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Ciment : de nouvelles armes contre la pénurie

Un train de mesures destinées à renforcer la production de Cimencam et assurer la stabilité des prix vient d’être adopté.
Cameroon-tribune / Mardi 15 Avril
La hausse du prix du ciment décidée par la société « Les cimenteries du Cameroun » (Cimencam) en fin mars et effective depuis le 4 avril dernier, est annulée. Dans la même foulée, Cimencam annonce pour la fin du mois de septembre, une augmentation de sa production de l’ordre de 600 000 tonnes, la suspension temporaire des exportations du CPJ 35 (le ciment ordinaire), excepté vers la filiale tchadienne de Cimencam et pour les ciments spéciaux… Pour les populations de Yaoundé, une des résolutions des conseils d’administration ordinaire et extraordinaire tenus mardi dernier à Douala, est particulièrement intéressante. L’envoi de convois à destination de la capitale a en effet été décidé, pour une durée de dix jours. L’arrivée du premier convoi a donné lieu, vendredi dernier, à une fièvre inhabituelle au dépôt Cimencam, au quartier Nsam.
La scène se passe de commentaire. Une foule bruyante a envahi la cour du dépôt Cimencam de Yaoundé. Dans le hall principal, des ouvriers s’activent autour de véhicules en cours de chargement. Un homme en tenue de travail tient une sorte de bordereau. Très courtisé, l’homme aux lunettes médicales doit se déployer sur plusieurs fronts. Pas moyen de lui extorquer une traîtresse explication. Et puis, dans tous les cas, il n’est pas habilité à répondre aux questions de la presse. Seul le chef (de dépôt) peut le faire. Ce sera tentative veine de l’approcher. Il est trop occupé à répondre aux sollicitations des clients. Devant la porte du bureau, une bande d’ « affamés » se marche dessus. Les injures fusent. Un agent de sécurité abdique, sous la pression de la quarantaine de personnes qui cherchent chacun de s’introduire dans le « sanctuaire ».
Dehors, l’ambiance est tout aussi chaude. Accrochés aux barreaux de la fenêtre du chef de dépôt, une grappe de personnes tente d’introduire une carte d’identité, pour se faire enregistrer… Un jeune homme se plein : « Je suis arrivé ici à 5h du matin. On nous a mis en rangs de 25. Mais, bizarrement, des gens arrivés après nous se sont déjà fait servir… » Il est déjà 12h. Aujourd’hui, comme pour les prochains jours, il sera certainement très difficile de satisfaire tout le monde. Surtout que l’approvisionnement d’urgence ne va durer que dix jours. Une angoisse qui, de source proche du ministère du Commerce, ne devrait plus durer très longtemps. Ici, on annonce l’imminence de l’arrivée de la première cargaison de ciment importé, à la suite de la libéralisation du secteur.
Selon notre source, un bateau déjà en route est attendu au port de Douala dans les tout prochains jours. De même, de nombreux importateurs camerounais déjà agréés par le Mincommerce ont engagé des transactions avec des opérateurs à travers le monde. De l’aboutissement de ces démarches dépend la stabilité de l’offre de ciment au Cameroun. Car, il est clairement démontré que l’offre de Cimencam, et même après le surplus de 600 000 tonnes annoncé, ne saurait satisfaire la demande nationale et celle des autres pays de la sous-région Afrique centrale. L’un des effets pervers de cette insuffisance étant l’entrée en scène de spéculateurs, qui renchérissent frauduleusement le produit. Bien heureusement, la brigade de contrôle et de la répression des fraudes y veille. Le chef de cette unité logée au Mincommerce, affirme que l’action menée sur le terrain a permis de réduire significativement la quantité de ciment qui, auparavant, sortait des circuits formels de vente, pour être écoulée sous cape, à des prix non homologués.
Serges Olivier OKOLE
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