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Entretien avec… SE Anil Trigunayat,haut commissaire de l’Inde
La route de l’Inde est ouverte aux affaires pour le Cameroun
Le Messager / Vendredi 27 juin
Le haut commissaire de l’Inde au Nigéria, avec compétence sur le Cameroun, le Bénin, le Tchad, la Guinée Equatoriale et Sao Tome & Principe, a effectué une visite de travail au Cameroun entre le 21 et le 25 juin 2008. Accompagné du consul honoraire de l’Inde au Cameroun, M. Ravi Kumar, Son Excellence Anil Trigunayat a ainsi rencontré le Premier ministre chef du gouvernement et plusieurs ministres dont ceux en charge de la Défense, des Relations extérieures, et des Mines. Cette visite rentre dans le cadre des missions traditionnelles des représentations diplomatiques dont l’observation et la facilitation de la mise en œuvre des accords bilatéraux entre les deux pays. Au-delà, les discussions entre SE Trigunayat et des membres du gouvernement camerounais s’inscrivent dans la perspective du renforcement de la présence indienne au Cameroun et, surtout, des opportunités de coopération qui s’offrent aujourd’hui aux deux pays.
Pays en pleine expansion avec une croissance économique annuelle de 9%, la République de l’Inde se positionne désormais comme la deuxième puissance du Tiers-monde, juste derrière la Chine. Cet Etat d’Asie méridionale séparé du reste de l’Asie par l’Himalaya (chaîne montagneuse) est une fédération (25 Etats et 7 territoires) établie sur une superficie de 3 287 950 km2. Vingt-trois langues officielles y sont reconnues. Mais le hindi (langue de l'administration centrale, très parlée dans le nord), le tamoul (parlé dans le sud) et l'anglais sont les plus usitées. Les religions majoritaires sont l’hindouisme (83% de la population) et l’islam (13%). Le christianisme, le bouddhisme, le sikhisme … y sont également pratiquées. Durant près de deux siècles, l'Inde dont la capitale est New Delhi fit partie de l’empire britannique, avant d’obtenir son indépendance en 1947. Son niveau de développement était alors comparable à celui du Cameroun. En 50 ans d’indépendance, le pays de Gandhi, qui n’était très connu que pour son cinéma, s’est métamorphosé. Avec une économie libérale, l’Inde a atteint aujourd’hui des performances admirables dans l’agriculture, l’industrie et les services. La répartition des emplois en 2004 donnait la nomenclature suivante : agriculture 50 %, industrie 21 %, services 29 %. Le produit intérieur brut total indien s’élève à 785,5 milliards de dollars (soit le 4e rang mondial en terme de parité de pouvoir d’achat). Avec une population estimée à environ 1 200 000 de personnes, l’Etat organise les moyens afin que la force de travail à l’intérieur satisfasse cet énorme marché.
Le gouvernement indien cherche à accélérer le développement économique en réduisant la pauvreté (elle touche 25% de la population), en développant davantage les infrastructures, notamment en zone rurale, et en facilitant l’accès à l’éducation ainsi qu’aux soins pour la population. Les efforts, en matière d’éducation, sont particulièrement appréciables. Résultat, le pays de Nehru est celui qui compte le plus grand nombre d’ingénieurs dans presque tous les domaines au monde aujourd’hui. Grâce aux technologies de l’information et de la communication spécifiquement, de nombreuses entreprises à travers le monde ont confié aux Indiens le travail en back office. De même, ils sont devenus champions dans la production de logiciels informatiques.
Le pays a réussi à lancer, en janvier 2007, une fusée transportant une capsule qui a ensuite été récupérée sur Terre, dans le cadre de la préparation d’un vol spatial habité. La fusée indienne PSLV (Polar Satellite Launch Vehicule) a placé sur orbite quatre satellites, une première pour l’Inde, dont deux satellites indiens, un indonésien et un argentin. Aujourd’hui avec neuf satellites géostationnaires opérationnels, le pays a mis à profit son succès technologique spatial pour créer la télé-éducation ainsi que des réseaux de télé-médecine au service de la population. L’Inde est aussi le premier producteur et exportateur de médicaments génériques du monde. Les exportations indiennes se chiffrent à plus de 2 milliards de dollars par an.
