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ActualitéTerres camerounaises :L’appétit des étrangers inquiète l’AcdicL’antenne de l’Association citoyenne pour la défense des intérêts collectifs, pour le Littoral, a donné une conférence de presse mercredi à Douala, pour éveiller les consciences sur le phénomène de la session des terres camerounaises aux étranges et ses conséquences. La Nouvelle Expression / Vendredi 29 janvier 2010 D’après l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic), le phénomène de la cession des terres camerounaises aux entreprises et pays étrangers, prend des proportions inquiétantes. Dans une étude réalisée sur le phénomène par l’Acdic qui a donné une conférence sur la question le 27 janvier 2010 à Douala, sur le thème : « La cession des terres des terres Camerounaises aux entreprises et pays étrangers : quelles conséquences ? », trois cas illustrent la situation. Dix mille hectares de terres ont déjà été attribués à un homme d’affaire chinois Jianjun Wang pour produire du riz. Et en mai 2008, la chaîne de télévision française Tf1 en a consacré un reportage. En avril 2009, le gouvernement camerounais a signé avec l’Inde, un accord de prêt de 18,825 milliards Cfa relatif à la mise en place de 10 000 hectares de terres, pour la culture de riz et de maïs par les Indiens. Actuellement, le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), est avancé dans les démarches pour l’octroi de 6 000 hectares de terres aux Chinois pour la culture du riz dans la Haute Sanaga. Bien sûr, précise Jacob Kotcho, le secrétaire permanent de l’Acdic, « les informations touchant à ces cessions de terres sont extrêmement difficiles d’accès ». Mais, toujours selon les responsables de l’Acdic, « plusieurs de nos terres sont en train d’être occupées par des sociétés étrangères et de grands agriculteurs étrangers ». Main d’oeuvre importée Les Chinois sont ainsi indexés au premier plan. Même si, ils exploitent ces terres, en fonction des objectifs pour lesquels elles leurs sont cédées. A savoir l’agriculture, « pour revendre les produits sur le marché local », tranche Jacob Kotcho. Et l’enquête de l’Acdic démontre qu’ils produisent effectivement ce dont le Cameroun a besoin. « Malheureusement, ils exportent cette production dans leurs pays d’origine. Et c’est à ce niveau que le problème se pose », relève l’étude de l’Acdic. Pour constater que ces terres sont cédées pour des activités porteuses de richesse. A côté de cela aussi, les acquéreurs de ces terres, importent la main d’œuvre, et ne résolvent pas le problème du chômage. Si «le phénomène est nouveau au Cameroun et comme ailleurs dans le monde », comme le précise Jacob Kotcho, il reste motivé entre autres par : le développement de la production des agro carburants comme produits de substitution aux énergies fossiles ; l’augmentation continue des prix des produits alimentaires de base ; l’exploitation des ressources forestières et l’expansion du marché du crédit-carbone ; la recherche des sites touristiques en vue de l’exploitation des services touristiques ; la conquête des ressources minières. Dans le contexte général, c’est un nouveau champ de spéculation et une monnaie de refuge. Des risques Pourtant, selon l’Acdic, il faut y voir des risques. Notamment, la mise en péril de la sécurité et de la souveraineté alimentaire (Production en fonction du marché), les fortes fluctuations des prix ; la consolidation de l’agrobusiness (consolidation de grandes entreprises agricole à salariés), la destruction massive des agricultures familiales avec destruction irréversible des savoirs faire paysans, des modes de vie, la disparition de la diversité culturelle, la réduction de la biodiversité agricole ; les conflits sociaux ; les exclusions et l’accroissement des inégalités ; les conflits de générations. Les motivations, quant à elles, varient selon les acteurs. Pour les acteurs privés tels que les entrepreneurs et les investisseurs, il est question de maximiser le profit, accroître la rémunération de leurs actionnaires, faire les affaires, peut importe ce qu’on produit (agro carburant, aliments, exploitation forestière, mine ou minerais…). « L’essentiel c’est qu’ils gagnent », indique Jacob Kotcho. Pour les Etats Investisseurs, il est question d’accompagner leurs investisseurs à la conquête des terres pour nourrir leurs propres populations ou animaux. Pour les Etats hôtes, il y a un besoin d’investisseurs externes pour se développer. D’après l’Acdic, «le postulat repose sur le principe que les nationaux ne savent pas utiliser les ressources de manière optimale et ni eux, ni les gouvernements ne disposent des moyens techniques ou financiers pour y parvenir ». Intervenant pour donner son point de vue par rapport à cette situation, Guy Parfait Songuè, politologue et enseignant à l’université de Douala, pense que, le phénomène de cession des terres camerounaises aux étrangers, est « la conséquence de l’échec de la politique agricole nationale. Le Cameroun doit, pour se ressaisir, réorienter les moyens dont il dispose au profit des nationaux » conclu-t-il. Louis Blaise Ongolo
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