Mercredi 14 Mai 2008

actualité








Actualité

La psychose du H5N1 qui booste la consommation de volaille dans l'Ouest du Cameroun

Quotidien Le Messager/vendredi 24 mars 2006

“ 1000 frs le poulet, 2 à 1900. 700 ici Asso, c’est du bon poulet. Ruinez le vieux il s’en va… ”

Ce refrain est le seul en vigueur actuellement dans les marchés de poulet à Bafoussam, où la vente du poulet et des œufs ne s’est jamais aussi bien porté depuis qu’on parle de la grippe aviaire au Cameroun. Dès l’annonce de la trouvaille d’un canard sauvage mort à Maroua, la population est d’abord devenue méfiante, mais avec la baisse des produits avicoles, elle s’est ravisée.

Un tour au marché B de Bafoussam ces derniers jours, et l’on constate que toute ménagère qui en sort a au moins deux poulets soit dans le sac soit dans un panier, ou un plastique plein d’œufs, et pour cause : un poulet peut désormais s’acheter à 500 francs, 600, 850 ou 1000 francs pour le plus gros.

De même, les œufs se vendent 4 à 100 Fcfa. Fosso Jean Samuel, un revendeur d’œufs confirme le taux de vente : “ Maintenant je vends 10 cartons d’œufs par jour, au lieu de 2 ou 3 en temps normal ”, dit-il. De son côté, Rostand, un jeune fermier est venu au marché avec un pick-up rempli de 200 poulets sortis de sa ferme.

A 15 heures, il lui reste à peine 30 têtes, et les clients ne cessent d’affluer. Il explique qu’il est obligé de brader ces poulets parce qu’il ne peut continuer à les nourrir indéfiniment.

La grippe aviaire n’est pas le souci ici, puisque la maladie n’a pas encore été déclarée dans la province. Comme lui, beaucoup de fermiers se trouvent obligés de “ se débarrasser ” de leurs produits, non pas qu’il y ait un problème de maladie.

Vengeance

En conséquence, le poulet est préparé à toutes les sauces sur les tables de Bafoussam maintenant. En fait c’est “ la bonne année ” pour beaucoup de familles qui en temps normal n’ont pas la possibilité de s’offrir un poulet à 2000 francs ou plus. Les enfants qui ne goûtent les œufs qu’à des rares occasions en consomment maintenant avec rappel, ou vengeance. Toute la population est consciente qu’il n’y a pas de maladie, et veut en profiter au maximum.

Quelques clientes approchées avec les bras chargés de poulets esquissent un sourire, sans plus, lorsque leur est posée la question de savoir si la grippe aviaire est pour quelque chose dans cet engouement soudain envers la volaille. Cette maladie n’est pas une préoccupation pour elles, surtout qu’elles savent qu’en faisant bien cuire le poulet elles ne risquent rien.

Les fermiers crient à la perte, mais les clients affirment simplement que quand ces fermiers leur vendent souvent le poulet à 5000 Fcfa ils n’ont pas pitié, et elles ne voient pas pourquoi elles auraient pitié d’eux maintenant.

En réalité la population ici ne redoute pas de la maladie, elle profite de la baisse des produits, comme le confirme Fosso : “ Les gens achètent comme s’ils attendaient qu’on parle de cette maladie. Ils savent qu’il n’y a rien. ”

Roland TSAPI

Réagir à cet article | Imprimer | Envoyer cet article à


Réaction de Lucifer
Le 2007-04-08 18:26:02

Allez et mangez en tous !




Nous vous recommandons de réagir dans le strict respect des conditions d’utilisation de ce site. «Ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui ». Les posts diffamatoires, injurieux, etc. seront automatiquement supprimés.


Vous pouvez réagir à cet article en laissant un bref
message qui sera ensuite affiché sous l'article :



Votre nom  

Nombre de caractères restant :

Associer une icône




Groupe Cameroun-Online - Régie publicitaire - Contact - Conditions d'utilisation

© Twmicronics.com 2006 - Tous droits réservés