Actualité
Affaire Bakassi : l’armée nigériane se prépare à quitter la presqu’île camerounaise
Le chef d’état-major de l’armée nigériane, le lieutenant-général Owoye Andrew Azazi était à Bakassi en fin de semaine dernière pour préparer le départ des militaires nigérian de la presqu’île camerounaise, selon l’Accord de Greentree.
Cameroun-online/mardi 27 juin 2006
Au lendemain de la signature de l’accord de Greentree le 12 juin dernier à New York, l’opinion camerounaise est restée sceptique, dubitative, même si elle saluait d’autre part cette victoire diplomatique du président Paul Biya dans l’esprit de l’arrêt de la cour internationale de justice de la Haye du 10 octobre 2002, arrêt reconnaissant la camerounité de Bakassi, dans le différend éponyme entre les deux pays.
L’accord de Greentree prévoit en effet le retrait des forces militaires nigérianes de la péninsule située sur la côte ouest du pays dans les 90 jours suivant sa signature, même si le Nigeria selon l’Accord gardera en territoire camerounais une administration civile et une force de police au cours des 2 prochaines années.
Depuis le 12 juin, le compte à rebours est donc lancé, et les Camerounais comme la communauté internationale espèrent que le Nigéria ne traînera pas les pieds à appliquer cet accord qui ne remet absolument pas en cause l’appartenance de Bakassi au Cameroun.
On se rappelle en effet qu’après la mise en place de la Commission mixte Cameroun-Nigeria à l’instigation du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, le Nigéria avait rétrocédé sans autre forme de procès des dizaines de villages sur la zone du lac Tchad et le long de sa frontière septentrionale avec le Cameroun.
Mais malgré les efforts du président de la Commission le Mauritanien Ahmedou Ould Abdalah, la bonne foi du président nigérian Olusegun Obasanjo, les populations et l’administration fédérale Nigériane de la zone de Bakassi avaient refusé de quitter la presqu’île poissonneuse et riche en pétrole.
(R)assurances
Quelques jours après la signature de l’accord, la visite d’inspection du chef d’état-major de l’armée nigériane, le lieutenant général Owoye Andrew Azazi , visite rendue à ses troupes stationnées à Bakassi en fin de semaine dernière, apparaît comme une rayon de soleil sous le ciel nuageux entre Abuja et Yaoundé depuis la crispation du processus d’application de l’arrêt de la Cij (Cour internationale de justice) en décembre 2004.
Le général Azazi selon la presse nigériane a déclaré en substance que des mesures étaient prises pour assurer le retrait des troupes nigérianes de la péninsule de Bakassi. Comme le prévoit l’Accord de Greentree, le patron de la première division de l’armée nigériane a rassuré les communautés locales nigérianes que l’armée ne les abandonnait pas, et que leurs droits, propriétés et biens resteraient saufs.
Il a dit aux militaires nigérians qu’il ne s’agissait pas d’une défaite pour eux, mais qu’il fallait respecter le verdict de la justice internationale (Cij) et l’accord de Greentree.
L’autre raison de sa visite, a dit le général, était d’avoir la bonne information sur les difficultés que pourraient rencontrer les soldats Nigérians à l’occasion de ce retrait afin d’y trouver des solutions en concertation avec les hautes autorités du pays. Côté militaire, le Nigéria se fait donc à l’idée de quitter Bakassi. Il faudra que les populations locales nigérianes se fassent aussi à l’idée d’un Bakassi totalement vert-rouge-jaune.
L’accord de Grentree du 12 juin dernier a été signé par les président Paul Biya et Olusegun Obasanjo représentant leurs pays respectifs, en présence du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, ainsi que les représentants de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis et de la Grande Bretagne.
François BIMOGO
|
|
|



