Vendredi 16 Mai 2008

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Cavaye Yeguie Djibril:«On n’achète pas un député, c’est un homme d’honneur »

Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale, tire les leçons de la récente session et revient abondamment sur les avancées démocratiques des nouvelles dispositions constitutionnelles.

Cameroon-tribune / Mardi 15 Avril

M. le président, quel est le regard rétrospectif que vous jetez sur la session qui vient de s’achever et notamment sur la qualité des travaux relatifs aux modifications apportées à la loi du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 2 juillet 1972?

Je ne peux qu’être satisfait et à plus d’un titre. D’abord en tant que militant du RDPC, je me réjouis du vote de ce projet, initié par le président national de mon parti S.E.M. Paul Biya, président de la République, chef de l’Etat.

En tant que Camerounais, je constate, pour m’en féliciter, que la volonté populaire a été honorée. En effet, n’oublions pas que l’initiative du président de la République, procède d’une demande venue avec insistance et à maintes occasions, des Camerounaises et des Camerounais qui n’ont pas cessé ces derniers temps de réclamer la révision de notre loi fondamentale. Le président de la République a écouté et agi en conséquence.

Etes-vous satisfait de la manière dont se sont comportés l’ensemble des parlementaires lors de cette session ?

Tout à fait. Ma satisfaction à ce niveau est de constater avec plaisir que les députés à l’Assemblée nationale ont examiné et voté le projet, dans la sérénité mais surtout avec un patriotisme avéré. Car, au-delà des positions partisanes, les débats ont été nourris et riches, la réflexion sérieuse et intense, la preuve, le volume des amendements proposés autant par le gouvernement lui-même, que par les députés toutes tendances confondues. Je l’ai fait dans mon discours de clôture, je réitère ici mes vives félicitations à l’ensemble des députés et au gouvernement, les premiers pour leur sens des responsabilités, le second pour sa disponibilité, son esprit d’ouverture et sa profonde volonté de collaborer véritablement avec le législatif.

Une certaine opinion soutient que l’argent aurait beaucoup circulé pour amener les députés a adopter ce projet de loi. Comment réagissez-vous à ce sujet ?

Je le dis sans ambages : on n’achète pas un député. Si tel avait été le cas, c’est dire que les députés de l’opposition avaient aussi reçu de l’argent, alors pourquoi sont-ils sortis de l’hémicycle au moment du vote ? Eh bien, qu’ils viennent donc rembourser l’argent qu’ils ont reçu puisqu’ils n’ont pas honoré le contrat qui les liait je ne sais à qui. Non, soyons sérieux. Un député est un élu. Il représente la nation. Les intérêts de celle-ci passent avant tout.

Le député, par ailleurs, est un homme d’honneur. On ne l’appelle pas Honorable pour rien. Il doit faire honneur au mandat que le peuple lui a confié. Prendre de l’argent pour assurer ce mandat, c’est trahir le peuple qui l’a élu, c’est bafouer son honorabilité, c’est un parjure qui ne dit pas son nom. Ceux qui disent cela, insultent tout simplement les députés et ceci est inadmissible. C’est de la diffamation pure.

Les parlementaires ont quand même été gratifiés de nombreux avantages au cours de cette session…

Je l’affirme, les députés non membres du bureau ont reçu à l’occasion de la dernière session et pour la première fois leur prime de session. Ils continueront de la percevoir à chaque session désormais. C’est une promesse qui avait été faite en début de législature. C’est donc un avantage qui leur est dû à la suite d’une décision du bureau, à la demande des députés eux-mêmes. Tout comme désormais, les mêmes députés non membres du bureau, recevront un crédit automobile non remboursable, ce qui n’était pas le cas par le passé. Tout ceci participe d’un double souci : améliorer les conditions de travail du député d’une part, d’autre part, réparer ce qui apparaissait comme une injustice car, dans tous les parlements du monde les députés ont des indemnités de session.

Cela peut-il s’appeler de la corruption de député ? J’en doute fort.

L’opposition, le SDF notamment, estime avoir été prise en otage. Que répondez-vous à cette critique ?

Je voudrais comprendre, « l’opposition prise en otage », c’est-à-dire que ses membres ont été séquestrés quelque part je présume ? Et pourtant les députés du SDF sont sortis librement et de leur propre gré de l’hémicycle au moment où nous engagions l’examen du projet en plénière. Avez-vous entendu qu’ils ont été inquiétés par qui que ce soit, avant, pendant et après notre plénière d’adoption ? l’UDC et le MP ne sont-ils pas aussi de l’opposition ? Et pourtant leurs députés sont restés dans la salle, participant à toutes les phases de l’examen du projet.

Avez-vous un regard particulier sur la participation des députés de l’opposition aux débats et au vote des projets de loi ?

