Actualité
Après Berlin, Obama attendu à Paris pour une visite de quelques heures
Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Barack Obama, en tournée internationale, est attendu vendredi à Paris pour une brève visite de quelques heures où il doit rencontrer le président français Nicolas Sarkozy avant de se rendre à Londres.
AFP / Vendredi 25 Juillet
Jeudi à Berlin, M. Obama a prononcé devant des dizaines de milliers de personnes enthousiastes un grand discours sur les relations transatlantiques, dans lequel il a demandé à la "nouvelle génération" d'Européens et d'Américains de s'unir pour "abattre les murs" entre alliés, entre pays riches et pauvres, chrétiens musulmans et juifs. Il a demandé aux Européens de poursuivre leur engagement en Afghanistan. "Pour le peuple d'Afghanistan, et pour notre sécurité commune, il faut terminer le travail", a-t-il dit.
A Paris, M. Sarkozy et le sénateur de l'Illinois tiendront une conférence de presse commune à l'issue de leur entretien dans l'après-midi, a indiqué la présidence française. "Obama? C'est mon copain", a par ailleurs affirmé Nicolas Sarkozy au Figaro, qui rapporte ses propos dans son édition de vendredi."Contrairement à mes conseillers de la cellule diplomatique, je n'ai jamais cru dans les chances d'Hillary Clinton. J'ai toujours cru qu'Obama serait désigné", assure le président.
Aucune autre rencontre n'a été annoncée pour cette brève escale parisienne, constrastant avec "l'obamania" qui a marqué son passage à Berlin. Le candidat démocrate, très populaire en France et qui effectue une tournée destinée à conforter son image internationale et renforcer ses relations avec des partenaires-clé des Etats-Unis au Moyen-Orient et en Europe, s'est également rendu en Afghanistan, au Koweït, en Irak et en Jordanie.
Ces visites visent à "évaluer la situation des pays qui sont cruciaux pour la sécurité nationale américaine et à s'entretenir avec des amis et alliés", a indiqué son équipe de campagne. M. Sarkozy avait reçu à Paris le 21 mars le candidat républicain John McCain. M. Obama, à l'époque candidat à l'investiture démocrate, s'était déclaré en janvier "impressionné" par le président français, qu'il avait qualifié "d'homme énergique, avec beaucoup de talent". Il avait déjà rencontré M. Sarkozy à Washington, avant son élection à la présidence française en mai 2007. En termes de popularité, M. Obama distance largement son concurrent auprès des Européens, selon diverses études d'opinion.
Barack Obama a appelé jeudi à Berlin une nouvelle génération d'Européens et d'Américains à abattre les murs entre alliés, entre races et religions pour relever les défis de la planète. Dans un discours sans précédent dans une campagne présidentielle américaine, le candidat démocrate s'est adressé à une foule enthousiaste de plus de 200.000 personnes dans le Tiergarten, un vaste parc au coeur de Berlin, divisée jusqu'en 1989 par le rideau de fer.
"Le plus grand danger serait de permettre à de nouveaux murs de nous diviser", a lancé le sénateur de l'Illinois, évoquant les divergences entre l'Europe et les Etats-Unis sous la présidence de George W. Bush. Face au terrorisme, au réchauffement climatique, à la drogue, la prolifération nucléaire, "nous ne pouvons pas nous permettre d'être divisés". "Les murs entre les alliés de longue date, de part et d'autre de l'Atlantique, ne peuvent pas rester debout", a-t-il dit.
"Les murs entre les pays les plus riches et les plus pauvres ne peuvent pas rester debout. Les murs entre les races et les tribus, entre les indigènes et les immigrants, entre chrétiens, musulmans et juifs ne peuvent pas rester debout", selon lui. "Peuple de Berlin, peuples du monde, notre heure est venue ... Une nouvelle génération, notre génération, doit laisser sa marque dans l'Histoire", a lancé le sénateur de 46 ans qui affrontera en novembre le candidat républicain de 71 ans, John McCain.
"L'Amérique n'a pas de meilleur allié que l'Europe", a affirmé M. Obama. Mais "un vrai partenariat exige un travail constant et des sacrifices... des alliés qui savent écouter, apprendre les uns des autres et surtout se faire confiance". "En Europe, l'idée s'est trop répandue que l'Amérique est en partie responsable de ce qui a dérapé dans notre monde, au lieu d'une force qui contribue à le rendre meilleur", a reconnu M. Obama. "En Amérique, des voix s'élèvent pour dénigrer et nier l'importance du rôle de l'Europe pour notre sécurité et notre avenir. Les deux visions sont fausses".
M. Obama, qui possède une légère avance sur son adversaire qui lui reproche son manque d'expérience, a utilisé le décor d'une des villes d'Europe les plus connues des Américains pour ce discours visant à prouver qu'il a l'étoffe d'un président.
"Peuples du monde, regardez Berlin, où un Mur est tombé, un continent s'est réunifié, et l'Histoire a montré qu'aucun défi n'est trop grand quand le monde serre les rangs", selon lui.
Après son discours, fréquemment interrompu par les applaudissements et les cris "Yes we can" ("Oui, nous pouvons"), son slogan de campagne, M. Obama s'est mêlé pendant cinq minutes à la foule, qui se pressait pour lui serrer la main et le photographier. Les plus de 200.000 personnes massées pour l'écouter dépassent de loin son record d'affluence de 75.000 personnes lors d'un meeting électoral en Oregon. Le sénateur démocrate, arrivé dans la matinée, s'est entretenu avec la chancelière conservatrice Angela Merkel, puis avec le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.
Stephen COLLINSON
|
|
|



