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Terrorisme: Obama se sent visé par des remarques "politiciennes" de Bush
Le candidat à l'investiture démocrate pour la Maison Blanche Barack Obama a dénoncé jeudi "une attaque politicienne" de George W. Bush dans laquelle il s'est senti personnellement visé et qui accusait implicitement les démocrates de faiblesse face aux terroristes.
AFP / Jeudi 15 Mai
"Certains estiment que nous devrions négocier avec les terroristes et les extrémistes comme si des arguments astucieux pouvaient les persuader qu'ils se trompaient depuis le début", a dit M. Bush dans un discours à la Knesset à l'occasion du 60e anniversaire de l'Etat d'Israël.
"Nous avons déjà entendu ce genre de folles illusions avant. Au moment où les tanks nazis traversaient la Pologne en 1939, un sénateur américain a déclaré: +Seigneur, si seulement j'avais pu parler à Hitler, tout cela aurait pu être évité+", a ajouté M. Bush.
M. Obama, qui est sénateur, s'est senti directement visé et a immédiatement contre-attaqué.
"Il est navrant de constater que le président Bush utilise un discours devant la Knesset à l'occasion du 60e anniversaire d'Israël pour lancer une attaque politicienne infondée", a déclaré le sénateur de l'Illinois dans un communiqué.
"Il est temps de tourner la page sur huit années d'une politique qui a renforcé l'Iran et rendu l'Amérique et son allié, Israël, plus vulnérables", a-t-il dit.
"George W. Bush sait que je n'ai jamais soutenu le dialogue avec les terroristes", a ajouté M. Obama. Il a dénoncé "la politique de la peur" du président Bush.
Au cours de la campagne, le sénateur de l'Illinois s'est dit prêt, s'il est élu président, à des discussions directes avec les dirigeants de pays comme l'Iran, la Syrie, Cuba ou le Venezuela. Mais, a-t-il précisé, il n'a pas l'intention d'engager le dialogue avec des organisations considérée comme terroristes comme le Hamas ou le Hezbollah.
La Maison Blanche a indiqué que le président Bush ne visait pas spécifiquement le prétendant démocrate à sa succession, Barack Obama, mais qu'il ne l'excluait pas non plus.
M. Bush faisait "référence à toute une série de personnes qui ont suggéré que parler avec les terroristes et ceux qui les soutiennent était la bonne chose à faire", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.
"Cela ne fait référence à aucune personne en particulier, et cela n'exclut personne", a-t-il souligné.
Ce n'est pas la première fois que M. Obama est accusé d'être trop accommodant avec les extrémistes. Le mois dernier, le candidat républicain John McCain avait accusé son adversaire d'être "le candidat favori du Hamas".
Le candidat républicain est revenu à la charge jeudi. Estimant que le président Bush avait eu "parfaitement raison" il a affirmé que M. Obama "doit expliquer pourquoi il veut s'asseoir et dialoguer avec un homme (le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, ndlr) qui dirige le gouvernement d'un Etat qui soutient le terrorisme, qui est responsable de l'assassinat de jeunes courageux Américains, qui veut rayer Israël de la carte, qui nie l'Holocauste". "M. Obama doit s'expliquer avec les Américains", a dit M. McCain.
Du côté démocrate, les propos de M. Bush ont provoqué un tollé. Le président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat Joe Biden a qualifié les déclarations de M. Bush de "conneries" et "d'âneries". Rahm Emmanuel, un des responsables démocrates à la Chambre des représentants s'est demandé "si le président n'avait pas honte?". Le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid a demandé au président de "s'expliquer" et dénoncé la "politique partisane" de M. Bush.
Le président du parti démocrate Howard Dean et la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi ont demandé à M. McCain de dénoncer les propos du président Bush qui, selon Mme Pelosi, "abaissent la dignité de la fonction présidentielle".
Alain JEAN-ROBERT
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