Vendredi 16 Mai 2008

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Révision constitutionnelle : Biya s’offre une immunité à vie

Finalement, l’affaire des arrestations de quelques anciens ministres et leurs ex-collaborateurs apparaît comme un leurre destiné à distraire l‘opinion avant d’introduire, nuitamment, le projet de loi modifiant la constitution de 1996 au parlement. Alors que l’opinion et les chroniqueurs étaient tous absorbés par le décompte des arrestations et s’émouvaient encore des humiliations grotesques infligées à ces hauts responsables, pourtant présumés innocents, le pouvoir a envoyé le projet de loi portant révision de la constitution au parlement. Ceci qui fait comprendre que le président de la République n’est pas dupe.

La Nouvelle Expression / Mardi 08 Avril

Il sait que les émeutes de février étaient exacerbées par ce contexte où il annonçait sa décision de se maintenir au pouvoir au-delà du terme initial, après tout de même quelque 30 années d’exercice de la magistrature suprême. Trente années au cours desquelles il n’a pas eu, loin s’en faut, la main heureuse. Le président a donc compris que son projet de modification constitutionnelle ne se passerait pas sans que ceux qui sont contre lui le fassent savoir, et que le risque d’un nouveau soulèvement populaire n’était pas à exclure. Aussi choisit-il de donner des gages et du grain à moudre à une opinion affamée, qui ne rêve légitimement que de voir ceux qui pillent la république rendre gorge, mais qui sait aussi faire la différence entre l’écume et la lame de fond. Ainsi, l’arrestation en début de semaine dernière, de quelques anciens ministres lui permettait d’apaiser l’opinion et d’attiser ses faveurs et, en tout cas, de détourner son attention pendant que Paul Biya garantirait son avenir présidentiel. On observera aussi que le grand toilettage annoncé pour justifier la révision de la constitution n’aura pas lieu. Alors que Paul Biya promettait de “réexaminer les dispositions de notre constitution qui mériteraient d’être harmonisées avec les avancées récentes de notre système démocratique afin de répondre aux attentes de la grande majorité de notre population ”, il s’est contenté de faire sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels.

Comme d’habitude, le président n’a pas changé de technique. Pour les textes importants, sur lesquels il ne souhaite pas beaucoup de débat, il a coutume de prendre les députés de court, peu avant la clôture de la session. Aussi a-t-il attendu l’approche de la fin de la session actuelle pour envoyer le projet de révision constitutionnelle au parlement. Cette technique permet à ses hommes au sein de l’Assemblée de plaider l’urgence de voter la loi avant le terme légal de la session. On voit bien que Paul Biya n’a voulu prendre aucun risque. Du haut des 153 députés, il est assuré d’obtenir un quitus, en quelques heures seulement, pour s’offrir de longues nouvelles années à la tête du pays. Une opération d’autant plus aisée que ces députés ont été préalablement conditionnés par René Sadi sur les dangers d’une velléité d’indépendance. René Sadi, le secrétaire général du Comité central du parti présidentiel les a en effet réunis pour les informer de ce que les députés qui refusaient d’obéir aveuglement aux diktats du parti seraient purement et simplement déchus de leur mandat. “ il y a lieu de réaffirmer que votre mandat n’est rien moins qu’un mandat de soutien de cette politique des Grandes Ambitions ”, a-t-il dit aux parlementaires Rdpc médusés. Les menaçant même d’appliquer à l’encontre des députés rebelles, l’article 22 de la loi n° 91/020 du 16 décembre 1991 et ses modifications subséquentes [qui] précise aussi d’une part, que les conditions d’éligibilité doivent continuer d’être remplies pour le député et le suppléant pendant toute la durée du mandat, et d’autre part, ”qu’est déchu de plein droit de la qualité de député ou de suppléant, celui qui, en cours de mandat, est exclu ou démissionne de son parti ”.

Principe
La menace était claire, et il y a fort à parier que les 153 députés Rdpc feront le plein d’œuf pour apporter leur onction au projet de prolongation au pouvoir de Paul Biya. Pourtant, les plus optimistes ont espéré que le président de la République choisirait la voie référendaire, qui donnerait une onction populaire à son programme d’éternité au pouvoir. Une telle option paraissait d’autant plus logique que Paul Biya, dont le parti vient de remporter le double scrutin législatif et municipal du 22 juillet, n’avait en principe rien à craindre, puisqu’il se targue de jouir d’une popularité croissante.