Voilà un aperçu du potentiel que l’Inde revendique aujourd’hui. SE Anil Trigunayat qui a travaillé dans des missions diplomatiques en Cote d’Ivoire, au Bangladesh, en Mongolie, aux Etats-Unis, en Russie et en Suède, veut faire partager cette riche expérience de développement. Titulaire d’un diplôme supérieur de physiques à l’Université de Kumaon, il est aussi passé par les universités Jawahar Lal Nehru et Oxford. Dans l’entretien ci-contre, le plénipotentiaire de l’Inde, installé à Abuja depuis décembre 2005, indique le sens des relations entre son pays, l’Afrique et le Cameroun. Lecture.
ATD
M. le haut commissaire, vous êtes installé à Abuja au Nigéria. Qu’est-ce qui justifie votre visite en terre camerounaise ?
Je suis accrédité au Cameroun avec résidence à Abuja au Nigéria. Pour cette raison, ma visite vise à évaluer les projets en cours d’exécution au Cameroun, à parler avec les autorités camerounaises des relations entre l’Inde et le Cameroun et plus singulièrement de l’assistance multiforme que le gouvernement indien a décidé de mettre à la disposition des Camerounais. Il s’agit entre autres des financements, des bourses d’études, du renforcement des capacités, etc. Nous allons par ailleurs examiner les nouvelles opportunités d’assistance de l’Inde en Afrique et particulièrement au Cameroun, de telle sorte que la coopération entre les deux pays soit renforcée et devienne plus dynamique.
Votre séjour est maintenant terminé. Qui avez-vous finalement rencontré ?
J’ai eu des échanges et des rencontres au sommet avec les leaders de ce pays. Dès lundi (23 juin 2008), j’ai été reçu en audience par le Premier ministre, chef du gouvernement. Ensuite, j’ai eu des entretiens avec les ministres des Relations extérieures, de la Défense, de l’Industrie, … J’ai également rencontré des membres de la communauté indienne vivant en terre camerounaise.
Quels résultats espérez-vous à l’issue de cette visite de travail?
Vous savez, l’Inde, en ce qui concerne la formation et le renforcement des capacités, avait décidé d’octroyer cinq bourses d’études tous les ans aux étudiants Camerounais. Cette année, le gouvernement indien a augmenté le nombre à 15. De même, l’année dernière, le Cameroun a reçu de l’Inde une soixantaine de tracteurs. Nous nous préparons pour prendre d’autres mesures dans ce domaine, tout comme il y a également de nouveaux projets dans les secteurs de l’agriculture, de l’informatique, du pétrole et du gaz, des télécommunications avec la signature par le Cameroun du projet d’interconnexion panafricaine. Dans ce dernier aspect, nous espérons un accroissement des interactions dans la télémédecine, la e-gouvernance, la e-éducation, … entre le Cameroun et l’Inde. Nous espérons également mettre sur pied des projets en vue d’apporter un nouveau souffle à la coopération entre les deux pays. Dans toute cette dynamique, le volet culturel occupe une place essentielle dans nos relations. Récemment encore, une compagnie de danse traditionnelle et classique indienne s’est produite à Douala. Il sera question d’envisager d’autres possibilités d’implémenter des actions de cette nature. Cela permet de densifier les échanges culturels entre les deux peuples. C’est l’une de nos attentes.
Excellence, l’Inde est devenue une référence dans le monde entier en ce qui concerne le e-travail. Quelles sont les clefs de cette émergence ?
Le développement de l’Inde a pris une tournure assez importante ces 15 dernières années. L’Inde fait partie des quatre meilleures économies de la planète. Sa croissance actuelle se situe autour de 9% et nous espérons que les Indiens vont tirer le meilleur parti de ce développement prodigieux. Seulement, des difficultés subsistent toujours. Nous avons une forte population. 70% de cette population a moins de 30 ans. Ce qui constitue un challenge pour le gouvernement indien. Pareillement, l’Inde est devenu un modèle pour certains pays en voie de développement. La démocratie occupe une importante dimension dans l’existence et le progrès de notre pays. C’est pour cela que nous pensons qu’il y a lieu de coopérer, de travailler en étroite collaboration avec nos amis africains et singulièrement avec nos amis camerounais dans le dessein de les assister accessoirement et surtout de leur faire partager notre expérience. Je dois vous dire que la technologie indienne qui a connu un développement important ces années, est accessible, adaptable et transférable. Nous avons donc l’intention de travailler dans le sens du partage.
