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BAKASSI : Les non-dits de l'attaque contre le cameroun
Le Messager / Lundi 19 Nov 2007
En fin de semaine dernière, nous avons été faire une visite au Bataillon blindé de reconnaissance (Bbr) à Douala. Occasion idoine pour discuter avec des hommes de rang. Leurs positions sur les événements survenus à Bakassi le 12 novembre dernier sont en totale contradiction avec la hiérarchie militaire du pays. Les hommes de rang s’insurgent d’emblée contre le communiqué signé du secrétaire général de la présidence de la République, relatif à l’attaque du Cameroun du côté de Bakassi. “ Les gens s’asseyent à Yaoundé et écrivent des choses qui n’ont rien à voir avec la réalité du terrain. On parle de dix assaillants tués. Où sont les corps de ces gens-là ? Sachez qu’à partir des balles retrouvées sur les victimes, l’on peut remonter la filière jusqu’à ses origines. Pourquoi ne va-t-on pas droit au but ? ”. Notre interlocuteur est vraiment amer. Il dénonce l’armée nigériane. “ On cherche loin, alors que les auteurs sont connus. Ils nous connaissent très bien. Ils nous espionnent au quotidien. Généralement ils sont en civil. Nous les connaissons bien ”. Et pourquoi laisser faire ? “ Si vous les arrêtez, vous faites la prison militaire à Buéa. On est obligé de laisser faire. Et voilà le type de résultat ”. Les militaires de rang sont exaspérés par les pertes en vies humaines enregistrées à Bakassi la semaine dernière. “ Voilà des chefs de famille qu’on perd pour rien. On aurait pu éviter ça. Les militaires nigérians ont beaucoup de chance. Si notre hiérarchie pouvait nous laisser les mains libres. Pour que l’armée nigériane sache de quel bois on se chauffe ”. Et de finir en rejetant la responsabilité sur les autorités. “ De toutes façons, il revient aux personnalités d’arranger la situation. Si le pays se porte bien, on le doit aux autorités civiles. Si le pays se porte mal, on le doit également aux civils. Nous vous regardons faire ”.
Les récriminations des hommes de rang mettent ainsi en exergue la cassure entre la tête et la base de l’armée. La hiérarchie militaire est-elle informée du ras-le- bol de la base ? Pourquoi le ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République choisit délibérément de travestir les données du terrain ? La même duplicité est aussi visible du côté des autorités nigérianes. Abuja attribue l’attaque aux rebelles armés du delta du Niger. Les autorités nigérianes veulent ainsi éloigner les soupçons sur leur armée. Mais, les boucs émissaires – rebelles du delta du Niger – ne se laissent pas faire. Ils démentent quelque implication dans l’attaque survenue lundi dernier. On peut dès lors comprendre l’embarras des autorités des deux pays. Décidément, Bakassi reste une patate chaude de part et d’autre de la frontière entre le Cameroun et le Nigéria.
Temoignage
Un habitant de la région fait des révélations sur l’incident survenu le 12 novembre dernier.
“ Les assaillants ont promis de revenir ”
Vous êtes un habitant de Bakassi. Vous avez des entrées au sein de l’armée. Pouvez-vous nous dire ce que vous savez de cette attaque contre l’armée camerounaise ?
Les militaires camerounais entretenaient un trafic de munitions avec les terroristes appelés Bayassa. L’ancien commandant travaillait de connivence avec eux. La dernière fois, les Bayassa ont donné de l’argent et au moment de venir chercher les munitions, les deux messagers ont trouvé un nouveau commandant. Ils ont cru que celui-ci était dans la même sauce. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Les deux messagers ont donc été arrêtés et transférés à Yaoundé. Les Bayassa ont appris cela. Ils ont demandé la libération de leurs frères et le remboursement de leur argent. Ils l’ont fait savoir aux militaires camerounais. Comme rien n’avait été fait, ils ont donc décidé de mener une expédition punitive.
