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Actualité

Liste des milliardaires et d’homosexuels du Cameroun : ce qu’il faut savoir

Curiosité de République bananière: les milliardaires sont des fonctionnaires!

Ces deux dernières semaines, l’actualité qui a divisé, passionné l’opinion, c’est bien sûr les lendemains de la publication des listes de présumés homosexuels de la République. Les mis en cause se sont formalisés, ont émis des démentis formels sur leur prétendue pédérastie, avec des fortunes et des effets divers. On en sort à peine, et voici à présent qu'on parle de fonctionnaires... miliardaires
Cameroun-online/samedi 11 février 2006

Pour le Camerounais moyen, abruti par la dureté de la vie quotidienne, jeter ainsi en pâture « les grands » du Cameroun, lui donne l’occasion inespérée de « se défouler ». « Le riche désarmé est la récompense du pauvre », disait Machiavel.

Les Camerounais dans leur immense majorité, ont pris pour véridiques les publications des journaux afin de d’autant plus vouer aux gémonies les personnalités impliquées, inaccessibles d’habitude, et qui se retrouvent être ainsi du jour au lendemain, traînées dans la rue de la honte et du déshonneur publics.

Comme le dit un proverbe arabe, « chercher à se justifier quand on n’est pas coupable, c’est s’accuser ».

La mode des listes, catapultant des ventes des journaux qui s’y sont lancés les premiers, a fait des émules: d’autres publications ont continué à surfer sur le scandale, légitime ou non, de ces listes. On a vu ainsi paraître ce que ces journaux, dont le journal l’Anecdote, ont appelé « la pépinière », c’est-à-dire les jeunes « pédés », héritiers putatifs de la génération vieillissante homo. Il y a eu aussi la liste des journalistes homosexuels.

Après le sexe de ces personnalités qui font nourrir des rancoeurs pour leur fortune sans cause, les feuilles de choux se sont lancées dans le hit parade des milliardaires du pays (Le journal Le Front du 09 fév.). Il s'agit pour la majorité de fonctionnaires, ministres et directeurs généraux d'entreprises publiques. Ailleurs, les milliardaires sont des hommes d'affaires, des industriels; au Cameroun, ce sont les caisses de l'Etat qui fabriquent des Rockfeller. Même s'il faut souligner que ce classement a été fait en l'occurence au pifomètre, sur la base de présomptions personnelles ou populaires, et qu'il n’a, en tout cas, pas pour bases, des preuves massue.

L'affaire des "listes" est assez grave, au fond. Le président Paul Biya, en s’adressant à la jeunesse vendredi (10 févier) au soir, n’a pas manqué d’évoquer, à coup d’euphémismes, ces listes qui touchent à la vie privée des individus, avant d'appeler les journalistes à plus de responsabilité.

Homo et pas gay : la richesse et l’opulence coûtent la peau des fesses au Cameroun

Mais au Cameroun, il reste une vérité tenace : l’homosexualité n’est pas seulement une orientation libre de la vie sexuelle des individus, il est aussi et surtout, une échelle d’ascension sociale, un instrument de pouvoir et de domination… Et c’est à juste titre que depuis l’éclatement du scandale, on a peu ou pas parlé de « gay », terme qui renvoie aux homosexuels masculins.

C’est que ici au Cameroun, il y a peu d’homosexuels volontaires comme en Europe. La majorité la subissent passivement, pour avoir, garder tel avantage ou tel poste dans l’administration, dans une entreprise, ou dans la société. Les homos Camerounais ne seraient donc pas gays, encore moins gais, mais des « enculés » de la course à la richesse nauséeuse. Encore que pour beaucoup, tous les chemins mènent à Rome, et l’argent n’a pas d’odeur, gagné à la sueur de son front ou à la sueur de ses fesses.

Sexe : l’arme machiavélique du pouvoir

Il n’est pas besoin d’aller trainailler dans les allées du pouvoir ou d’écouter à ses portes pour percevoir la collision entre sexe et pouvoir.

En 1998, Bill Clinton, l’ex-président américain est à un doigt de la destitution après le scandale de sa liaison extraconjugale avec une ancienne stagiaire de la Maison Blanche Monica Lewinsky ; le feu président Mobutu Sesse Seko du Zaïre avait coutume de "coucher" avec les épouses de ses ministres les plus en vue, pour les "démolir" mentalement, en s’arrangeant à ce que ceux-ci en soient au courant.

L’homosexualité au Cameroun, pour beaucoup, contrairement à ce que peuvent penser les Camerounais ordinaires, n’est donc pas une orientation volontaire de la sexualité d’un individu : c’est un instrument de domination…absolue dans les rapports entre les individus partout où il y a le pouvoir ou une parcelle du pouvoir (économique, politique, social).

Le tort de la presse est sans doute d’avoir jeté une lumière violemment crue sur cette pratique, en citant des noms connus, et en touchant au plus intime de la vie privée de l’individu : la liberté de disposer de son corps, et donc de sa sexualité.

Peut-être est-ce parce que la pratique crée une inégalité, une injustice sociale dans l’accès à des postes, à des emplois dans l’administration et le monde du travail.

Qu’on parle de liberté de la presse ou de droit à la vie privée, il reste que le débat sur l’homosexualité qui s’est ouvert par ces publications n’est que le symptôme d’une société qui est « fatiguée » d’espoirs déçus, de promesses non tenues, et de la prise en otage du bonheur collectif par une minorité.

Dans un tel contexte, tout fait, même un non évènement, est un prétexte à l’acharnement, à l’explosion d’une colère qui en réalité s’enracine et se nourri à la source d’un quotidien fait de chômage, d’inégal accès au service public, de misère, d’inutilité des études, de la hausse du train de vie de certains hauts fonctionnaires et quelques uns, au moment où les biens de première nécessité coûtent plus chers, sans pour autant qu’on n’ai jamais haussé les salaires des fonctionnaires depuis plus de 10 ans.

En somme, ce que vit le Cameroun en ce moment ressemble étrangement à une bouteille qui devenue pleine, ne peut que ou exploser, ou se répandre.

Il faut espérer à présent que nos gouvernants perçoivent ces signaux qui témoignent du degré de la fracture sociale qui existe au Cameroun, au-delà des ethnies et des groupes politiques.

François BIMOGO

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