On observe un certain boom des formations professionnalisantes dans votre pays. Vos ingénieurs sont formés dans divers domaines et disséminés dans les quatre coins de la planète. Quelles sont les offres actuelles et les stratégies d’insertion professionnelle ?
Au lendemain de l’Indépendance de l’Inde en 1947, notre tout premier Premier ministre a engagé une importante initiative qui visait à créer une école de formation en technologies au niveau supérieur. Cette structure offrait plusieurs types de formation dans divers domaines. Dans la civilisation indienne, la formation occupe une place de choix. L’éducation constitue la priorité n°1. L’accent est mis sur la jeunesse et son encadrement. Le résultat de ce travail est observable de nos jours. Des compétences indiennes avérées sont partout dans le monde entier. Des ressources humaines d’origine indienne et de haute qualité sont utilisées. Rien qu’à la Nasa, 25% du personnel de premier ordre sont Indiens. De nos jours, les compétences indiennes, à l’instar des scientifiques, des ingénieurs, des agronomes et autres, sont compétitives et font le tour du monde. L’Inde est également présente dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (Tic) ; cette présence est le fruit du savoir et du savoir-faire. Notre pays se trouve également être un leader dans les connaissances économiques et vous savez que l’un des éléments clefs du développement et du progrès au 21e est la maîtrise de l’économie. C’est pour cette raison que nos ressources humaines sont abondamment sollicitées, même jusqu’au secteur pétrolier.
Quelle est la part du budget de l’Etat, en terme de pourcentage, consacré à l’éducation et à la formation ? Et quels conseils pourriez-vous donner à un pays comme le Cameroun, pour arriver à construire un système éducatif aussi performant qui débouche effectivement sur l’emploi ?
Les volets sociaux, en l’occurrence les questions touchant à la formation, occupent une place de choix dans le budget de l’Etat. L’éducation a été pour ainsi dire, universalisée. Malgré cet effort, en Inde, une importante franche de la population n’est pas complètement lettrée, sur plus d’un milliard deux cents millions d’âmes. A côté de cela, plusieurs personnes ont bénéficié ou bénéficient de la formation. C’est le résultat de l’action conjuguée entre les pouvoirs publics et les initiatives privées. L’Etat joue certes un rôle clef, mais il s’arrange à accorder des opportunités au secteur privé qui, par la suite, développe des champs de collaboration dans le domaine de la formation. Le système éducatif indien est véritablement élaboré et peut être aussi appliqué au Cameroun. C’est également un système diversifié qui vise la professionnalisation. Des aides sont allouées aux étudiants des filières scientifiques et techniques dans le but de susciter la vocation d’une formation en technologie auprès des jeunes générations qui doivent être performantes à l’avenir, dans les domaines pointus. A côté de cela, il faut développer les infrastructures de formation, non pas uniquement pour la base mais aussi, il faudrait créer des lycées techniques, des écoles normales, des instituts de formation technologique, etc. L’Inde a de nos jours les plus importants et performants instituts de formation technologique polyvalente. A titre d’exemple, nous pouvons citer l’Institut indien de technologie, l’Institut indien de management, des écoles de formation pour des ingénieurs, entre autres. L’Etat doit dans cette perspective donner l’impulsion, même si le secteur privé se montre de plus en plus dynamique dans le secteur de l’éducation. Les reformes économiques amorcées par les pouvoirs publics indiens depuis 1991 sont probantes et les résultats visibles.
Peut-on avoir un aperçu de l’agriculture indienne aujourd’hui ? Quelle est la part de l’expérience que vous pouvez partager avec le reste du monde dans le secteur agricole?
