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Editorial: À qui le tour ?
"Nous ne pouvons pas lutter contre la pauvreté en laissant les gens détourner les fonds publics."
journaldiapason.com / Mardi 22 Avril
Déclarait le président Paul Biya le 18 novembre 2005, quelques jours seulement avant le limogeage de Ondo Ndong, ex-directeur général du Feicom, dont la presse venait de décrier les légèretés dans la gestion des finances et biens de l'État. Un limogeage qui sera suivi par une condamnation de 50 ans d'emprisonnement ferme, accompagnée de dommages et intérêts à payer à l'État. Une condamnation dissuasive, on évoqué certains observateurs. Et d'autres gestionnaires ont connu des sorts identiques. Pourtant, cela n'a pas suffit pour stopper l'hémorragie financière dans les institutions publiques.
Avec le démarrage de la deuxième opération épervier, deux poids lourds viennent d'être mis aux arrêts, et du coup, la thèse d'un complot ourdi contre une tribu refait surface. Des mouvements spontanés naissent en sourdine pour préparer de la résistance au tour de la "prochaine" arrestation qui viserait encore l'un de leurs "frères". Raison invoquée, "que celui qui fait arrêter les gestionnaires visés par l'opération épervier, fasse preuve de neutralité en livrant aussi certains de ses frères de la localité", déclarait un quinquagénaire qui a requis l'anonymat. D'autres personnes interrogées sur ce dossier nous ont carrément déclaré : "nous allons cacher notre frère, jusqu'à ce qu'il y ait une volonté d'équilibre dans la gestion des dossiers de l'opération épervier". "Trop, c'est trop !" a ajouté l'un de ses compagnons et au troisième de conclure:"nous ne sommes pas les seules à avoir volé". Si ces déclarations sont le fait de quelques personnes rencontrées, elles montrent à suffisance le malaise et l'embarras dans lesquels vivent les "proches" des personnes jusque-là écrouées et "humiliées". Face à cette situation, l'on est tenté de se demander à qui le tour? L'épervier va-t-il suspendre son vol? Va-t-on assister dans les prochains jours à un tour en sens inverse de l'oiseau pour "attraper" aussi les frères indexés de l'autre, et pourquoi pas le commanditaire lui même? Cette opération saluée ou honnie -cela dépend du coté oú l'on se situe- ne va-t-elle pas mettre à mal la solidarité gouvernementale exigée pour une action collégiale et cohérente par ces temps où le président de la République demande des résultats concrets et immédiats? C'est peut-être un langage de sourds. Mais à chacun de le décrypter et d'en tirer les conséquences.
François MBOKE
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Le post de ahahahahah ne serait il pas un peu injurieu? M Le modérateur.