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La chronique de Pem : Journalistes et consorts
Depuis quelque temps déjà, un bras de fer que personne ne souhaite oppose le Ministre de la Communication à quelques médias audio-visuels.
Le jour / Mercredi 14 Mai
Ce n'est pas la guerre ouverte ; mais, c'est, à la fin, très agaçant et passablement inquiétant, dans la mesure où certaines mesures prises semblent remettre en cause u bien, commun et très précieux, qu'on croyait définitivement acquis : la liberté de la presse.
Parce que j'appartiens, à vie, à la grande famille de la presse camerounaise, j'ai, comme une sorte de réflexe conditionné, tendance à prendre d'emblée la défense des journalistes.
Bien sûr, je ne pourrais jamais être bon juge dans ma propre cause. Néanmoins, j'estime que les journalistes mériteraient, dans notre temps, bien meilleur traitement, fait de tolérance et de compréhension. Certes, les journalistes camerounais ne sont pas meilleurs que les autres citoyens. Mais, on ne les trouve guère, non plus, ni dans les rangs luxueux des prédateurs de notre économie nationale, ni dans les classes obscures des comploteurs potentiels. Et même à la grande table des privilégiés qui bouffent des deux joues, on compte les journalistes, qui prennent part à ces agapes de la République, sur les doigts d'une seule main. Cela étant, j'éprouve une grande gêne immense, face à certaines attitudes que cette guéguerre m'a permis d'observer. D'abord chez des journalistes. Je ne comprends pas que certains de nos jeunes confrères se soient, en toute connaissance de cause, mis dans la peu confortable situation d'illégalité, par rapport aux textes en vigueur, en matière de communication sociale. Je ne comprends pas davantage que ces confrères, volontairement fautifs, ne trouvent, pour justifier leurs donquichottismes, rien de mieux que d'accuser leurs confrères qui seraient, selon eux, dans des situations illégales analogues. C'est absolument mesquin et ridicule. On ne devrait ni évoquer, ni invoquer les manquements possibles d'autrui, pour prendre prétexte de se vanter de ses turpitudes. En rien, les fautes du voisin n'effacent nos propres erreurs ; elles ne les atténuent même pas, tant soit peu…C'est encore plus ridicule et franchement grave, quand ces pétulants confrères franchissent le Rubicon et s'en vont s'ouvrir de leurs malheurs professionnels à certains ambassadeurs en poste à Yaoundé. Outre le fait déplorable que, par pareille démarche, ils rapportent la preuve qu'ils portent en eux une douloureuse mémoire de colonisé, qu'en attendent-ils, au juste ? Que leurs puissants alliés alignent devant le Ministère de la Communication des chars " Abraham " et somment le ministre de revenir, sans délai, sur toutes les décisions prises ? N'importe quoi !...
Ensuite, chez les ambassadeurs. Pris à ce jeu vilain, certains ambassadeurs accrédités chez nous n'ont pas hésité à fouler aux pieds toute réserve diplomatique, en se donnant une importance vaniteuse dont ils seraient bien passés, dans cette affaire. Pour donner des fausses assurances à leurs journalistes accusateurs, ils se sont mis à s'adresser aux autorités camerounaises sur un ton de diktat et d'ultimatum. Bravo ! Mais, c'est ça le droit d'immixtion, mieux vaut aller l'expérimenter ailleurs, pour d'autres cas et dans d'autres pays.
Patrice Etoundi Mballa
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