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ActualitéExtrême-nord : Douze morts après une pluie à PoussDes maisons se sont écroulées sur les habitants de ce village piscicole et rizicole du Mayo Danay. Mutations / Lundi 26 Juillet 2010 C’est une ville de Pouss submergée et boueuse que nous avons découverte vendredi dernier. Des maisons complètement effondrées, des branches d’arbres qui jonchent le sol et barrent la circulation, des toitures emportées par le vent, des champs de riz entièrement dévastés et des quartiers ensevelis. Après une pluie diluvienne qui a duré près de six heures d’horloge dans l’après midi du jeudi, 22 juillet dernier, des maisons se sont écroulées sur les habitants du village Pouss, localité située dans la région de l’Extrême-nord. De sources officielles, on parle de huit personnes décédées et de huit blessés graves sous soins intensifs dans les formations sanitaires de Maroua et de Maga. Mais dans le village Pouss, épicentre du sinistre, des témoignages concordants affirment le contraire. Selon Djaoro Idrissa, chef d’un quartier sinistré, «11 personnes ont trouvé la mort sur-le-champ. Un autre a rendu l’âme à l’hôpital régional de Maroua samedi dernier. Au total, la pluie a occasionné 12 morts parmi lesquelles quatre femmes, cinq enfants dont l’âge varie entre 5 et 12 ans et trois pères de familles». A la vue des dégâts causés, on peut imaginer le calvaire des habitants des villages sinistrés. «C’est vraiment un cauchemar que nous avons vécu toute la nuit. Pendant qu’il continuait de pleuvoir, les maisons tombaient et c’est chacun qui essayait de se mettre à l’abri dans la nuit noire», raconte, toute éplorée, une ménagère qui s’affaire vendredi matin à mettre un semblant d’ordre dans les décombres. Son époux et leurs quatre enfants grelottant en font autant. Les habitants ne savent plus où donner la tête pour trouver les premières solutions. «On est partagé entre le désire d’aller chercher refuge quelque part, fouiner les décombres afin de récupérer des objets nécessaires, trouver à manger ou s’occuper de nos champs. C’est comme si le monde nous tombait dessus», relate Oumar Bourso, un agriculteur sinistré. Famine On attend jusqu’à ce lundi pour se faire une idée plus claire de l’ampleur des dégâts et édicter les mesures à prendre», déclare Zigla Wendi. Le magistrat municipal précise par ailleurs que non seulement le centre ville de Pouss est touché mais aussi les villages environnants comme Malka où les toitures de deux salles de classe ont été emportées par le vent ; à Yanga, trois salles de classe sont endommagées et la toiture d’une salle de clase a été emportée à Glamodoko. Sur instruction du gouverneur de la région de l’Extrême-nord, une cellule de crise a été mise sur pied par le préfet du département du Mayo-Danay Baba Ngamdji. Celle-ci a pour objectif «de recenser les sinistrés pour les installer (temporairement) dans des édifices publics», a indiqué ce dernier. La cellule départementale quant à elle coordonnera les actions de soutien aux sinistrés dès ce lundi à en croire les propos du préfet Baba Ngamdji. Celle-ci est dirigée sur le terrain par le sous-préfet de Maga, Daouda Issa, et appuyée par une autre cellule composée des chefs de quartiers et autres notables du sultanat de Pouss.
Jacques Kaldaoussa, à Pouss
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