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Etonde Ekoto et Booto à Ngon livrés à la justice

Les deux députés peuvent désormais être entendus dans le cadre des enquêtes judiciaires en cours sur la gestion du Port autonome de Douala, la société immobilière du Cameroun et le Crédit foncier du Cameroun.
Quotidien Le Messager/vendredi 6 octobre 2006
“Sur convocation de son président, le très honorable Cavaye Yeguié Djibril, le bureau de l’Assemblée nationale s’est réuni les 4 et 5 octobre 2006. L’ordre du jour portait sur l’examen des dossiers communiqués par le gouvernement et relatifs à la levée de l’immunité parlementaire de 2 députés : messieurs Etondé Ekoto Edouard, député du Wouri et Booto à Ngon André, député du Mbam et Inoubou. Au terme d’un long débat, le bureau de l’Assemblée s’est prononcé à l’unanimité pour la levée de l’immunité des deux parlementaires concernés. ” Telle est la substance du communiqué de presse diffusé hier, 5 octobre, par le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Samson Ename Ename.
Pas un mot sur les raisons de cette levée d’immunité. Une option qui semble traduire le souci du bureau de la Chambre de ne pas se substituer à la justice.
La fébrilité qui a entouré la communication à la presse de cette décision trahissait bien l’embarras de certains élus. Ce n’est donc pas un hasard, si c’est une femme qui a été poussée au front pour faire une déclaration furtive à la presse. L’honorable Ndo née Engolo Evina, secrétaire au bureau de l’Assemblée nationale et député Rdpc de la Mvila a joué sa partition avec un zeste de gêne. La décision était pourtant devenue un secret de polichinelle depuis la veille. Si Etondé Ekoto et Booto a Ngon n’ont plus été entendus par le bureau de la chambre, comme le suggéraient certaines informations distillées la veille, l’on peut se risquer d’affirmer que les deux députés auraient plaidé auprès de Cavaye Yeguié Djibril de s’assurer qu’ils comparaîtraient libres.
Interférence ou coïncidence
La décision du bureau de l’Assemblée nationale prise à l’unanimité a néanmoins fait l’objet d’un vote. Peu avant la fin du conclave du bureau de la Chambre, le président de l’Assemblée nationale a dû suspendre sa participation aux travaux pour recevoir en audience, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun Niels Marquartd. Rien n’a filtré de l’entretien entre les deux hommes. Sans lier ces deux faits, la présence du diplomate américain est venue renforcer le voile de suspicion autour de cette décision. Ce d’autant plus que mardi 3 octobre, le même personnage avait été reçu par le président Paul Biya.
Quoi qu’il en soit, ce feuilleton de la traque des gestionnaires indélicats a écrit ce 5 octobre un nouvel épisode. Réduisant à l’insignifiance politique, voire sociale, deux piliers du régime. La levée de l’immunité parlementaire de ces deux députés est une leçon de plus pour tous les détenteurs de décision qui continuent de vivre dans l’illusion du pouvoir.
Richard Touna
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Ce sont des élus fictifs