Permettez-moi de faire un autre flash-back à 1947, année de notre indépendance. Bien avant cette date, l’Inde bénéficiait d’une assistance alimentaire et importait d’importantes quantités de productions agricoles venues de plusieurs pays. Le gouvernement indien a premièrement axé sa priorité sur l’augmentation de la production agricole. Un vaste programme dénommé « révolution verte » a été par la suite implémenté. Ces mesures ont débouché sur une autosuffisance alimentaire aujourd’hui. A ce jour, l’Inde elle est parmi les meilleurs producteurs de lait. Des techniques agricoles modernes et pratiques ont été mises sur pied à côté du souci de diversifier la production. Ces efforts ont été initiés parce que les pouvoirs publics indiens étaient conscients de ce qu’il fallait travailler sans répit afin de nourrir les nombreuses familles indiennes et combattre ainsi la pauvreté qui nous minait à l’époque. Résultats, l’Inde n’est pas seulement autosuffisante en matière de productions agricoles, elle est devenue l’un des premiers exportateurs de denrées alimentaires dans le monde entier. Nous ne nous limitons plus à nourrir plus d’un milliard d’Indiens, mais aussi nous exportons car nous pensons à nos frères et sœurs qui ont besoin de notre assistance. De nos jours, l’agriculture indienne a atteint une sorte de saturation. Un progrès inhérent à la mise en œuvre des biotechnologies, des outils modernes de développement agronomique. L’année dernière, nous avons offert 60 tracteurs et d’autres intrants au gouvernement camerounais. Le volet agricole occupe une importante place dans nos échanges avec les autorités camerounaises. Nous leur suggérons de faire venir des agriculteurs indiens ici afin qu’ils partagent avec leurs homologues camerounais leurs expériences.
On observe que l’Inde est sortie de sa situation de sous-développement pour essayer d’imposer ses produits et sa vision à l’extérieur, notamment en Afrique. Quel est l’état de la présence indienne en Afrique ?
Vous savez, l’Afrique est pour nous un important continent dans le champ de la coopération et de la collaboration que nous voulons toujours plus étroite. Cet état de choses ne date pas d’aujourd’hui. Cela remonte à l’époque de notre indépendance et bien avant si je ne m’abuse. Vous savez que le père de notre indépendance, à savoir Mahatma Gandhi, a vécu en Afrique du Sud. C’est pour cette raison que les relations entre l’Inde et l’Afrique sont toujours plus étroites tant sur les plans politique qu’économique. De nombreux citoyens indiens ont débarqué en Afrique et sont devenus des personnes clefs dans la conduite du développement dans plusieurs pays africains. Tout comme de milliers d’Africains séjournent en Inde. L’Afrique est une priorité pour le gouvernement indien. Nous sommes plus rapprochés sur les plans politique, économique et autres. C’est pour cela que dernièrement, il s’est tenu un sommet africano-indien à New Delhi avec pour résolution majeure la décision du gouvernement indien de doubler son enveloppe d’assistance à l’Afrique à hauteur de cinq milliards de dollars d’ici à 2010. Tout comme il a été décidé de l’augmentation du nombre de bourses d’études à allouer aux étudiants désireux de renforcer leurs capacités dans divers domaines. De même que le marché indien est ouvert aux opérateurs économiques désireux d’exporter ou d’importer. L’Inde est toujours à la recherche des opportunités d’affaires, des opportunités d’investissement. L’Inde est devenue l’un des gros investisseurs dans le monde entier. Ce n’est pas le gouvernement indien uniquement qui est à la recherche de ces investissements, des initiatives privées indiennes sont également dans la course pour une coopération mutuellement bénéfique. Si tout se passe bien, la présence indienne sera toujours de plus en plus visible. Pas pour faire ombrage à d’autres pays. Nous sommes motivés ainsi parce que nous avons des expériences similaires qui remontent à l’époque coloniale. Nous sommes appelés à émerger ensemble même si nous vous assistons. Ce n’est pas uniquement en terme d’affaires ; il y a un besoin réel de travailler ensemble. Nous pensons que le prochain siècle est celui de l’Afrique.
Excellence, vous avez développé une panoplie de mesures et de facilités que l’Inde apporte à l’Afrique. Est-ce qu’on peut également savoir ce que votre pays prend dans notre continent ?
Beaucoup de pays africains sont des partenaires de l’Inde. Nous importons du gaz, pétrole, du coton et bien d’autres matières premières et produits. Certains pays africains ne sont pas à mesure d’exporter en Inde. Nous avons ouvert largement notre marché en supprimant des taxes, pour les pays africains qui souhaitent exporter en Inde. Le problème en Afrique est qu’il n’y a pas beaucoup d’industries de transformations de certaines matières en produits finis prêts à la consommation. Cela peut justifier quelque peu le faible volume d’exportation. Nous ne recherchons pas uniquement à exporter, un accent est mis aussi sur l’importation.
M. le Haut commissaire, pouvez-vous dresser l’état des lieux des relations entre le Cameroun et l’Inde et présenter les domaines prioritaires de la coopération bilatérale ?
