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Société – Gestion des ressources : Nouvelle crise au Chantier naval
Le représentant de la Banque africaine de développement démissionne. Le nouveau Dg accusé de mauvaise gestion. Un conseil d’administration extraordinaire annoncé pour ce mercredi.
Le Messager / Mercredi 16 Juillet
Pas d’état de grâce pour Antoine Bikoro Alo’o. Deux mois à peine seulement après sa nomination à la tête du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), le nouveau Dg fait face à ses vraies premières difficultés. Il doit en effet gérer une patate chaude : la démission de M. Ali Dembri, le représentant de la Banque africaine de développement (Bad) détaché par cette institution auprès du Cnic. Cette institution financière est, avec la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (Bdéac) et cinq autres partenaires financiers internationaux, les principaux bailleurs de fonds du gigantesque projet du Yard pétrolier de Limbé (140 milliards Fcfa, c’est le plus grand projet industriel réalisé au Cameroun, hormis le pipeline).
Joint au téléphone samedi dernier en fin de matinée pour avoir la confirmation de sa démission, M. Ali Dembri invoque son devoir de réserve. « Je ne suis pas autorisé à parler à la presse en tant qu’étranger, qui plus est, représentant d’une institution financière internationale. Adressez-vous plutôt au directeur général du Cnic », conseille-t-il. La requête adressée au directeur général lundi pour en savoir plus est restée sans réponse jusqu’au moment où nous allions sous presse hier.
La démission de M. Ali Dembri coïncide avec celle de M. Adikari, un expatrié en charge de la sécurité au Cnic depuis plusieurs années. Nos tentatives de joindre ce dernier ont été vaines, le numéro de téléphone annoncé comme étant le sien renvoyant tout appel au répondeur. Selon toute vraisemblance, ce Singapourien (d’autres sources indiquent qu’il est un citoyen sri lankais) aurait déjà quitté le sol camerounais… En l’absence de l’un et le mutisme de l’autre, difficile donc de connaître les raisons exactes de leur départ.
Management
A en croire des sources concordantes introduites au Cnic, ces deux démissions seraient dues à la gestion non seulement des fonds alloués dans le cadre du Yard, mais aussi au management des ressources humaines par la nouvelle direction de l’entreprise. C’est que, « certains postes clé sont enlevés aux cadres soupçonnés de proximité avec l’ancien Dg Zacchaeus Forjindam et confiés aux affidés de Antoine Bikoro Alo’o », confie, sous le sceau de l’anonymat, un cadre. « Antoine Bikoro est en train de placer ses pions dans les centres nerveux de l’entreprise : ressources humaines, comptabilité, informatique, etc. », poursuit notre source. Au-delà de la stigmatisation de cette gestion de ressources humaines, d’aucuns parlent carrément d’une chasse aux sorcières qui vise à expulser les anciens hommes forts du cercle décisionnaire…
C’est dans ce climat social délétère fait de dénonciations et de suspicions que l’on annonce la tenue, ce mercredi, d’un conseil d’administration extraordinaire. Joint le 12 juillet au téléphone à propos de ces assises, M. Fonju, responsable de la communication du Cnic, s’était montré évasif. « Je ne puis ni le confirmer, ni l’infirmer, disait-il. J’étais en mission hors de l’entreprise toute la semaine dernière ». Quoi qu’il en soit, la démission des deux hommes, autant que la situation sociale au sein de l’entreprise, sont des sujets préoccupants sur lesquels le conseil d’administration devrait se pencher au plus vite. Pour ne pas laisser la situation pourrir…
Frédéric BOUNGOU
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Scheisse management!