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Aucun cas humain de grippe aviaire au Cameroun
Ministres de l’élevage, de la santé, du budget réunis au Premier ministère pour faire le point sur le H5N1 : depuis trois semaines, la consommation du poulet a repris dans les ménages.
Cameroun-online/dimanche 23 avril 2006
C’était la première réunion d’évaluation du comité ad hoc interministériel sur la grippe aviaire présidée par le secrétaire général des services du premier ministère, le vendredi 21 avril dernier. La quantité et la qualité des membres présents de ce comité témoignaient bien de l’importance et de l’actualité de la question grippe aviaire, plusieurs semaines après la découverte du H5N1 au Cameroun.
Il y avait là, le ministre de la santé publique, Urbain Olanguena Awono, le ministre de l’Elevage, des pêches et des industries animales (Minepia), Aboubakary Sarki, des représentants d’autres ministères comme celui de l’économie et du budget, de la recherche scientifique, du commerce, de la communication, de l’administration territoriale, ainsi les chefs des représentations des organismes du système des Nations Unies.
Il s’agissait d’examiner la situation de la grippe aviaire au Cameroun, en dresser l’état des lieux et dégager des perspectives au lendemain de cette période particulière que vient de traverser le pays. Le premier ministre Ephraim Inoni, par la bouche du président du comité, encourage les efforts et le travail effectués jusqu’ici sur le terrain, et sait gré aux bailleurs de fonds qui ont soutenu le gouvernement dans la gestion de la crise de la grippe aviaire.
Depuis l’officialisation de la découverte du virus de H5N1 le 11 mars dernier au Cameroun, aucun nouveau cas n’est à signaler, mais de nombreux prélèvements (300) ont été faits, envoyés par les soins du Minepia au Centre Pasteur du Cameroun (CPC) mais dont le diagnostic s’est révélé négatif, en ce qui concerne le titrage des anticorps (le centre pasteur ne peut établir qu’un diagnostic de suspicion sur le H5N1).
Relance de la consommation depuis trois semaines
La panique elle s’est pourtant chargée de semer la pagaille dans la filière avicole par la chute de la consommation de poulet et des œufs. Heureusement, fait remarquer le président du Comité ad hoc, la consommation est relancée depuis les trois dernières semaines, après l’onde de choc de la découverte de l’influenza aviaire, dont les spasmes ont été entretenus par des annonces de découvertes « d’oiseaux morts » ici et là.
La filière avicole nationale, qui renaissait d’une décennie d’importations massives de poulet congelé sous le signe du dumping, y a laissé des plumes, des pertes évaluées en milliards de F CFA.
Pour autant, la vigilance n’est pas retombée. Au niveau des services sanitaires publics, l’alerte est maintenue et aucun cas à ce jour de grippe aviaire humaine n’a été déclaré au Cameroun. Cependant, les stocks de Tamiflu, médicament curatif de la grippe aviaire continuent à se constituer et devraient être complets en septembre prochain, selon le ministre de la santé publique Urbain Olanguena Awono. Mais en attendant, son ministère procède à la formation des cadres de santé à Maroua (Extrême Nord) ainsi que du personnel vétérinaire.
Dans ce sens, l’Onu-Sida a prêté une voiture tout-terrain pour sillonner les zones à risque du pays et y prélever des échantillons de volailles. La FAO (Fonds Alimentaire Mondial) a attribué une dotation de 840 000 F CFA de carburant pour les déplacements du véhicule de collecte des échantillons. D’autres partenaires du Cameroun ont contribué à divers niveaux à la mise en place du plan de riposte du gouvernement : il s’agit de la France qui appuie le CPC, l’ambassade des Etats-Unis qui a offert 2000 kits de protection, la Banque Mondiale qui a versé 2 millions de dollars au Fonds de compensation des éleveurs…
Dans le cadre de l’alerte qui a été maintenue depuis le mois de février (découverte H5N1 au Nigeria), quantités de nouveaux échantillons ont été prélevés ces deux dernières semaines et expédiés cette semaine dans un laboratoire de Grande-Bretagne homologué par l’OIE (Organisation Internationale des Epizooties), d’autant que, même si l’OMS a fait du Centre Pasteur du Cameroun un laboratoire régional de référence, il n’est pas encore en mesure de diagnostiquer le H5N1.
Le gouvernement, tout en voulant maintenir le statut quo, pense au futur. Il faut aujourd’hui rendre plus effectif le système de compensation aux aviculteurs qui ont été contraints de détruire leur volaille ou leurs stocks d’œufs, préventivement, ou à cause de l’annulation des commandes pour les grandes fermes.
François BIMOGO
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Aucun cas humain de grippe aviaire au Cameroun, attendez, il faut être patient !