Mardi 07 Octobre 2008

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Réconciliation

Pour Ahmadou Ahidjo, le 20 mai 1972 était manifestement une date importante.

Quotidien Mutations / Vendredi 16 Mai

A défaut de consacrer l'aboutissement de son projet politique, une version light des revendications formulées par l'Union des populations du Cameroun dès sa création le 10 avril 1948, elle marquait au moins "sa" victoire sur ces "patriotes" qui, malgré l'indépendance pastiche offerte par la France le 1er janvier 1960, n'entendaient pas participer au chantier de la construction d'un état néocolonial.

Mais surtout, le référendum organisé le 20 mai 1972 et qui consacrait l'Etat unitaire était une occasion idoine pour le "père de la nation" d'écrire l'histoire, quand il n'était pas simplement question pour lui de la réformer. Puisque, à partir de ce moment là, et ce jusqu'à ce jour, toutes les autres dates marquantes de l'histoire du Cameroun furent jetées dans l'arrière cour de l'histoire dans le but, à priori inavoué, de les effacer de la mémoire collective avec les hommes qui les incarnaient et ainsi asseoir la prégnance d'un président démiurge, seul architecte de la nation. En l'occurrence "le grand camarade", depuis l'instauration du parti unique en 1966, l'homme qui avait "pacifié" le Cameroun et l'avait débarrassé des "maquisards".

Avec notamment la décapitation du mouvement nationaliste dont l'un des derniers chefs de la branche armée, Ernest Ouandié, vice-président de l'Union des populations du Cameroun (Upc) et commandant des troupes de l'Armée nationale de libération du Kamerun (Alnk) fut fusillé le 15 janvier 1971 à Bafoussam.

Devons nous pour autant continuer de manière béate, 36 ans après, comme nous allons le faire dans tout le pays mardi prochain, à célébrer cette date dont l'histoire nous apprendra, à travers les dénégations des John Ngu Foncha et autres Solomon Tandeng Muna au début des années 90 qu'elle fut au moins le fruit d'une roublardise politique, en ignorant tous ces autres évènements et dates qui ont façonné le Cameroun tel que nous le connaissons aujourd'hui ? Au moment où l'hypothèse d'un rapatriement de la dépouille de Ahmadou Ahidjo est plus que plausible, bien que pris dans les tenailles des vicissitudes du quotidien avec la vie chère et les incertitudes sur l'avenir du pays, il n'est pas superflu d'exorciser tous les vieux démons et d'entamer un processus véritable de réconciliation avec notre histoire. C'est un facteur clé pour la consolidation de l'identité nationale, faute d'en avoir été un préalable quand était dicté l'Etat-nation. Une approche à rebours et presque contre-nature.

Combien sont-ils, les Camerounais qui savent que le 10 mai 2007, il y a pratiquement un an jour pour jour, l'Etat du Cameroun a eu 50 ans ? L'évènement est passé sous silence et de s'en faire l'écho, comme l'association "Man Tata" de Daniel Boo, président du Parti des fourmis, vous mettait presque dans la position d'illuminé. Parce que, dans l'approche individualiste du pouvoir qui caractérise les avatars de la puissance tutrice, une évocation aurait contribué à ramener au devant de la scène André-Marie Mbida de regrettée mémoire qui fut désigné Premier ministre le 10 mai 1957 et forma son 1er gouvernement le 15 mai. Son éviction l'année d'après, par ceux qui l'avaient fait roi, marquera le début d'une descente aux enfers qui finira par en faire un banni du processus institutionnel qui aboutira à l'indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960.

Le 1er octobre 1961 est proclamé la réunification du Cameroun, obtenue à l'issue de négociations à Foumban entre le leader du Cameroun oriental et ceux du Cameroun occidental.

Depuis 1996, les escarmouches à l'occasion de quelques va-t'en-guerre, militants de la cause sécessionniste, qui ont retenu cette date comme celle de l'indépendance de la république factice d'Ambazonie qui regroupe les deux provinces du Cameroun ayant connu la tutelle britannique, permettent quand même de polariser quelque attention autour du 1er octobre.

Il est plus que jamais temps pour le président Paul Biya de mettre un contenu dans la décision salutaire et courageuse prise en 1991 par de réhabiliter différents héros nationaux (Ruben Um Nyobe, Félix Roland Moumié, Ernest Ouandié…). Au risque qu'elle apparaisse in fine comme un coup de poker politique qui a réussi en son temps à tempérer quelques ardeurs quand la rue au début des années 90 grondait. L'enjeu ne saurait donc résider dans le rapatriement de la seule dépouille de son prédécesseur mais bien le rapatriement de tous ceux là qui ont versé leur sang parce qu'il croyait en leur pays et que soit instauré au moins une journée du martyr pour que la nation toute entière salue la mémoire de ses dignes fils et afin que nul n'oublie. Surtout les jeunes générations en mal de repères, de modèles et de références.

Junior Binyam

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Réaction de Joburgman
Le 2008-05-17 08:29:50

Oui mon frere tu as raison le mensonge prend toujours l'ascenseur ou le TGV et parfois meme la concorde mais seulement la verite qui lui prend soit les escaliers ou parfois les pistes non bitume et pleine d'obstacle finit toujours par arrivee quelque soit le temp que ca lui prend et fini toujours par trionphe. Mais les deux que tu as site, le premier mentait mais il revait d'un cameroun prospere et pour preuve, il suffut de faire des comparaisons sur les oeuvres des deux hommes et on vera que l'un etait bien plus mieux que l'autre meme ci tout les deux sont des dictateur. Je peux meme vous donner un exemple clair d'un pays comme L'afrique du Sud mais a la seule difference que le guvernement noir continue dans la meme lance. Ci seulement Paul Biya avait fait mieux ? le temp ne ment jamais.


Réaction de LE FEU
Le 2008-05-16 21:58:10

C'EST UTOPIQUE POUR CEUX QUI ONT EN ESPRIT DE MENTIR AUX GENERATIONS FUTURES.BIYA COMME SON ILLUSTRE PREDECESSEUR AHIDJO SE PRENNENT POUR PERES DE LA NATION KAMEROUNAISE.POUR SE FAIRE ILS ONT CHANGE L'HISOIRE DU PAYS.MALGRE CELA,CETTE HISTOIRE SERA REECRITE ET LA VERITE QUI NE MEURT JAMAIS SERA ETALEE AU GRAND JOUR.ON APPELLE CELA LA MALHONNETETE INTELLECTUELLE.OH YES. THAT IS DISHONESTY AND LIES BEFORE MEN AND GOD.BUT THE TROUTH SHOULD NOT BE KEPT LONGER.




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