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Affaire Crédit Foncier : Le verdict renvoyé au 11 juillet
Le tribunal de grande instance du Mfoundi n’a pas expliqué les raisons de ce report décidé hier.
Quotidien Mutations / Jeudi 3 Juillet
A peine avait-elle commencé hier mercredi 2 juillet que l’audience du tribunal de grande instance du Mfoundi qui juge l’affaire des détournements de deniers publics au Crédit foncier du Cameroun s’est achevée par un renvoi au 11 juillet, décidé par le collège des trois juges. L’on attendra donc encore un peu pour connaître le sort de la vingtaine d’accusés dans cette affaire. Les juges devaient en effet se prononcer hier sur la culpabilité des accusés qui avaient été requise dans la majorité des cas par le procureur de la République en avril. Pourtant, c’est à une séance ordinaire et courte que les familles qui se sont pressées dans le prétoire ont eu droit hier. Après avoir interrogé Dieudonné Nzoke, l’ancien chef d’agence du Crédit foncier à Douala où 14 millions avaient été volés de la caisse ; et Joseph Tchoubet du cabinet comptable Cgm à qui l’on reproche l’établissement de faux bilans à la banque, les juges se sont en effet rendus compte que ces derniers, comme ils avaient déjà eu l’occasion de le dire au tribunal, n’avaient plus rien à déclarer. Les autres accusés que les juges auraient voulu entendre n’étaient pas là.
Les interrogations se sont alors multipliées au sujet des raisons de ce report qui fait perdurer un procès qui, au contraire de toutes les autres affaires entamées dans le même courant en février 2006 avec l’arrestation d’anciens dirigeants d’entreprises publiques, n’a pas encore connu un premier verdict. Si pour certains avocats de la défense, l’on peut " prudemment " penser que les juges attendent des ordres, pour d’autres encore, certaines tractations ont cours au palais de l’Unité, centre d’impulsion supposé des procédures judiciaires qui visent " officiellement " à sanctionner les mauvais gestionnaires et les personnes qui ont porté atteinte à la fortune publique. Certains avocats, enfin, pensent simplement que la décision n’était pas prête. Ce n’est donc pas l’absence de l’ancien président du conseil d’administration du Crédit foncier, André Booto à Ngon, contre qui le procureur requiert la condamnation parce qu’il " n’a pas veillé et empêché, mais plutôt encadré " les détournements que l’on reproche au directeur général Joseph Edou, qui a tout bloqué.
Hier en effet, les raisons de l’absence de l’ancien Pca faisaient également remuer bien des lèvres. M. Booto à Ngon s’est-il retiré dans son village à Bafia pour attendre sa condamnation et les gendarmes qui viendraient le chercher, comme il l’avait promis lors de la présentation de son mémoire de défense ?
D’après des proches de l’ancien ministre, ce dernier avait déjà apprêté son voyage vers Yaoundé quand son avocat lui a expliqué que sa présence dans le prétoire n’était pas obligatoire, l’accusé ayant comparu libre jusqu’alors. Vendredi 11 juillet prochain, ce haut commis de l’Etat saura-t-il enfin si le tribunal le déclare coupable ou non de la gabegie qui a marqué la gestion du Crédit foncier et qui a fait partir en fumée 7,3 milliards de Fcfa en quelque quatre années ?
J.B.K.
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