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Offensive : 2000 jeunes pour Paul Biya
Ils défilent à Yaoundé pour soutenir la campagne anti-corruption et dénoncer l'activisme des "voleurs"
Quotidien Mutations/lundi 20 mars 2006
Claude Tadjon
Le peloton de tête de la marche de soutien au président Paul Biya organisée à Yaoundé samedi dernier sous la coordination du Club éthique du Cameroun a fait, après le dernier virage du parcours qui a eu pour point de départ l'esplanade des services du gouverneur de la province du Centre, une halte devant l'immeuble du Crédit foncier.
Sous les regards apeurés des vigiles en faction devant cet établissement financier, dont l'ancien directeur général a été interpellé et inculpé pour détournement de deniers publics, la longue procession constituée d'une dizaine de carrés a marqué un temps d'arrêt.
De plus belle, les manifestants ont hurlé l'un des slogans qui ont ponctué la marche : "Oui au rapatriement des fonds publics détournés, non à la corruption", ont-ils scandé, brandissant les pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Toute la jeunesse est derrière vous dans le combat contre les voleurs de la République", "Merci Seigneur! la peur a changé de camp", "Le Cameroun est notre trésor ne le tuez pas".
Qualifiée par les organisateurs de "vraie marche de soutien au président Paul Biya", en opposition à ce que Charles Atéba Yéné a appelé "les soutiens peu sincères et folkloriques d'une élite politico-administrative maffieuse", la manifestation de samedi dernier, sous un soleil de plomb, a mobilisé un peu plus de 2000 jeunes.
Il n'a pas toujours été aisé de contenir cette foule. Quelques disputes ont d'ailleurs été enregistrées lors de la distribution des rares tee-shirts aux participants au défilé.
Dans les rangs, il y avait un carré pour les handicapés et un autre pour les étudiants de l'Université de Yaoundé I encadrés par un responsable de la division des oeuvres universitaires. Il y avait aussi la jeunesse du Président Biya (Presby), la Jeunesse de Chantal Biya (Jachabi), la jeunesse artistique et culturelle du président Biya (Jacby) et un carré pour des militants de l'Union des populations du Cameroun (Upc), reconnaissables à leur tee-shirts rouges sur lesquels l'effigie du secrétaire général de ce parti, Augustin Frédéric Kodock a remplacé celle de Ruben Um Nyobé. Les jeunes du Rdpc se sont aussi mobilisés.
Aînés intègres
Des associations de la société civile, comme Terre des hommes, ont également participé à la marche. Ama Tutu Muna, secrétaire d'Etat au ministère du Commerce, a pris le train en marche. Une casquette bien enfoncée sur la tête avec un tee-shirt assorti, elle s'est furtivement joint au peloton de tête au niveau de l'immeuble Amacam avant de s'en aller, juste le temps pour quelques photographes et cameramen d'immortaliser sa présence.
A l'arrivée, le comité d'accueil était constitué de trois membres du gouvernement : Augustin Frédéric Kodock, Louis Bapes Bapes, ministre de l’Enseignement secondaire, et Adoum Garoua, ministre de la Jeunesse. Charles Atéba Yéné les a présenté comme "des aînés intègres". L'ambassadeur de Côte d'ivoire, Paul Ayoman Ambohalé a eu droit à une ovation particulière pour sa présence à la tribune présidentielle du Boulevard du 20 mai.
C'est en ce lieu que la marche a pris fin. Mais avant, quelques allocutions ont été prononcées sous l'oreille visiblement attentive des trois membres du gouvernement présents. Au nom d'un collectif des étudiants, Denise Ndé a demandé "la confiscation des mini-cités construites par ces voleurs dans les environs de l'université de Yaoundé II à Soa".
Charles Atéba Yéné a indiqué, sans les désigner, que "ceux des responsables qui ont quelques problèmes de conscience avec la gestion des fonds publics et qui sont venus n'ont pas été invités".
Après un intermède musical ovationné, l'artiste Ottou Marcellin s'est réapproprié la thèse selon laquelle les milliardaires volent pour préparer un coup d'Etat, avant d'ajouter qu'il n'y a pas "de place au Cameroun pour les voleurs".
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