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Evaluation : Haro sur les élections au Cameroun
Une table ronde sur le réaménagement de l’environnement électoral fait le procès des normes et des institutions.
Quotidien Mutations/jeudi 3 mai 2007
Jean Baptiste Ketchateng
Alain Didier Olinga l’a dit, l’air de rigoler : "ces travaux sont placés sous le signe de l’Etre supérieur". Et à la fin des travaux de vendredi 27 avril dernier, un des participants lui a donné raison : "Il faut croire que Dieu interviendra pour sauver les élections au Cameroun".
Durant la table-ronde qu’organisait à Yaoundé le Centre d’études et de recherches sur le développement intégral, les droits humains et la démocratie, le Cerdidd, l’on a en effet fait le constat qu’au Cameroun, en réalité, il n’y a pas d’élections.
De l’exposé introductif du directeur du Cerdidd, Alain Didier Olinga, qui donnait une perspective globale du réformisme électoral au Cameroun de 1991 à 2006 jusqu’à l’ultime réflexion de Pierre Titi Nwell, du Service national justice et paix de l’Eglise catholique, il n’y avait presque pas de place pour la satisfaction.
"Les lois actuelles sont mauvaises à tel point qu’il ne faut même pas que les gens se les approprient. Il faut que les jeunes notamment le sachent et comprennent que l’on peut faire autrement pour le bien du public, même s’il y a des gens qui sont payés pour réfléchir au statu quo", a lâché M. Titi.
Pour M. Bakary, ex-membre fondateur de l’Undp, c’est depuis les élections législatives de 1992 que "le pouvoir s’est senti en danger" et qu’il organise des fraudes systématiques pour se maintenir en place. Alain Didier Olinga analyse prudemment que le rythme de la réforme électorale n’est pas haletant mais son contenu indique bien la volonté de contrôle et d’adaptation à l’environnement.
L’Onel dans ses deux versions par exemple prouverait que le système se laisse observer comme ailleurs. N’empêche, évalue Titi Nwell, "les lois électorales glissent comme l’eau sur le corps social". D’ailleurs, s’en inspirent-elles?
Sinon, comment comprendre, comme le confirme Me Abdoul Bagui, que la représentation sociologique prescrite par la loi dans la constitution des listes de candidatures aux municipales par exemple, désigne bel et bien la représentation des ethnies ? " Pour parler d’une réalité sociologique, on aurait pu s’y prendre autrement et demander que les candidats s’approprient la culture locale du lieu de l’élection", estime Titi Nwell qui est par ailleurs professeur de sociologie.
Et si pour d’aucuns, tel M. Bakary, la société civile doit se renforcer pour pallier l’échec supposé des partis politiques, d’autres pensent qu’il est plus que temps de retourner à la politique. "L’Eglise catholique, comme la société civile, ne brille pas par l’unité de ses représentants et leur engagement contre ce système électoral qui fausse les règles du jeu", pensait par exemple un intervenant.
C’est le côté humain de l’Eglise rétorque Titi Nwell sans pouvoir s’étendre sur une discussion que les prochains rendez-vous du tout nouveau Cerdidd.
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Peut-on parler des élections dans un pays où la majorité des populations n'a aucune notion de la signification même de ce qu'est la politique. le plus plus souvent, l'homme politique camerounais parle du peuple pour exprimer ses intentions et pour solliciter une place au sein des institutions qui sont supposées servir pour le bien des populations. la question est la suivante : peut ont réellement parler du peuple dans un pays où les hommes se résignent sans aucune mesure face aux abus et aux atteintes à leur droits élementaires? le problème pour moi, ce n'est pas une question de tricherie,ni celui de système électoral, le vrai problème est celui du manque de peuple ( hommes et femmes capables de savoir où se trouve leur vrai intérêt en tant que communauté).
Dites moi la vérité, a quoi servent les élections en Afrique en miniature. Parce que j'ai moi regardé et j'ai vu que c'est pour distraire le peuple qui souffre et qui de temps en temps se rince les yeux la bouche et les oreilles en période de campagne. ici on dépense beaucoup d'argents pour des discours démagogiques, à la fin ceux qui devaient être élus le sont. Puis viennent les contestations qui donnent lieu à des débordements et augmentent la crise et la pauvreté chez les plus pauvres qui ne vivent que de leur commerce au bord de la rue, parce que ne pouvant plus exercer leur activité à cause des gaz latrimogène Pour ma part, il est plus aisé en Afrique de vivre sous un Royaume et certains enlèveront les yeux à la Présidence et se concentreront mieux à leurs activités...