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Polycarpe Abah Abah perd son premier procès en diffamation à Ebolowa
Le ministre de l’économie et des finances débouté pour manque de faits constitutifs de diffamation face au Journal Aurore Plus
Cameroun-online/mercredi 29 mars 2006
La journée d’hier, 28 mars 2006 à Ebolowa a sans doute été une journée exceptionnelle de plus dans l’histoire de la justice Camerounaise. C’est que les yeux de l’opinion étaient rivés vers Ebolowa, la capitale provinciale du Sud, à 168 kilomètres au sud de la Yaoundé. Il s’y tenait le procès en diffamation intenté par Polycarpe Abah Abah, contre certains journaux édités à Yaoundé qui l’avaient présenté comme un des milliardaires du Cameroun à la fortune douteuse, et dont la fortune était à même de financer même une armée, selon ces journaux.
Dans l’affaire Polycarpe Abah Abah contre Michel Michot Moussala, directeur de publicaion du Journal Aurore Plus, le Tribunal de Première Instance d'Ebolowa statuant en premier ressort, s’est déclaré territorialement incompétent et condamne la partie civile (Polycarpe Abah Abah) aux dépens.
La cour présidée par le magistrat Olama, avec pour procureur de la République Jean Bosco Esso aura pris seulement dix minutes pour statuer en matière correctionnelle et par défaut sur l’exception de compétence territoriale à l’égard de la partie civile représentée par un collège d’avocats dirigé par Me Kooh Marion.
Il a relevé que les faits reprochés n’ont pas été commis, et se déclare par conséquent incompétent. La défense de l’actuel ministre de l’économie et des finances crie au scandale.
Me Ndam, membre du collège, se confiant au reporter Cameroun-on-line.com, va même parler de décision inédite depuis la loi de 90 sur la liberté d’expression. " Jamais depuis cette loi, un tribunal ne s’est déclaré incompétent en matière de diffamation ".
Dans la seconde affaire opposant Mme Babale née Nyah Djamila contre Peter Mandio, directeur de publication du journal Le Front, pour diffamation également, la cour a statué publiquement et contradictoirement à l’égard de la partie civile par défaut et en premier ressort. Le verdict a été expéditif autant qu’à la première affaire.
Le juge Olama a simplement constaté le retrait de la partie civile, ce qui a éteint l’action en justice de la demanderesse.
Polycarpe Abah Abah a 10 jours dès le prononcé de la décision pour attaquer celle-ci en appel.
Cet après-midi du mercredi 29 mars, l’on devrait voir plus clair dans la suite des procès enclenchés par le ministre de l’économie et des finances, Polycarpe Abah Abah, qui s’estime diffamé après avoir figuré parmi les plus grosses fortunes (en milliards de F CFA) du Cameroun, dans les colonnes de quelques presses paraissant dans une dizaine de villes du pays.
François BIMOGO et Jacques Pierre SEH à Ebolowa
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