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ActualitéFinancement de l’économie : Le Minfi confirme la faute des banquesUne étude du ministère des Finances établit les causes du refus des banquiers de financer l’économie. Des mesures sont attendues. La Nouvelle Expression / mardi 02 février 2010 Crédits à l’économie Pourquoi les banquiers ont peur
Une étude du ministère des Finances établit les causes du refus des banquiers de financer l’économie. Des mesures sont attendues. Le débat sur le financement de l’économie connaîtra-t-il une fin prochainement ? On peut l’espérer avec la restitution, la semaine dernière, des résultats de l’étude sur l’évaluation de l’efficacité et l’analyse de la performance du système bancaire et financier camerounais. Une étude qui avait pour objectif de cerner les causes de la frilosité des banques qui restent réticentes à financer l’économie, malgré des ressources en nette croissance. Pour le ministre des Finances, « il est communément admis que les performances économiques des pays sont tributaires de l’efficacité de leurs systèmes bancaire et financier considérés à juste titre comme les canaux privilégiés de drainage de l’épargne vers le système productif. Mais, constate Essimi Menye, le Cameroun est confronté à un surplus de liquidité dans le secteur bancaire. Cette liquidité peut devenir une menace pour la stabilité des prix et favoriser la sortie des capitaux ». Causée par la faible capacité d’intermédiation des banques camerounaises, cette liquidité conduit les banques à une certaine atonie en matière de mobilisation des dépôts d’épargne et les confine à la facturation des services divers à la clientèle. Or, sans crédit, répète le ministre des Finances, l’économie camerounaise ne connaîtra pas le dynamisme nécessaire à une croissance forte. Diagnostic ambigu Les auteurs de l’étude partent du constat déjà connu, selon lequel les banques préfèrent faire du bénéfice en facturant des frais à la clientèle sur diverses opérations plutôt qu’en prélevant des intérêts sur les crédits accordés. « Bien qu’en situation de liquidité abondante, les banques n’assurent pas pleinement leur fonction fondamentale de transformation des ressources en crédits. Les emplois bancaires sont de plus en plus orientés vers les activités autres que la distribution du crédit. Ceci se traduit par une évolution à la hausse des marges sur les opérations diverses alors que les marges sur les opérations avec la clientèle s’inscrivent dans une tendance baissière. Les commissions sur service, en raison de leur très faible sensibilité aux variations des taux d’intérêt sont de plus en plus recherchées par les banques pour améliorer leur rentabilité ». Sur le diagnostic de la situation, la performance des banques et leur engagement dans l’activité de crédit sont assez contrastés d’un établissement de crédit à l’autre, en dépit d’une tendance globale à la prospérité du secteur. Situation d’entente Comme le révèle l’étude sur la performance du secteur financier, « la production du secteur bancaire a augmenté sur toute la période. Le produit net bancaire se situe en 2008 à près de 163 milliards contre 60 milliards en 2002. Ce dynamisme dans la création de la richesse est principalement impulsé part un nombre réduit de banques (Bicec, SGBC, Afriland First Bank, Cbc, Ecobank). Par contre, les autres banques éprouvent des difficultés à maîtriser leurs charges structurelles ». Selon le constat de l’étude, le cœfficient net d’exploitation tourne autour de 54% en moyenne sur la période de l’enquête. Les services bancaires restent essentiellement orientés vers les grandes entreprises. Le financement des Pme est faible et concentré sur des opérations de court terme. Au Cameroun, soulignent les auteurs du rapport, le marché bancaire n’est ni de concurrence parfaite, ni de monopole, mais plutôt dans une situation d’entente.
Sur cette base, le ministère des Finances croit avoir identifié les causes de la réticence des banquiers à apporter les financements adéquats à l’économie. « L’hypothèse centrale de cette étude est que la réticence des établissements de crédit dans le financement de l’économie s’explique non seulement par la quasi inexistence d’un arsenal souple et efficace de couverture, mais aussi par une rentabilité qui n’est que faiblement tributaire de l’intermédiation financière. En effet, souligne le rapport, les agents économiques éprouvent de grandes difficultés à respecter les contrats pour des raisons qui leur sont extérieures mais aussi par mauvaise foi ». Après la suppression des agios Ensuite, ce sentiment est renforcé par l’absence d’un climat de confiance et les anticipations pessimistes, causées entre autres par l’absence de sanctions systématiques en cas d’inexécution des contrats. C’est le problème de l’efficacité judicaire souvent soulevé comme un des maillions clé du climat des affaires. Cet environnement est également alourdi par le fait que les banquiers disposent de peu d’informations fiables sur les emprunteurs.
Conclusion des hommes d’Essimi Menye, les système bancaire et financier camerounais est inefficace. Cette faible efficacité se traduit par d’importants frais généraux et des marges nettes d’intérêts plus élevés que dans d’autres pays présentant le même niveau de développement. Ce coût élevé des prestations bancaires justifie d’ailleurs le fait que les banques restent rentables, malgré la faible activité de crédit et le volume important de frais généraux. « L’intermédiation financière, qui consiste à mobiliser les dépôts pour ensuite les prêter est moins développée. Les banques préfèrent orienter leurs ressources vers les emplois de trésorerie certes moins rémunérateurs que les crédits à la clientèle, mais beaucoup plus sécurisants. Maintenant que les causes de la frilosité des banquiers sont connues, qu’entend faire le ministre de Finances pour les amener à mieux soutenir l’économie ? Après la suppression des agios, d’autres actions sont attendues, qui devraient se décider en concertation avec les banquiers ». Car, explique le ministre, il ne s’agit pas non plus d’amener les banquiers à prendre des risques inconsidérés avec l’argent des déposants. François Bambou
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