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VOLTE-FACE :Le Nigéria veux reprendre Bakassi

Après l’attaque des soldats camerounais dans la presqu’île, des Sénateurs nigérians remettent en cause les accords de Greentree Le Messager/Lundi 26 nov
Le Sénat nigérian a signé jeudi une pétition adressée au président Umaru Musa Yar’Adua, lui demandant d’arrêter le processus de rétrocession de la presqu’île de Bakassi au Cameroun. Les membres de la haute chambre soutiennent que les accords signés par l’administration de l’ancien président Olusegun Obasanjo n’ont pas été soumis à la ratification du parlement, et vont surtout contre les dispositions de la section 12 (1) de la constitution de 1999. Cette partie de la loi fondamentale nigériane stipule qu’ “ aucun traité entre la Fédération et un autre pays ne peut avoir force de loi, sauf s’il a été transformée en loi par l’Assemblée nationale. ” Les sénateurs précisent dans cette pétition intitulée “ la crise pendante de Bakassi et le sort incertain des populations ” que la décision prise par l’ancien président était unilatérale. Le vice-président du sénat, Ike Ekwerenmadu, va plus loin pour dire que la Cour Internationale de Justice de la Haye avait déjà tranché cette affaire en faveur du Cameroun, malgré les arguments historiques, politique, culturels et légaux présentés par le Nigéria. Il accuse en outre l’ancien président nigérian de s’être engagé à signer les accords du 14 août 2006 sans daigner les présenter au Parlement pour ratification. De son côté, le président de la cellule de l’information du Sénat, Ayogu Eze, explique davantage la position de la Chambre. “ Techniquement parlant, rien n’a été cédé. Au regard de la loi, Bakassi fait toujours partie du Nigéria, puisque les parties supposées cédées sont toujours listées dans la constitution. Jusqu’à ce que la Constitution soit amendée, ces parties restent nigérianes. L’acte de rétrocession devrait être sanctionné par un acte du parlement, et jusqu’à ce que cela soit fait, nous considérons que ces parties font toujours partie du Nigéria ”, dit-il, relayé par le quotidien nigérian Punch.
Récupération
Dans le chapitre des réactions, l’ancien président de la commission mixte Cameroun-Nigéria chargée du différend entre les deux pays, Ahmedou Ould-Abdalah, a affirmé vendredi sur les antennes de la British broadcasting coorporation (Bbc), ne pas bien comprendre cette position du Sénat. Pour l’instant, les deux gouvernements nigérians et camerounais n’ont pas officiellement réagi à cette demande.
Les observateurs notent cependant que cette sortie intervient deux semaines après les évènements tragiques qui ont coûté la vie à vingt et un (21) soldats camerounais sur l’île. Certains politiciens nigérians, qui n’ont jamais voulu se plier à la décision de la Cour internationale de Justice, veulent saisir l’occasion de la subite montée de tension à Bakassi, pour retourner le peuple, sous prétexte de compatir à leur sort. Et surtout mettre à mal le gouvernement d’Abuja, qualifié à tord ou raison de prolongement de l’administration de l’ancien président. Le Nigéria a déjà renforcé ses troupes à la frontière après les évènements d’il ya deux semaines, mais les défenseurs de la pétition estiment que la population de Bakassi, essentiellement nigériane, souffre énormément des effets du transfert du territoire au Cameroun, sans dire comment. Pourtant, jusqu’en 2008, ce sont les lois civiles nigérianes qui resteront en vigueur dans l’île, malgré le retrait depuis le 14 août 2006 des soldats.
Visiblement, le Cameroun a encore fort à faire pour taire les velléités nigérianes sur l’île, qui comporterait jusqu’à 10% des réserves pétrolières mondiales.
