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Sylvie Deleule : Equinoxe Tv voulait sortir des sentiers battus

Réalisatrice pour l'émission " Toutes les télés du monde " diffusée sur Arte, elle a vécu la fermeture d'Equinoxe pendant qu'elle tournait son magazine au Cameroun.
Le Jour / Mardi 15 Avril
Vous venez de séjourner au Cameroun où, pendant deux semaines, vous avez tourné un documentaire dans le cadre de Toutes les télés du monde, une émission de Arte.
Parlez-nous un peu de cette émission.
Il s'agit d'un magazine qui existe depuis bientôt quatre ans. On a traité à peu près une centaine de télés dans le monde entier. C'est une émission hebdomadaire qui est diffusée sur Arte. En fait, à chaque édition, nous nous intéressons à la télévision d'un pays. On essaie de montrer en quoi elle reflète ou pas, les problématiques, la vie d'une société.
Pendant deux semaines, vous vous êtes familiarisée avec la télévision camerounaise comme téléspectatrice et aussi comme journaliste. Qu'est ce que vous en pensez ?
C'est une télévision qui est jeune. On sent que c'est une télévision qui ne demande qu'à s'étendre, qu'à se développer. Le Cameroun c'est un pays qui a une énorme richesse culturelle et on se dit que la télévision c'est un outil idéal pour montrer cette richesse. Mais on sent bien qu'il y a des problèmes qui se posent : des problèmes de moyens, d'accessibilité, notamment en ce qui concerne la réception des chaînes. Sur le plan technique, on sent que c'est encore en développement. Ce qui m'a frappée en revanche, c'est la diversité. C'est-à-dire que chaque chaîne est très identifiable et très identifiée. Elles ont chacune une identité extrêmement marquée. Or, quand une chaîne se développe, c'est aussi grâce à son identité, en marquant très bien son territoire.
L'émission a fait le tour d'une centaine de télés à travers le monde. Comparée aux télés d'autres pays africains par exemple, quelle est la spécificité de celle du Cameroun ?
Personnellement, il s'agit là de mon 5ème film pour Toutes les Télés du Monde. En Afrique, je ne connais que la télévision marocaine. Et là je dirais qu'il y a quelque chose d'assez semblable, même si la télévision marocaine est plus ancienne parce qu'elle date des années 60, alors que celle du Cameroun date des années 80. Dans les deux cas, il y a d'abord eu une télévision publique très forte, très présente, qui était une véritable télévision d'Etat et, à un moment donné, l'arrivée de la libéralisation de l'audiovisuel a modifié la manière dont cette télévision publique se comportait.
Au Maroc, l'arrivée de la première chaîne commerciale a obligé la chaîne publique à évoluer et changer sa manière d'aborder les problématiques de la société. On a le sentiment qu'au Cameroun c'est un peu pareil. C'est-à-dire que la Crtv qui était la grande télévision d'Etat, avec l'arrivée de Canal 2, a dû s'adapter et cibler un public plus large et divers. C'est très positif. Le revers de la médaille, c'est que ces chaînes ne deviennent que commerciales. C'est un peu le problème auquel, nous, en Europe, sommes confrontés. C'est-à-dire qu'on a des chaînes qui sont devenues des mastodontes commerciaux et à partir de ce moment là, on ne sait plus très bien, en terme de qualité, où elles se situent. Au Cameroun, on n'en est pas encore là et je trouve que c'est intéressant à voir.
Comment avez-vous apprécié les programmes des différentes chaînes que vous avez regardées ?
C'est un peu sur la même lignée que celles des autres télés qu'on a faites jusqu'à présent. Pour l'instant, il y a un léger équilibre entre une information très institutionnelle, représentée par la chaîne d'Etat, la Crtv, et des choses un peu plus légères qu'on retrouve dans les autres chaînes. C'est un équilibre classique. Ce qui m'a le plus frappé au Cameroun, ce sont les individualités. Ce ne sont pas les programmes qui sont intéressants ou originaux en soi. En revanche, je trouve que ceux qui les font, ont de très fortes personnalités et c'est eux qui tirent les programmes vers le haut. Les rencontres que j'ai eues ici lors du tournage se sont révélées très enrichissantes et très fortes.
Quelques programmes et quels gens vous ont marqué en particulier ? Tous ceux que nous avons interviewés. C'est très rare que ça arrive. On a eu la chance de rencontrer que les gens à très forte personnalité et vraiment très riche. Il y a bien sûr Charles Ndongo, qui est un peu une institution ici ou encore Suzanne Kala-Lobé ! Ensuite, il y a tous ces jeunes qui commencent seulement à faire de la télévision à travers des émissions d'humour. Il y en a énormément : l'équipe des Déballeurs, qui est très talentueuse, le Kardinal Aristide et toute l'équipe du Journal du Bien sur Stv, Fingon Tralala et ses pastiches de clips dans Du clic au clac, sur Canal 2, etc. On a vraiment l'embarras du choix.
Vous avez aussi vécu la fermeture d'Equinoxe Tv en direct…
En tant que défenseur de la pluralité médiatique, je dirais que c'est terrible. Pour notre équipe, ça a été un vrai choc, car nous nous trouvions là par hasard le jour de sa fermeture et tous ces gens, ces téléspectateurs, massés à l'extérieur, on voyait vraiment leur déception, leur désespoir même… J'ai été impressionnée par l'originalité et le ton d'Equinoxe, on sentait son envie de sortir des sentiers battus. Surtout que Equinoxe c'est un peu à l'image de ce que je disais : un manque de moyens évident, mais on sent qu'il y a une équipe de journalistes extrêmement motivés qui ont envie de faire des choses et qui ont essayé.
Jean Bruno Tagne
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Quand on lit certaines réactions, on comprend très bien que leurs auteurs n’ont rien à dire et se cachent derrière des pseudo pour étaler leur bêtise et leur ignorance. Sinon, comment comprendre que des gens normalement constitués insultent au lieu de donner intelligemment leurs points de vue ? J’aimerai seulement savoir ce que quelqu’un appelle « les problèmes camerouno-camerounais » ? De grâce, pour l'hygiène morale des lecteurs de ce site, laisser la place à ceux qui veulent tirer le débat vers le haut et ainsi faire évoluer le cameroun. Je ne doute pas qu’ils sont les plus nombreux. Considération à ceux-là !