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ActualitéPK 14, Douala : les élèves en transe chez un exorcisteQuatre jeunes filles de l’Institut polyvalent Minfang suivent un traitement dans une chapelle du quartier. Cameroon Tribune/mercredi 18 octobre 2006 J.M "Esta, Esta, Esta répond ! Dis : le sang de Jésus, Jésus sauve-moi… " La scène était bouleversante et pathétique, jeudi dernier dans une petite chapelle située à un kilomètre de la route principale à PK14. Une jeune fille, étendue sur un banc est en train de gémir, de crier et de s’agiter dans tous les sens. Ses parents qui essaient désespérément de la contenir l’implorent de s’adresser à Dieu. Ils invoquent eux-mêmes le ciel de lui venir en aide. Tout à coup, muni d’une grosse croix, le père André Moudassi entre en scène. Il pose le crucifix sur la poitrine de la jeune fille qui tente de se relever, de s’enfuir. " Sors de ce corps, fais-le ou je vais te torturer", crie l’homme d’Eglise. Les prières s’élèvent dans cette assistante dépassée par les événements. C’est ainsi depuis quelques jours dans cette petite chapelle. Depuis qu’une dizaine de filles, élèves à l’institut polyvalent Minfang, sont tombées en transe en plein cours. Les parents ne cessent de faire des allers-retours chez ce prêtre exorciste. Après avoir fait le tour de quelques hôpitaux sans succès, ils se sont réfugiés chez cet exorciste. Mais, un coup ça va, un coup leur état de santé se détériore. Le Père André Moudassi qui dit essayer de réanimer ces jeunes filles est lui-même surpris par l’intensité de la crise. Il fait la diaconie des malades, c'est-à-dire des prières exorcistes. " Nous avons beaucoup prié le premier jour, puis j’ai demandé aux parents de laisser partir les enfants en classe. Mais, dès qu’elles ont été à l’établissement, elles se sont mises à gémir de nouveau, à s’agiter et à tomber même", explique-t-il. Les parents, qui ne savent plus à quel saint se vouer, ont dû les ramener chez le prêtre exorciste. Cet après-midi, quatre jeunes filles se trouvent dans la chapelle. En dehors de celle couchée sur le banc, les trois autres sont assises. Le visage hagard, un chapelet enroulé sur le bras ou autour du cou, elles aussi prient, malgré la fatigue intense qu’elles ressentent. Cette fois, l’homme d’église est en train d’asperger de l’eau bénite dans la pièce et sur les filles, il utilise également du sel. Les parents sont aussi là, ils espèrent vivement que les crises vont s’arrêter bientôt. Une bonne frange a même décidé de ne plus renvoyer leurs enfants dans ce collège. " Des mauvais esprits règnent là-bas, le fondateur nous a abandonnés à nous-mêmes. Il sait ce qui se passe ", explique Marguerite Nkogoue, mère d’une des élèves.
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