Dimanche 12 Octobre 2008

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Vente d’un camion militaire :Le fils du général attendu chez le procureur

Il a été convoqué hier, lundi 26 mai, par le procureur de la République de Kribi. Mais il n’a pas répondu présent.

Le Messager / Mardi 27 Mai

La vente d’un camion militaire par Elie Benaé dit Eliasso à un individu n’a pas fini d’alimenter les conversations. Depuis hier lundi, l’affaire a gagné en ampleur. Le procureur de la République près des tribunaux de Kribi est déjà entré dans la danse. Il a servi dans une enveloppe portant le sceau officiel, deux citations à comparaître au tribunal au nom de Eliasso Bénaé et d’un autre individu nommé de Kamga Jean Jules qui serait aussi impliqué dans l’affaire. Approché, le procureur demande au reporter d’avoir beaucoup de tact dans cette affaire. Sans plus !

Mais un autre magistrat ayant requis l’anonymat répond fermement: « L’infraction commise par Eliasso Bénaé est un délit condamné par la loi. Il n’a aucun document qui justifie la possession de ce camion militaire et il dit dans son procès-verbal que les documents sont restés dans les bureaux de son feu père. Ce n’est pas une raison. L’enquête doit aboutir et s’il n’y a aucune entrave, il passera devant un tribunal militaire pour ce délit et risque une peine lourde pouvant jusqu’à 10 ans. Mais au delà de cette enquête, une autre doit être ouverte pour contrôler une fois de plus la légitimité des avoirs laissés par le général Bénaé. Qui ne dit pas que demain ce sera une kalachnikov qui sera vendue ? »

Jusqu’à présent, le mis en cause reste toujours serein. Il a été aperçu dans sa Prado à Kribi pendant que le procureur l’attendait. Selon des sources bien introduites, les démarches pour « tuer » ce problème ont déjà commencé au niveau de Yaoundé. Mais si l’affaire suit son cours, il est fort possible que le fils de feu le général Bénaé passe prochainement devant les tribunaux pour répondre de ses actes. Pendant ce temps, le Nigérian court toujours. Un mandat d’arrêt pourrait être délivré contre lui.

Le camion militaire encore garé à l’esplanade de la brigade routière. « Nous ne faisons pas de déclaration car c’est une affaire militaire et les militaires ne parlent pas à presse. Nous faisons notre travail dans cette affaire et seule notre hiérarchie doit avoir un compte-rendu », lance le commandant de brigade au reporter. Le dossier est pourtant très avancé. Une source proche de l’enquête affirme que l’investigation préliminaire est terminée, et qu’il « revient maintenant à la justice de faire son travail. » Et de poursuivre : « Ce problème aurait pu être banal si le sieur Eliasso présentait les papiers du véhicule le 1er jour mais il a été incapable de le faire. On aurait juste insisté pour qu’il change la peinture. La faute à qui donc ? A la commission venue recenser le matériel de l’armée, aux gendarmes qu’on accuse de n’avoir pas laissé tomber l’affaire ou à Eliasso Benaé presque sûr de son impunité ? » Affaire à suivre.

Sévère KAMEN

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