Roland TSAPI
Me Ben Muna, ancien batonnier
“ C’est de la surenchère politique ”
La déclaration du Sénat nigérian ne représente absolument rien par rapport à une décision prise à l’échelle internationale par un tribunal. Surtout que le Nigéria était partie prenante de la décision, il était membre du tribunal qui a pris la décision de rétrocéder la presqu’île de Bakassi au Cameroun en 2002. Par ailleurs, les accords de Greentree, qui entérinent la décision de justice, ont été paraphés en août 2006 y compris par le Nigéria. On comprend donc mal aujourd’hui, que le Sénat nigérian veuille tout remettre en cause. C’est une attitude qui procède davantage d’une certaine gesticulation politique. Si le Nigéria voulait sincèrement attaquer le verdict rendu par le tribunal international, il devait le faire depuis longtemps. Y compris pendant les pourparlers entre les parties concernées, le Nigéria aurait pu décrier l’incompétence du tribunal international sur cette affaire. Pourquoi avoir seulement attendu l’incident du 12 novembre qui a fait 21 morts chez les soldats camerounais ? C’est ce qui me fait dire que le Nigéria fait de l’agitation politique. J’ai l’impression que depuis le départ de Obasanjo, des rivalités politiques se font jour entre diverses factions opportunistes du Nigéria. Chacune des factions veut montrer qu’elle a le contrôle de la situation dans la zone de Bakassi. Il n’est donc pas exclu que les déclarations du Sénat nigérian se situent dans ce contexte, rendu encore plus agité avec l’affaire des 21 soldats camerounais tués dans cette presqu’île. Et la polémique qui continue d’enfler sur les causes véritables de leur mort, la vraie identité des assaillants. Je pense sincèrement que c’est de la surenchère politique.
Propos recueillis par
Jean-Célestin EDJANGUE
Pr. Luc Magloire Ondoa, Constitutionnaliste
“ Les décisions internationales s’imposent aux instances nationales des Etats ”
Ce que raconte le Sénat du Nigéria, à propos de Bakassi, est tout simplement impossible. Les décisions internationales s’imposent aux instances nationales. Et cela est vrai pour tous les Etats. Ce qui se passe actuellement au Nigéria, depuis le départ du président Obasanjo, n’est ni plus ni moins que de l’agitation politique. Les organes et hommes politiques du Nigéria essaient d’utiliser une affaire internationale pour resserrer les rangs au niveau national. C’est une tactique classique. C’est exactement ce que fait le Front National en France, chaque fois qu’il veut redorer son blason. Il s’en prend aux immigrés, comme bouc émissaire. Désigner un ennemi qui favorise le ralliement d’un certain nombre de personnes et d’opinions, comme étant l’origine des malheurs qui frappent le pays, permet de reconstruire le sentiment national autour de cet ennemi. C’est ce qui est en train de se passer au Nigéria où le désordre semble s’être installé avec le départ de l’ancienne équipe dirigeante. L’affaire Bakassi apparaît aux yeux des nouveaux maîtres de ce géant de l’Afrique comme un prétexte tout trouvé pour être considéré comme les défenseurs acharnés de la souveraineté nationale. Il faut savoir qu’à un moment donné, les Nigérians espéraient sincèrement emporter la décision du tribunal et des instances internationales. Comptant notamment sur les richesses pétrolières et l’appui de certaines puissances occidentales. Or, c’est le Cameroun qui a eu raison. C’est en sa faveur que s’est prononcée la communauté internationale et le droit. Aujourd’hui, soit plus d’un an après les accords de Greentree, les Nigérians se rendent compte qu’ils ont vraiment perdu tout espoir de reprendre Bakassi. Alors, ils tentent des gestes désespérés, tout en sachant que c’est peine perdue. Ils font de l’agitation politique sur une question étrangère pour reconquérir l’opinion nationale
Propos recueillis par
Jean-Célestin EDJANGUE
Roland TSAPI et Jean-Célestin EDJANGUE
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je ne sais pas pourquoi les dirrigeant du cameroun confondent la tolerance à l'ignorance,à l'inertie comme le presice le president.
de toute les manieres la revolution verte se prepare pou 2011
Si biya est candidat en 2011, il sera assassiné les jours qui suivent il le sait