En tout cas, l’option référendaire aurait tout de même permis à Paul Biya de sauver les apparences, en permettant que la campagne préalable au référendum donne au moins l’occasion de débats sur le bien fondé ou non de sa démarche. Un débat où il a été convié par tous, ici comme ailleurs. John Fru Ndi, le leader de l’opposition, a été de ceux, à l’intérieur, qui ont demandé la mise en place d’une instance composée de forces politiques de tous horizons, pour plancher sur toute la constitution pour l’améliorer là où le besoin se présenterait. Adamou Ndam Njoya, le président de l’Udc, a fait mieux en envoyant au parlement un proposition de loi portant modification de la constitution, une manière d’inciter au débat sur les aspects de la constitution qui mériteraient d’être réélus et éventuellement corrigés. A ces appels au débat venus de l’intérieur du pays, Paul Biya est resté sourd, préférant n’entendre que les motions de soutien venus d’une partie de l’élite de son parti, qu’il a vite fait de baptiser “ grande majorité de la population ”.

D’autres instances étrangères à qui on prête généralement de l’influence ont, en vain, appelé Paul Biya à organiser un débat large -ou grand- sur son projet de réviser la constitution. Le dernier appel en date est celui de l’Union européenne qui, dans une déclaration de la présidence de l’Union, “souligne l’importance de soumettre les propositions de révision constitutionnelle à un débat large, libre et ouvert, incluant toutes les composantes de la société camerounaise ”. Avant l’Union européenne, c’est l’ambassadeur des Etats-Unis, Janet Garvey, qui avait émis le vœu au nom de son pays, de voir le gouvernement camerounais organiser un débat participatif autour de cette question : “ J’attends avec un vif intérêt votre dialogue national sur la révision de la Constitution, qui interviendra dans les prochains mois ou les prochaines années. (…) “ décision capitale comme celle concernant la révision d’une Constitution devrait être prise à travers un dialogue national dans lequel la voix de chaque parti politique, chaque organisation de la société civile ou d’affaires, des étudiants, des enseignants, des travailleurs, des journalistes - bref, chaque Camerounais, dans la mesure du possible - puisse être entendue sur une question d’une importance capitale. Le résultat d’un tel dialogue serait une décision acceptée et soutenue par tous, dans la paix et la fraternité.”

Ces appels au dialogue ont été superbement ignorés puisque le président, n’écoutant qu’une partie de son camp, s’en va user des “ majorités claires ” issues des élections pourtant contestées du 22 juillet dernier pour imposer une modification de la constitution de 1996, aux seules fins de s’offrir autant de nouveaux mandats qu’il le souhaite. Le débat tant souhaité était d’autant plus indispensable que l’élection n’est que dans trois ans (l’élection présidentielle est certaine, mais lointaine, disait le chef de l’Etat), et qu’il y a largement le temps de mener des consultations nécessaires pour que toutes les catégories sociales et toutes les forces politiques puissent s’exprimer et contribuer à la formation d’un consensus indispensable à la préservation de la paix et de la stabilité. En choisissant le passage en force, le chef de l’Etat n’ignore certainement pas qu’il grossit les rangs des frustrés.

François Bambou

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Réaction de limaisssou emmanuel
Le 2008-04-25 17:07:12

la revision constitutionnelle au cameroun dans son article 6 est une fraude de la contitution.le peuple souverain devrait par mode referendaire donner son point de vu.il n'apartient pas à un part majoritaire de jouer une revision constitutionnelle


Réaction de watsak
Le 2008-04-10 14:02:10

je pense que Biya choisit la mort du cameroun qu'il pense deplacer avant sa mort, hélas après lui, le camroun sera


Réaction de leuppue raymond
Le 2008-04-10 12:48:16

ont na par bessoin que ce gouvernement va ce vaire voir et nom a la revision de la contistution.


Réaction de Prince
Le 2008-04-08 20:23:08

On avait pas besoin de sacrifice pour cela. Mauvaise vision politique.


Réaction de cynthia
Le 2008-04-08 11:26:42

Qu'il aille se faire foutre!!




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