, ça me rassure", a-t-il dit.

Une manière de rassurer ceux qui appellent de tous leurs voeux des procès. Pour ne plus penser qu'il s'agit d'une grande manipulation destinée à détourner l'attention des Camerounais de la mauvaise gouvernance généralisée en offrant à la vindicte populaire des boucs émissaires.

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Réaction de dyvane
Le 2007-12-10 20:50:22

je suis camerounais je je suis homosexuelle . alors que vouliez vous que je face si je suis nee comme ca dyvane22@hotmail.com


Réaction de Eric Gérard
Le 2007-06-08 11:44:44

Ceux qui traitent les "homos de race d'humanoides à classer en dessous des bêtes" donnent d'excellents arguments aux racistes qui considérent les noirs africains comme des sous hommes à classer avec les singes...


Réaction de EBANA Achille Armand
Le 2007-06-03 10:59:55

nous pensons que le débat sur la question de l'homosexualité est difficilement accepté au Cameroun car c'est pratique qui n'entre pas dans les moeurs des différentes composantes socio ethniques de notre pays. Mais la question qu'il faut se poser est savoir s'il ne faut pas commencer à en parler? car comment se voiler la face alors que le fléau est déja dans la maison? Le Cameroun ne vit pas en vase clos, nous ne saurions donc au préalable nier que notre progénture est au courant de ces pratiques,lorqu'on sait qu'elle est continuellement exposé aux médias d'outre mer, pourquoi un auditoire au lieu de regarder la verité en face,prefère jetter l'anathème sur un personnage tel que le pr BOYOMO,alors que il est établi que les uns et les autres ont fait ces dénonciations dans un but mercantil!


Réaction de EBANA Achille Armand
Le 2007-06-03 10:59:17

nous pensons que le débat sur la question de l'homosexualité est difficilement accepté au Cameroun car c'est pratique qui n'entre pas dans les moeurs des différentes composantes socio ethniques de notre pays. Mais la question qu'il faut se poser est savoir s'il ne faut pas commencer à en parler? car comment se voiler la face alors que le fléau est déja dans la maison? Le Cameroun ne vit pas en vase clos, nous ne saurions donc au préalable nier que notre progénture est au courant de ces pratiques,lorqu'on sait qu'elle est continuellement exposé aux médias d'outre mer, pourquoi un auditoire au lieu de regarder la verité en face,prefère jetter l'anathème sur un personnage tel que le pr BOYOMO,alors que il est établi que les uns et les autres ont fait ces dénonciations dans un but mercantil!




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