Comme le lundi est jour de ravitaillement, ils ont organisé un guet-apens et ont tiré sur la pirogue de ravitaillement. Seul le pilote, qui avait été effleuré par une balle sur le front, a pu s’échapper en tombant dans l’eau. On a tué tous ses camarades. Les assaillants ont porté la tenue camerounaise et ils ont pris la direction du camp. En les voyant arriver, les militaires camerounais du camp ont cru qu’il s’agissait de leurs camarades. Les Bayassa en ont profité pour créer la surprise. Ils ont ouvert le feu. On n’a rien pu faire face à cette attaque car nos militaires n’avaient pas d’armes. Les Bayassa sont repartis sains et saufs. Sur place, il y a eu 21 morts et 10 blessés. Hier encore [jeudi 15 novembre, Ndlr], nous avons enregistré deux morts parmi les blessés.
On a des versions différentes sur l’identité des assaillants. Avez-vous des éléments qui vous permettent d’affirmer que ce sont bien les Bayassa ?
Ce qui nous a fait croire que ce sont les gars Bayassa, c’est que les assaillants ont tué sur le chemin du retour deux policiers nigérians de l’émigration, brûlé leur pirogue, et égorgé un douanier nigérian. Ils ont lancé un ultimatum selon lequel ils reviendront pour chercher leur argent et libérer leurs frères arrêtés. Je précise que les deux Bayassa détenus par l’armée camerounaise venaient chercher les munitions.
Peut-on avoir une idée du montant de l’argent versé par les acheteurs de munitions ?
Jusqu’à présent, aucun chiffre n’est révélé. L’argent avait été remis entre les mains du commandant qui n’est plus là. Lui seul savait combien il avait reçu. Nous avons essayé de trouver les gars avec qui le commandant trafiquant travaillait. Mais, il est difficile d’y parvenir. Peut-être que les enquêtes vont déterminer qui ils sont.
Parlez-nous un peu des Bayassa. Qui sont-ils, d’où viennent-ils ?
Ils sont au cœur du Nigéria. La raffinerie se trouve dans leur fief. C’est des gens qui ont promis au président nigérian que le pays ne sera jamais tranquille tant qu’ils n’ont pas pris le pouvoir.
Vous parlez de trafic de munitions. De quand cela date et comment cela se passe-t-il exactement ?
Ce trafic existe depuis que le problème de Bakassi a commencé. Mais il s’est intensifié depuis que le litige a été tranché en faveur du Cameroun. Les militaires camerounais ne faisaient plus grand-chose avec les munitions. Et ils ont trouvé en ce trafic un moyen de se faire de l’argent. Les personnes impliquées sont aussi bien les hauts responsables de l’armée à Bakassi que les moins gradés. Je pense que seules les enquêtes pourront donner plus d’informations.
Vous qui êtes un habitant de la région, comment les populations de Bakassi vivent cette situation ?
Depuis l’attaque, on a fermé le passage du cric. Avant cet incident, presque tout le monde passait par là pour voyager. On a donc suspendu cette voie. Le trafic entre la zone et le Nigéria est interrompu et il faut passer en haute mer. Le mouvement est mort. Et puis, il y a de vives tensions. Les militaires en premier. Ils sont de plus en plus anxieux car ils attendent une autre attaque. Un détachement a été envoyé à Bakassi. La population camerounaise est très remontée contre les Nigérians. Il y a eu pendant quelques jours des scènes de provocation où des Camerounais attaquaient physiquement leurs voisins nigérians. Le sous-préfet a dû demander aux gens de garder leur calme. Mais la tension persiste.
Honoré Foimoukom et Alain Noah Awana
Réaction de Roger POUAMOUN Le 2007-12-03 09:11:31 |
"Le Cameroun est un ilot de paix..." dit-on souvent
Mais M. Biya et ses nuls de ministres savent autant que moi que la paix " n'est pas une absence de conflits mineurs ou majeurs mais plutot les garanties d'une justice sociale qui ne crée pas de fustrations...le calme qui règne présentement sur le cameroun est à mettre à l'actif des camerounais
et non au compte d'un regime ou d'une personne qui gouverne dans les nuées...Viendra un temps ou ils rendront compte car la justice ne sera pas toujours corrompue ou au service d'un homme.
