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Procès de l’homosexualité au Cameroun
Première audience : Grégoire Owona contre Amougou Belinga et Cie. La foule voulait brûler du pédé au palais de justice de Yaoundé.
Cameroun-online/mardi 14 février 2006
Les directeurs de publication des listes des homosexuels et lesbiennes à la barre. Grégoire Owona (ministre, SGA du RDPC, parti au pouvoir) et Jean Pierre Mayo (Directeur hôpital CNPS-Essos) attaquent Biloa Ayissi et Amougou Belinga
On croyait l’affaire engagée, et qu’il fallait en accepter maintenant les suites, même les plus fâcheuses. Que non ! Du moins, c’est l’impression qu’a eue la foule de curieux qui a envahit la cours et les allées du parquet du Tribunal de Première Instance de Yaoundé ce jour (14fevrier).
Il est 10h 45, lorsque la cour est annoncée dans une salle d’audience bondée et surchauffée, prise d’assaut par de nombreux journalistes. Jusqu’alors, les commentaires de l’affaire n’avaient cessé de meubler les conversations et les échanges. Certaines radios y ont d’ailleurs leurs reporters pour des « directs » depuis l’intérieur de la salle des audiences.
Normal, le sujet n’a cessé de déchaîner des passions depuis la publication des « listes ». Des juristes de circonstances répondent aux questions des journalistes pour expliquer les détails techniques et les enjeux de l’audience qui va s’ouvrir.
Dehors, la foule est en ébullition, et se surchauffe en scandant : « à bas les pédés ! Tous à mort ! ». Ils soutiennent ainsi les mis en cause Biloa Ayissi et son acolyte Amougou Belinga, les déjà célèbres directeurs de publication de Nouvelle Afrique et L’Anecdote, des journaux qui ont « osé » publier le hit parade camerounais des homosexuels de la république.
La foule homophobe : « à bas les pédé ! Au feu ! A mort tous ! »
Dans cette mêlée, il est difficile de se frayer un chemin. Néanmoins, on peut suivre les propos du président du tribunal. «Si les accusés ne sont pas là, je classe l’affaire comme non recevable » lance t-il.
Des accusés qui se font représenter ici par un conseil de quatre avocats conduit par maître Joseph Bayiha. « Votre honneur, c’est une audience de mise en état du dossier » clame la défense.
Biloa Ayissi n’est signalé nulle part tandis que Amougou Belinga lui, affiche clairement des airs de suffisances au perron du palais de justice. Préoccupé plutôt à donner des ordres sur son téléphone portable.
En l'absence des accusés, et pour défaut d’identification, l’affaire est renvoyée au 21 février puis l’audience est levée. Dehors, la foule gronde, hystérique « trop c’est trop ! A mort, c’est ainsi que cela se passait au temps de Moïse ». Ici et là on brandit les versets bibliques condamnant la pratique obscène de l’homosexualité, on évoque aussi le code pénal Camerounais qui condamne la pratique.
Une pétition de plus de 600 signatures va même circuler prétextant s’adresser au Président Paul Biya pour sa prise de position face à ce débat. (Paul Biya avait demandé le respect de la vie privée lors du discours du 10 février à la Jeunesse).
C’est dans ce charivari que maître Bayiha et son client vont devoir quitter les locaux du tribunal du Mfoundi non sans avoir balancé à la presse : « la loi est claire ! Mes clients ont produits des preuves avant les débats. Maintenant, on me demande qu’ils soient là. Alors, le 21 ils y seront. ».
Déçue de n’avoir pas suivi de vérités sur cette affaire, la foule s’est donc dispersée en petits groupes. Le rendez-vous étant pris pour moins de deux semaines.
De toute évidence, le vin est tiré, il faut le boire. Même si, avoir les preuves comme seul argument dans cette affaire, ne semblera pas être suffisant.
Simon Herve NKO’O
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il y'a plus grave que ça,laisser à chacun la liberté d'exprimer son corps comme il enttends.
tout ça à cause de l'occident...
Que celui qui n'a jamais pèché leurs lance la première pierre.