Permettez-moi de l’exprimer en un mot. Les relations entre le Cameroun et l’Inde sont excellentes. Ce sont des relations historiques. Des relations commerciales ont été toujours étroites et sont allées plus vite que dans certains pays. Nous envisageons des possibilités d’investissement dans divers domaines évoqués plus haut (télécommunications, intrants agricoles, pétrochimie, industries et autres). En ce qui concerne le renforcement des capacités, nous avons triplé le nombre de bourses d’études allouées aux étudiants. Le Cameroun est un partenaire de l’Inde dans l’exportation des motos indiennes. Ma visite se justifie également par le souci de discuter de ces questions avec les autorités camerounaises. Nous avons une expertise avérée dans divers domaines, c’est pour cette raison que nous souhaitons la partager avec le Cameroun. Il n’y a pas de limites.
De nombreux opérateurs économiques partent du Cameroun à destination des pays d’Asie (Dubaï, Chine…) pour importer certains outils. Sur le plan industriel, on a connu des joint-ventures avec des sociétés de l’Asie du Sud-Est. Si vous avez un importateur camerounais devant vous, qu’est-ce qu’il peut importer de l’Inde et à moindre coût ?
Vous savez, l’Inde produit divers objets. Du petit crayon jusqu’au satellite. Les choix sont nombreux. Cet opérateur va s’acheter ce qui peut lui procurer le maximum d’avantages. Les conserves, les machines, les intrants et les autres matières agricoles, les Tic, et bien d’autres objets sont fabriqués par des compétences indiennes. Dans les domaines des Tic, des possibilités de joint-ventures sont offertes aux opérateurs camerounais pour développer le software et le hardware. Je dois également vous préciser que les produits indiens sont compétitifs et sont les meilleurs au monde. Il faudrait tout simplement que les éventuels importateurs camerounais identifient les domaines d’intervention et leurs besoins. Il y a plusieurs opportunités d’affaires en Inde : les domaines de l’agriculture, des plantes médicinales, le montage des motocycles, … sont entre autres champs en friche qu’on peut asseoir au Cameroun.
Parlant des véhicules, est-ce qu’il n’est pas envisageable de réfléchir sur une possibilité d’installer une chaîne de montage des véhicules indiens, « Nano » notamment, au Cameroun, pour desservir le marché d’Afrique centrale?
Premièrement il faut étudier les potentialités du marché et examiner ensuite la faisabilité. Les compagnies indiennes qui s’exercent dans le domaine de la construction automobile seront informées des opportunités, quitte à elles de voir si c’est « Nano » ou autre chose. Je dois vous dire que ces compagnies sont déjà implantées en Afrique de l’Ouest. Pourquoi ne viendraient-elles pas au Cameroun ? Surtout qu’il y a des opportunités...
Il y a au Nigéria un Haut commissaire de l’Inde. Pourquoi au Cameroun, n’y a-t-il pas de Haut commissaire ? Y a-t-il une perspective dans ce sens-là ?
Vous avez raison ; il est important d’avoir une présence diplomatique dans tous les pays. C’est possible et l’Inde aimerait bien être représentée partout en Afrique. Seulement il faut tenir compte des contraintes budgétaires. L’implantation d’une mission diplomatique dans un pays implique de gros moyens. Naturellement, c’est une grande opportunité pour nous. Pour commencer, le gouvernement indien pense sérieusement qu’il faut nommer un consul honoraire au Cameroun qui aidera le Haut commissaire basé à Abuja à affermir les relations bilatérales entre le Cameroun et l’Inde. Il sera en quelque sorte notre interlocuteur auprès du gouvernement Camerounais. Nous pensons que cette décision sera prise dans un bref délai. Le Cameroun pour sa part a décidé également d’ouvrir une mission diplomatique en Inde. Avec pour enjeu majeur la dynamisation de la coopération entre les deux peuples. J’ai bon espoir que, dans les jours à venir, une représentation diplomatique indienne sera implantée en terre camerounaise.
Entretien mené par Alexandre T. DJIMELI et Alain NJIPOU (Stagiaire)
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Il a parlé de la démocratie, du travail. Au Camer, c'est les motions de soutien, les debats larges et vides, les faux debats sur les revisions constitutionnelles. Disons la lutte du pouvoir et des parcelles de pouvoirs.