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Grégoire Owona demande réparation / Procès d'homosexuels présumés
Hier, les plaidoiries ont achoppé sur la différence entre diffamation et injure.
[02/03/2006] Cameroon Tribune
Alain TCHAKOUNTE
La partie civile demandant un franc symbolique pour le préjudice causé.
L’atmosphère ce mercredi à la sortie des assises était plus calme et sereine, contrairement à la fin houleuse et confuse de l’audience de mardi dernier. Le ministre Grégoire Owona accompagné de son épouse essuyait des paroles hostiles de certains jeunes excités.
Hier donc, Grégoire Owona était encore là. Et ce malgré l’absence du prévenu Amougou Belinga Jean-pierre, directeur de publication du journal " L’Anecdote " — " en train de passer des examens à l’université ", selon un de ses collaborateurs. On a eu droit à des plaidoiries fleuves et passionnées de deux parties décidées à en découdre au plus vite.
La logistique et la sécurité assurées, la foule maîtrisée, on est passé aux choses sérieuses dès 12h avec la plaidoirie de la partie civile.
Les avocats de Grégoire Owona commenceront par démonter la cassette audio présentée la veille par la défense, comme élément de preuve. Pour eux, ce qui avait été au préalableapporté comme preuve n’en est pas une car, " le document sonore qui renvoie les preuves pour plus tard ne peut nullement renseigner sur une preuve crédible ". Pour Me Mbiam Emmanuel, dans le code de déontologie, on demande au journaliste de ne pas publier des informations sans les avoir vérifiées.
En conclusion, pour l’avocat, il s’agit d’un acte délibéré de " méchanceté " et de " jalousie ". La partie civile ira même jusqu’à déclarer que l’" expert" [Gilbert Tsala Ekani, journaliste, NDLR], venu témoigner est un des employés de Jean Pierre Amougou Belinga. Me Mbiam achèvera sa plaidoirie d’une part par la lecture des extraits des communiqués du Conseil national de la Communication et de l’organisme international de défense des droits des journalistes Reporters sans frontières, où la forme de journalisme de " L’Anecdote " est condamnée. D’autre part par la demande d’un franc symbolique pour la réparation du préjudice moral subi.
Réparation qui devra s’accompagner d’actes comme la publication dans les médias nationaux et internationaux du jugement qui sera rendu, sinon une astreinte d’un million de Fcfa lui sera infligée par jour, à compter de la publication du jugement.
Evidemment, une telle plaidoirie ne pouvait laisser indifférents les avocats de la défense. Ceux-ci se relaieront devant le prétoire et un Grégoire Owona gagné par l’émotion, réconforté par ses avocats. Pour Me Ndoumou Paul, le premier, il n’y a pas de faits. Les écrits et les témoignages doivent porter sur des faits, car "le rôle du juge est de contrôler la concordance des faits aux textes de loi ". Me Bayiha Joseph soutiendra quant à lui que son client Jean Pierre Amougou Belinga a fait montre de professionnalisme, en donnant la preuve de la présomption par un enregistrement sonore d’un témoignage.
Quant à Me Biock Ismaël, très attendu par le public, il a tout d’abord relevé que le procureur Awono en charge de l’affaire à ses débuts a été écarté. Ensuite il a interpellé le président du tribunal, le juge Anaba Mboo Alexandre, en qui il déclare avoir totalement confiance. Pour Me Biock Ismaël il s’agit en effet d’un procès en diffamation.
Mais pour lui, la citation comporte un vice de qualification du fait incriminé. Par conséquent, il ne peut s’agir que d’injure. " Nous ne disons pas qu’il [Grégoire Owona] n’a pas été outragé, mais la procédure est régie par une loi spéciale, et à l’occasion du montage de cette procédure, les techniciens d’en face ont raté les canons en la matière ". Au terme de cinq heures de plaidoiries non stop, le président du tribunal a mis l’affaire en délibéré demain à 12h.
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