Je crois que ce que nous devons constater aujourd’hui c’est la forfaiture d’une certaine opposition. Son refus du débat citoyen et démocratique, son refus d’assurer sa charge parlementaire, c’est un déni du mandat dont sont détenteurs des députés de cette opposition.

Je rappelle ici que les mêmes qui sont sortis de l’hémicycle ont pris part à tous les débats en commission. Ils étaient aussi prolifiques en amendements que l’étaient les autres partis. Au moment de conclure le travail qu’ils ont commencé avec les autres, ils se sont débinés, c’est vraiment le cas de le dire. Ils ont tout simplement fui leurs responsabilités. Les Camerounais, leurs militants et leur électorat devraient en tirer toutes les conséquences qui s’imposent et les sanctionner à l’occasion des prochaines échéances.

Certains pourfendeurs du projet ont même pu parler de « coup d’Etat constitutionnel. » Que répondez-vous à cela ?

Parlant de coup d’Etat constitutionnel, ils sont seuls à savoir de quoi il est question. Notre président de la République continue d’assurer, en toute quiétude ses fonctions. Jouissant de ses prérogatives, il a soumis un projet à la représentation nationale qui l’a examiné et adopté conformément à toutes les dispositions légales et réglementaires en vigueur en la matière sans que cela suscite quelques remous particuliers dans notre environnement national. Honnêtement, au lieu de parler de coup d’Etat constitutionnel, nous devrions parler d’une éclatante remise en ordre constitutionnelle. Le Cameroun, notre cher et beau pays en avait besoin pour consolider sa démocratie.

Certains observateurs pensent que la révision constitutionnelle opérée ne vise qu’à permettre au président Paul Biya de s’éterniser au pouvoir. Quel est votre avis là-dessus ?

Ecoutez, que le président Paul Biya se présente à l’élection présidentielle de 2011 ou à celles qui viendront après et autant de fois que ses capacités physiques, intellectuelles et les dispositions constitutionnelles le lui permettront, personnellement je soutiendrai toujours sa candidature pour des raisons évidentes. Mais lui prêter l’intention de vouloir s’éterniser au pouvoir, cela n’engage que ceux qui le disent. Mais nous n’en sommes pas encore là. Premièrement, parce que le président Paul Biya n’a fait des confidences à personne quant à sa volonté de briguer un nouveau mandat. Deuxièmement, si cela devait arriver, il ne fermera certainement pas la porte aux autres candidats. Le Cameroun est une démocratie, une vraie ! C’est un Etat de droit. Portez-vous candidat en 2011 ou après, si vous réussissez à convaincre les Camerounais, pourquoi ne voteront-ils pas pour vous ?

Quelles sont les autres avancées constitutionnelles contenues dans le projet de loi adopté ?

C’est désormais une loi maintenant que le projet a été amendé et adopté par l’Assemblée nationale et promulgué par le président de la République. Je crois que toutes les dispositions contenues dans cette loi doivent être perçues comme étant des avancées constitutionnelles autrement on ne les aurait pas proposées pour une révision de notre loi fondamentale. Prenons par exemple la limitation des mandats présidentiels. Cette ancienne disposition était un recul pour le Cameroun. En la supprimant, ce n’est même plus une avancée, c’est plutôt une remise des choses dans un ordre normal en conformité, avec la tradition qui n’avait jamais prévu de limitation du nombre de mandats présidentiels. L’élargissement des délais qui étaient de 20 jours à 40 et qui sont désormais de 20 jours à 120 pour l’organisation de l’élection présidentielle en cas de vacance, est une avancée notable. Quand on connaît les réalités de notre pays à divers niveaux et particulièrement sur le terrain, les premières dispositions étaient irréalistes. Les nouvelles précisions quant à la chronologie de l’organisation des sessions ordinaires du parlement, les modalités de prorogation ou d’abrégement du mandat des députés, l’harmonisation du mandat des membres du conseil constitutionnel avec ceux des autres organes élus ou désignés, la possibilité donnée désormais aux seules communes d’élire les sénateurs si jamais la mise en place du sénat intervenait avant celle des régions, ce sont là, à mon humble avis, autant d’avancées que nous pouvons retenir dans la nouvelle loi.

Propos recueillis Par WAFFO MONGO

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Réaction de aillier gauche
Le 2008-04-17 15:29:38

LA VACHE DE YAGOUA KIBRILLE ATAN TON TOUR pédé


Réaction de BepandaBoy
Le 2008-04-15 16:17:04

Cavayé Y. Djibril! Soyez moins pompeux. De quel Kamerun parlez vous! Le Kamerun est il beau? Soit vous perdez la notion de beauté ou vous vous moquez du pays! C'est les memes discours. Et de l'intéret de la Nation dont vous agissez. Est ce cet interet qui vous donne le droit d'allonger la liste des admis en Faculté de Médecine( Université de Douala), favorisant vos Neveux incapables de concourir pour faiblesse intellectuelle?




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