Mardi 13 Mai 2008

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Grippe aviaire: Les vétérinaires dénoncent la cacophonie au Cameroun

L’ordre des médecins vétérinaires s’insurge contre le fait d’avoir été mis de côté dans le cadre de la gestion de cette épizootie
Quotidien Le Messager/vendredi 31 mars 2006

L’ordre national des vétérinaires du Cameroun n’est pas allé par quatre chemins pour fustiger les tergiversations et gesticulations gouvernementales depuis l’annonce officielle, le 11 mars de la présence du virus H5N1 dans la ville de Maroua. Le Dr Maurice Makek qu’entouraient pour la circonstance certains de ses plus proches collaborateurs du bureau du conseil de l’ordre a rencontré la presse mercredi 29 mars à Douala.

De cette rencontre, il ressort principalement que l’ordre national des vétérinaires a été curieusement mis de côté par les autorités gouvernementales pour la gestion de cette épizootie annoncée. “ Nous déclarons haut et fort que la grippe aviaire est une maladie animale et que seul le vétérinaire est compétent pour apporter des éclairages techniques sur la question.

Mais lorsque le premier cas a été signalé, l’on a vu des départements ministériels qui n’ont pas une expertise reconnue sur la question prendre les devants pour poser des actes qui, malheureusement, ont renforcé la psychose généralisée que l’on observe aujourd’hui… ”, s’offusque le Dr Makek.

Allusion est faite aux messages Sms envoyés par le ministère de la Santé publique aux abonnés d’un opérateur téléphonique local, et aussi aux espaces publicitaires pris par le même département ministériel dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.

L’ordre des vétérinaires s’étonne aussi que quelques heures après l’annonce de la présence du virus sur le sol camerounais, le ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation se soit aussi montré très intéressé par la question. “ On a aussi vu les responsables de ce ministère déclarer dans les médias que cela les concernait au premier chef… ”.

Pour le conseil de l’ordre des vétérinaires, cet intérêt manifeste autour de la grippe aviaire cache quelques intentions peu orthodoxes. “ Tout comme le Sida, certains de ses responsables rêvent que beaucoup d’argent sera déversé dans le cadre de la lutte contre cette épizootie, voilà pourquoi on fait semblant de s’y intéresser”, soutient un vétérinaire présent dans la salle.

Pour démontrer leur mise à l’écart, l’ordre national des vétérinaires dit ne pas comprendre pourquoi il n’y a qu’un seul vétérinaire dans la commission de 11 personnes mises en place par le gouvernement pour contenir cette épizootie.

“ Tout ce que nous demandons c’est que le gouvernement nous prenne véritablement en compte pour l’élaboration d’une véritable stratégie pour contenir, voire annihiler les foyers de grippe aviaire découverts jusqu’ici… ”, conclut le vice-président de l’ordre.

Risques minimes de contamination humaine

Pour ce qui est de la maladie elle-même, le Dr Albert Doufissa reconnaît que la surmédiatisation du premier cas de canard sauvage retrouvé mort à Maroua a contribué a renforcé la psychose généralisée observée aujourd’hui.

Alors même que “ la grippe aviaire de son vrai nom Influenza aviaire est une maladie animale très connue des vétérinaires depuis 125 ans. Elle a toujours existé dans nos villages… ” Le Dr Mandeng dans un exposé fort intéressant a fait la genèse de cette épizootie, les modes de transmissions, les risques de transmission, et surtout comment prévenir la maladie.

De fait, et selon ce vétérinaire, le risque pour le consommateur d’attraper le virus est d’autant plus nul que le poulet est toujours bien cuit avant consommation dans nos habitudes alimentaires.

Les conséquences de la grippe aviaire sont à en croire les vétérinaires beaucoup plus économiques. “ La grippe aviaire est avant tout une maladie des volailles essentiellement des poules et des dindes. Si elle constitue un problème, c’est d’abord un problème d’économie avicole.

Car sous sa forme hautement pathogène elle peut tuer tous les oiseaux d’élevage en 2 ou 3 jours… ”, explique le Dr Doufissa.

Pour mieux soutenir leur position, les vétérinaires présents à cette conférence de presse ont convié les journalistes à une séance de dégustation du poulet et des œufs.
Et les hommes de médias s’en sont donnés à cœur joie même si plusieurs ont rechigné à croquer les os d’habitude bien délicieux. Le message est tout de même passé.

L.C.

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