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Les jeunes de l'Ouest réclament 5 ministres jeunes dans le gouvernement du Cameroun

Le Club Ethique du Cameroun a mené samedi dernier une autre « vraie marche de soutien à Paul Biya »
Cameroun-online/lundi 1er mai 2006
L’opération « La vraie marche de soutien de la jeunesse et des patriotes de l’Ouest au président Paul Biya s’est tenue le samedi 29 avril à Bafoussam, chef-lieu de la province de l’Ouest (283 km à l’ouest de Yaoundé). La marche organisée sous la houlette du Club Ethique du Cameroun (CEC) a rassemblé près de 2 000 jeunes issus d’associations et de mouvements de jeunes, sur un itinéraire allant du lieu dit « Carrefour Auberge » à la Place des fêtes de la ville.
Après une marche similaire tenue à Yaoundé le 18 mars dernier. Il s’agit pour le CEC de « manifester sa satisfaction et son adhésion à la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics en cours [au Cameroun] ». Comme à Yaoundé, à Bafoussam, le Club éthique a voulu éviter ce que son coordonnateur national, Charles Ateba Eyene appelle « l’amalgame ».
Ainsi, ceux qu’on appelle « élite » y ont été déclarée persona non gratta, car, estime Ateba Eyene, il s’agit « d’un combat de générations » de la jeunesse qui refuse l’héritage de la dette et de la corruption de ces « élites ».
On s’en doute bien, aller défier certaines élites politiques (Rdpc) de l’ouest habituées à jouer les premiers rôles, en bottant en touche certains comme étant corrompus et hypocrites vis-à-vis de la croisade actuelle contre la corruption, était aussi hardi que risqué.
Ce d’autant qu’en jetant l’opprobre sur ces « élites » aux mains sales, on leur ôte la possibilité de pouvoir s’aligner derrière l’action du président de la République, en les présentant comme ceux par qui la corruption et le détournement des deniers publics a prospéré au Cameroun depuis plusieurs années 90, début de l’éclatement de grands scandales sur les manœuvres prévaricatrices de certains hauts fonctionnaires, cloué depuis au pilori du banditisme en col blanc. Aussi, y a-t-il eu coupure de courant à la place des fêtes de Bafoussam, pour empêcher la sonorisation à la marche. Mais les jeunes qui s’étaient prémunis, se sont servis d’un groupe électrogène.
Ce qui n’a pas empêché à la jeunesse de la province de l’ouest de faire part de ses doléances au chef de l’Etat à travers la tribune de cette marche : la nomination urgente d’un délégué du gouvernement à Bafoussam, la réhabilitation du stade omnisports de la ville, et la nomination au gouvernement de 05 ministres jeunes (25-40 ans), entre autres.
Atebe Eyene n’aurait-t-il pas des ambitions politiques au-delà de son activisme pour l’éthique ? A ceux qui pourraient le penser, il répond que « c’est leur problème, je suis avant tout un acteur social, un leader d’opinion. D’ailleurs, je suis fonctionnaire à la Fonction publique…La jeunesse refuse l’héritage de l’homosexualité, de la médiocrité et de la tricherie… »
Le chantre de l’éthique aux forts accents de jeunisme conclut qu’il voudrait plutôt faire passer un « message de réveil et d’éveil des consciences parmi les jeunes, leur dire qu’ils ont leur destin en main » !
Les « vraies marches de soutien à Paul Biya », qui visent « à démontrer que le Chef de l’Etat n’est pas seul dans le combat engagé [contre la corruption et les détournements de fonds] », vont se poursuivre dans d’autres capitales provinciales du pays, promet le président du Club éthique. Car, « la corruption est un complot contre la jeunesse qui refuse d’avoir pour héritages : la dette et la pauvreté ».
François BIMOGO
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