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La Chronique de Pem :Et après El Béchir ?
La Cour Pénale Internationale (Cpi) vient donc de lancer un mandat d’Arrêt contre Omar El Béchir, chef d’Etat soudanais.
Le jour / Vendredi 18 Juillet
Je ne sais pas si ces Messieurs de la Cpi auraient différé leur décision si, à tout hasard, El Béchir s’était trouvé être, en ce moment, le président en exercice de l’Union Africaine. Quelle importance ? De toute façon, la question n’est pas là. Omar El Béchir est accusé de génocide ; il est présenté comme étant l’auteur principal de tous les désordres et tragédies qui ont eu lieu, depuis des années déjà, dans cette région montagneuse de l’ouest du Soudan, appelée Darfour.
Désormais, Darfour est synonyme de 200.000 morts et, de près de deux millions de déplacés, vivant dans des conditions extrêmement difficiles, voire dangereuses…C’est déjà assez pour que la Cpi, au nom des Droits de l’Homme, interpelle tout dirigeant jugé responsable d’une telle situation alarmante. Toutefois, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase semble être cette attaque que les troupes de l’Onu ont subie récemment et qui aurait fait sept morts dans les rangs des Casques Bleus. Une tragédie dans la tragédie. Sept morts plus importants et plus lourds que les autres centaines de milliers de morts qui, depuis de longues années, commençaient déjà) à meubler notre indifférence et nos oublis.
Il faut espérer que la Cpi, en prenant cette lourde décision, ait agi en toute sérénité, en toute indépendance. Une justice digne de ce nom a besoin de s’entourer de ce genre de vertus, si elle veut rester crédible. C’est pour cela que bien des observateurs avertis ont pu, avec regret, considérer comme pression flagrante et mal venue la sortie récente du président Bush, réclamant haut et fort qu’un mandat d’arrêt soit lancé contre le président soudanais. Les mêmes observateurs ont également assimilé à un geste de paternalisme de mauvais aloi et une ingérence impertinente le message de Bernard Kouchner à El Béchir, l’invitant à se soumettre à la décision de la Cpi.
Malgré tout, on se dit quand même que Luis Moreno Campos, le Procureur de la Cpi, est un homme sérieux et qu’il a fait consciencieusement son travail. Cependant, on est en droit de s’étonner du fait que M. le Procureur de la Cpi aura attendu que sept soldats tombent au Darfour pour qu’il découvre, enfin et subitement, que El Béchir est un chef d’Etat génocidaire. Enfin, dans cette affaire, on aimerait être convaincu que la Cpi invoque un Droit existant. En tout cas, du côté de Khartoum, on affirme ne pas connaître, ni reconnaître, l’existence ou les compétences de cette juridiction…
A présent, une seule et même question taraude l’esprit des gens : « Après Omar El Béchir, à qui le tour ? » . Le principe est universel : on ne règne jamais innocemment. Entendez : à tout chef d’Etat, on pourrait, à tout moment, reprocher d’avoir, à un moment ou à un autre, d’une manière ou d’une autre, été mêlé à un événement tragique, assimilable à un crime commandité. Autant dire que la plupart des chefs d’Etats de la planète devraient incessamment recevoir leurs mandats d’arrêt de la part de la Cpi. Omar El Béchir n’est pas un enfant de chœur. On en convient. Mais pourquoi ses « crimes » seraient-ils soudain plus noirs que ceux des autres chefs d’Etats qui ont envoyé leurs troupes aux quatre coins du monde torturer et massacrer des populations ? La Cpi ignore-t-elle ce qui se passe, en ce moment, au Turkménistan ou en Birmanie ? Si tout son travail consiste à convoquer El Béchir et, peut-être, bientôt, Mugabe, c’est suspect.
Patrice Etoundi Mballa
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Le premier à passer devant cette court c'est bel et bien Bush. Tout le monde savait qu'il n'y avait pas d'arme de destruction massives en Irak. Il y est allé et combien d'innocents sont mort ?