Mardi 13 Mai 2008

actualité








Actualité

Maroua : Etat de siège du H5N1

Les autorités de la ville essaient de rassurer les populations
Lazare Etoga (Correspondance particulière)
Quotidien Mutations/lundi 13 mars 2006

Alors que, sur les ondes de la Crtv-Radio, le ministre de l'Elevage, des Pêches et des industries animales, Aboubakary Sarki, resituait le contexte de la découverte du virus H5N1 de la grippe aviaire au Cameroun, le sujet était de toutes les conversations dans cette ville.

Ville où, selon le ministre de l'Elevage, c’est au cours de la période du 14 au 21 février dernier où on a relevé des morts suspectes de volailles dans trois élevages de canard à Maroua.

Les prélèvements faits sur ces animaux ont ensuite été envoyés au laboratoire national vétérinaire de Garoua qui, à son tour, les a transmis au Centre pasteur de Yaoundé. celui-ci identifie la forme H5 du virus mais attend la confirmation du centre Pasteur de Paris. Ce qui sera fait et officialisé samedi 11 mars 2006.

Dans la ville, on s'interroge. Hier dimanche, jour du Seigneur, la grippe aviaire a ravi la vedette aux textes bibliques dans les chapelles, cathédrales et temples de la ville de Maroua. A la paroisse de Founangué, l’officiant du jour a axé son homélie sur les attitudes à adopter face à cette épizootie.

Il a notamment recommandé aux fidèles de ne plus consommer ni poulets, ni oeufs, ni porcs. Tout comme il leur a formellement interdit d’apporter ces produits comme offrande à l’autel. Par ailleurs, il a été signalé que certains éleveurs, à l’annonce de la nouvelle, ont procédé à des abattages spontanés de volaille dans certains quartiers de la ville comme Kakataré et à Doualaré. C’est la panique et l’inquiétude non seulement au sein de la population, mais aussi et surtout chez les acteurs de la filière avicole qui ne savent pas de quoi demain sera fait.

Vendredi dernier, le préfet du département du Diamaré, sur la base de "fortes suspicions de la présence du virus H5N1 à Maroua" a pris un arrêté préfectoral fermant les marchés de volaille et de porcs et interdisant l’entrée et la sortie de ces bêtes et de leurs sous-produits dans la ville de Maroua. Un arrêté resté sans effet.

Au marché de poulets de Maroua, où a été découvert le canard contaminé en effet, quelques commerçants continuaient sereinement à vendre la volaille jusqu’à hier après-midi. Ils sont là, disent-ils pour écouler les stocks de poulets acquis avant l’arrêté préfectoral. Par ailleurs, ils s’interrogent sur la mise en oeuvre des mesures d’accompagnement annoncées par le gouvernement, en cas de présence du virus H5N1 sur le territoire national.

Il y a une semaine, des individus non identifiés avaient déversé nuitamment une cargaison d’environ un millier de poussins d’un jour morts, non loin de la préfecture de Maroua. Une cargaison incinérée après que des prélèvements aient été effectués et acheminés au laboratoire national vétérinaire de Boklé à Garoua.

Principal point de convergence des 2 millions de poulets élevés par an dans la province et située à seulement 90km de la frontière avec le Nigeria, la ville de Maroua était particulièrement exposée à la menace de la grippe aviaire, d’où la succession des missions interministérielles pour préparer la riposte.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le prix de la viande de boeuf a connu un bond immédiat, passant de 1100 Fcfa le kg avec os à 1400 Fcfa.

Bien qu’officiellement déclaré en 2003 à Hong Kong, c’est en 1997 que le retour de la grippe aviaire a eu lieu dans la même région. Une souche H5N1 provoque une affection respiratoire sévère chez 18 personnes et la mort de six d'entre elles. Provoquée par des virus grippaux de type A, et en particulier les sous-types H5, H7 et H9, cette grippe peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques.

Elle est généralement asymptomatique chez les oiseaux sauvages, mais peut devenir fortement contagieuse et entraîner une mortalité extrêmement élevée dans les élevages industriels de poulets et de dindes, d'où le nom de peste aviaire.

Réagir à cet article | Imprimer | Envoyer cet article à




Nous vous recommandons de réagir dans le strict respect des conditions d’utilisation de ce site. «Ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui ». Les posts diffamatoires, injurieux, etc. seront automatiquement supprimés.


Vous pouvez réagir à cet article en laissant un bref
message qui sera ensuite affiché sous l'article :



Votre nom  

Nombre de caractères restant :

Associer une icône




Groupe Cameroun-Online - Régie publicitaire - Contact - Conditions d'utilisation

© Twmicronics.com 2006 - Tous droits réservés