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Réaction de Mba Eméran Le 2007-12-02 18:25:01 | Salut à vous
je suis trés fier du travail d'information que vous nous faites car ici quand nous écoutons la radios on n'as l'impréssion qu'il ya du louche mais grâce a votre travail on peut éssaiyer de mieux appréhender la verité . Je ne peut que vous encourager et nous souhaitons tous que la lumiére soit faite sur ce drame et que les responsables soient séverement punis d'apres la loi militaire car les camerounais qui ont laissé leur peau ne pourrons plus jamais la retrouver. Nous souhaitons que justice soit faite
Je vous remercie
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Réaction de Tangali Le 2007-11-27 14:49:13 | J'en ai marre qu'on prenne les Camerounais pour des cons, je suis triste mais attention!
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Réaction de marlin 444 Le 2007-11-26 13:22:13 |
D emander le pourquoi au bic catica et son homme fort de zoetele . la plus pire des choses: ils ( vaillants Camerounais) sont transportes sur des chariots a bagage pourtant les soldats si on peu dire st la et a titre de recompense
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Réaction de patou de babou(bangangte) Le 2007-11-24 17:49:44 | tout ceci est difficile a comprendre, il me semble l'arme fait l'inventaire de ses armes et munitons chaque jour et envoie un rapport a la hierarchie a yaounde qui ne peut qu'approuver les info venant d son cousin ou neveu a bakassi, c'est ca la gestion de proximite dont le gouvernement famimlial prone tout le temps c'est ca la rigueur ????
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Réaction de nat Le 2007-11-23 18:19:16 | (Isabelle) c'est paul biya
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Réaction de MICHAEL Le 2007-11-21 22:33:03 | QUANT ON NEST CON,CEST POUR TOUTE LA VIE CMMENT LES CAMEROUNAIS PEUVENT VENDRENT CE QUI PEUS LEUR SERVIR A DEFENDRE D ABORG LEUR VIE ET EN SUITE LE PAYS,TOUT CELA C EST L INPUNITE DU PRESIDENT BIYA QUI A ENCOURAGER TOUT CELA DEPUIS QU IL DOR AU POUVOIR OU IL FAIS SEMBLE DE DORMIR ET SUPORTE CEUX QUI VEULENT VRENDRE LE PAYS
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Réaction de claude laurent Le 2007-11-21 17:24:20 | Le militaire est pointilleux et meticuleux par la rigueur de sa discipline. Il est donc inadmissible qu'un trafique pareil dans une zone aussi sensible se passe pendant si longtemps sans que les responsables de cette operation ne soient au Tous les chefs operant ds BAKASSI doivent payer cette negligeance qui a endeuille des familles. TOUTES MES CONDOLEANCES AUX FAMILLES EN QUESTION
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Réaction de Martin Le 2007-11-21 14:24:45 | Et c'est les nombreuses familles de victimes qui en patissent!
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Réaction de Bolo Le 2007-11-21 00:30:15 | L'armée camerounaise est trufée de petits frères, cousins, neveux de tel ou tel ministre, DG, PCA, président de section RDPC, etc,
qui ayant longtemps passé le temps à monter des braccage au quartier, il fau enfin les loger quelque part : alors confusion totale.
Tout le monde la sais, et tout le monde l'accepte.
Que voulez vous.
Un seul mot : continuons.
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Réaction de Louise de Douala Le 2007-11-20 15:32:06 | une histoire comme celle là, n'importe qui peut la monter. Pourquoi ne pas donner les noms de ces bringands de bon chémin qui, pour de l'argent, ont causé ce carnage ? Ils doivent répondre de leurs actes, fussent-ils gradés.
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Réaction de maddy Le 2007-11-20 14:36:06 | Savez vous que à l'entrée de bakassi on prends toutes les armes des "petits"?
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Réaction de AHIDJO JUNIOR Le 2007-11-20 14:31:45 | Vous etes responsable de tout mon commandant du secteur(comsecteur) pour quoi les armes étez en bateri dans un secteur de surveillance? le rassemblement de troupe sans leurs armes? en bref,nous voulons nos soldats.
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Réaction de ahmadou Le 2007-11-20 10:30:07 | Ce sont des affirmations spécieuses .Pourquoi ne donnez vous pas les noms?
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Réaction de Isabelle Le 2007-11-19 17:20:55 | Le responsable c'est qui ? Même les militaires sont corrumpus. Mon pays va mal.
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