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Le ministre A.F. Kodock accusé de détournements massifs de l’argent des agriculteurs quand il était aux commandes de l’Agriculture camerounaise en 2004

Scandale: le sécrétaire général de l’Upc, actuel ministre d’Etat est rattrapé par son passé au sein du ministère de l’agricuklture, la révélation est faite par un rapport indépendant qui sera rendu public par l’Acdic dans quelques jours.
Cameroun-online/lundi 19 juin 2006
Le mot « Acdic » n’est plus sans rappeler des choses à l’opinion nationale, depuis la campagne contre les poulets congelés lancée en 2004, et la récente campagne de relèvement de la production avicole nationale sanctionnée par une marche de 5 000 personnes à Yaoundé le 17 janvier dernier. Y avaint pris part, parmi d’autres personnalités, José Bové, l’icône française alter mondialiste et candidat à la présidentielle française de 2007.
L’association de défense des intérêts collectifs « rebelote », et s’apprête à révéler les détournements de fonds publics et la corruption qu’a connu le ministère de l’agriculture et du développement rural au cours de l’année 2004, ministère dirigé alors par le secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun, Upc, actuel ministre d’Etat en charge de la planification, de la programmation et de l’aménagement du territoire.
Il y a quelques jours déjà, un rapport d’audit commandé par l’actuel ministre de l’agriculture (Clobert Tchatat) révélait d’importants détournements de fonds Ppte (Pays pauvre très endetté). Le ministre d’Etat Augustin Frédéric Kodock avait alors réagit le 9 juin dernier à l’occasion d’une conférence de presse, pour, selon ses propos, « rétablir la vérité » sur la campagne de lynchage médiatique lancée depuis quelques moins par le journal « La Nouvelle Presse » qui lui attribuait plusieurs marchés fictifs et de l'indélicatesse fiscale.
Le leader de l’Upc y voyait alors la main de réseaux interministériels s’agitant dans la perspective de la succession du président Paul Biya en 2011.
Le rapport encore confidentiel de l’Acdic, qui sera rendu public le 22 juin prochain à l’occasion d’une conférence de presse internationale dans un hôtel de la place, entre dans le cadre d’une "Campagne de Souveraineté Alimentaire" (cliquer pour + d'infos)" baptisée « Aidons-les à nous nourrir ! ».
Au cours de cette conférence de presse dont le thème lui-même porte sur « le Cameroun perd sa souveraineté alimentaire : pourquoi et comment y remédier ! », l’Acidc partira du constat « qu’au cours des 20 dernières années, une suite d’évènements liés à la conjoncture internationale et locale, ont contribué à réduire les capacités des pays de la sous-région d’Afrique centrale à bénéficier des opportunités qu’offre l’agriculture pour améliorer les conditions de vie des populations et parvenir au développement ».
Sur le marché national, on constate ainsi la prédominance des produits importés qui génèrent concurrence déloyale pour les produits locaux et recul de la consommation de ceux-ci. Si la consommation des produits locaux s’érode, il coule de source que la production locale est en recul également.
Autres explications, selon l’Acdic, de cette sous-exploitation du potentiel productif de l’agriculture, la corruption et le détournement des ressources affectés au secteur agricole (comme au Minader en 2004), et l’absence d’une véritable politique d’encadrement du producteur en milieu rural.
95% des fonds destinés aux agriculteurs détournés !
En attendant les révélations détaillées de ce rapport sur de présumés détournements de fonds massifs au Minader du temps où il était dirigé en 2004 par Augustin Frédéric Kodock, actuel ministre d’Etat en charge de la planification, du développement et de l’aménagement du territoire, quelques indiscrétions recueillies auprès dune source proche du rapport indique par exemple que « pour 100 F CFA affectés aux besoins des producteurs agricoles du Cameroun, seul 5 F CFA arrivait à destination, 95 F CFA étant détournés…. »
On peut en juger de l’immensité des détournements à la lumière de cet exemple qui montre qu’en fait, 95% des fonds destinés au soutien de la production agricole en 2004 prenaient la direction de poches individuelles du ministère...
L’Acdic fera à l’occasion des propositions alternatives pour contribuer d’avantage à asseoir une souveraineté alimentaire au Cameroun et en Afrique, une souveraineté qui permettrait aux producteurs Camerounais, d’avoir les moyens de produire suffisamment pour la demande nationale, et favoriser autant la création d’emplois que l’émergence d’une économie agricole nationale compétitive à l’échelle nationale et internationale.
La conférence de presse du 22 juin sera suivie d’un dîner parlementaire sur le même thème de la souveraineté alimentaire le 25 juin à Yaoundé ainsi que le 30 juin, un sit-in citoyen suivie d’une audience au siège de la Banque mondiale à Yaoundé où sont attendus de milliers de personnes.
François BIMOGO
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