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Un commissaire de police arrêté à Ebolowa
Quotidien Mutations/vendredi 3 mars 2006
Le chef de la Division provinciale de la Pj du Sud est soupçonné de s’être servi sur le pactole de Jean Marie Akono Ze
Jean Jules Mbita (Correspondance particulière)
L’arrestation spectaculaire et rocambolesque de Jean Marie Akono Ze à Kye Ossi, samedi dernier, aura finalement fait long feu. Parce que, à peine arrivé à Yaoundé dimanche, il a été libéré de la police judiciaire lundi en mi journée, au motif qu’aucune enquête n’était pour l’instant diligentée ni dans la gestion de la Fecaboxe dont il est le président, ni dans celle de la Crtv dont il géra autrefois la redevance audiovisuelle.
Mais son passage dans les différents bureaux et couloirs de la police judiciaire semble avoir laissé des traces. Selon nos informations en effet, la première victime collatérale de ce mig-mag est le chef de la division provinciale de la Pj du sud à Ebolowa, le commissaire de police principal (Cpp) Magloire Enguene, qui a été mis aux arrêts hier en fin de matinée dans les locaux de la Pj de la capitale provinciale du sud, sur décision de l’inspecteur général N° 3 à la direction générale de la sureté nationale, parti en mission d’enquête à Ebolowa depuis mercredi dernier.
Le commissaire Magloire Enguene a d’ailleurs été transféré hier dans la nuit à Yaoundé sous forte escorte. Le cortège, composé de trois véhicules, a quitté Ebolowa hier soir à 21h30.
Comme on s’en souvient, nous faisions état, dans le récit de l’arrestation de Jean Marie Akono Ze et de l’officier de police qui l’accompagnait, de la présence de deux mallettes d’argent qui, selon nos informations, n’avaient pas été ouvertes à Kye Ossi et convoyée à Eobolowa en même temps que ceux qu’on présentait alors comme des fugitifs.
Quel a été le sort réservé à cet argent entre Ebolowa et Yaoundé ? C’est manifestement là la clé du mystère, qui a justifié l’envoi par le Dgsn, qui lui-même suivait personnellement cette affaire en dépit de nombreuses pressions, d’une mission d’enquête sur le terrain. De forts soupçons pesant sur le Cpp Enguene qui a mené l’enquête à Ebolowa sans rendre compte, dans toute la transparence, de la manière dont cet argent avait été sécurisé.
En tout cas, Ebolowa avait hier, par endroits, des allures d’un état de siège. Notamment aux environs de l’hôtel de police et tout autour du domicile de l’intéressé. Il ne s’agirait cependant que d’une mesure conservatoire au vu des premiers éléments, l’enquête de l’Ig N° 3 étant encore en cours.
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