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Affaire Albatros : Le rôle joué par Atangana Mebara
Son audition, vendredi dernier, était la troisième du genre depuis le début de l’affaire. Présenté comme acteur majeur, il aurait été mis en cause tour à tour par Yves Michel Fotso et le commandant Bakoa qui lui imputeraient une gestion orientée du dossier.
Le Messager / Lundi 04 Août
Jean Marie Atangana Mebara, alors secrétaire général de la présidence de la République, arrive à ce poste en août 2002. Il décide de traiter directement avec Boeing pour éviter une intermédiation douteuse et onéreuse de la Camair. Il n’est plus question d’acquérir un avion mais plutôt d’en louer un pour les voyages du président. Il se rapproche de l’ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, Gérôme Mendouga, à qui il demande de contacter Boeing pour le compte de l’Etat du Cameroun. Il envoie ensuite une mission conduite par le colonel Mitlassou de l’état-major particulier du président de la République, et qui comprend, entre autres, deux mécaniciens de la Camair et un expert de l’Autorité aéronautique civile, pour choisir l’avion à prendre en leasing et assister aux tests sur sa fiabilité. Cette mission séjournera à Victorville en Californie pendant une dizaine de jours en août 2003 pour le choix de l’avion. Elle effectuera ensuite un voyage à Atlanta en décembre 2003 pour confirmer le choix de ses techniciens.
Par après, quand Boeing indiquera qu’il lui faut 45 jours pour remettre l’avion retenu aux normes requises pour un oiseau de prestige, il enverra une nouvelle mission qui séjournera trois mois aux Etats-Unis, de janvier à avril 2004. En plus des cadres sus cités, cette nouvelle mission sera complétée par le chef du département technique de la Camair, François Tuomi et un ingénieur Camair chevronné, Azeh Mbi Stephen Enow, contrôleur. Toute cette équipe, à laquelle il faut joindre trois équipages de l’état-major particulier du président de la République, effectuera le vol inaugural avec l’« Albatros ». Vol de 12 heures de temps entre Atlanta et Yaoundé qui aura émerveillé tous les participants.
Atangana Mebara sera en charge de la résiliation du contrat avec Boeing, quand Paul Biya décide de ne plus entrer dans cet avion, après un pénible et émouvant vol sur Paris, un maudit jour d’avril 2004. La suite, c’est le déclenchement de l’affaire Albatros. Comme nous le publions déjà dans l’une de nos précédentes éditions, Jean Marie Atangana Mebara aurait expliqué aux enquêteurs pourquoi il avait dû revoir la solution proposée par Yves Michel Fotso d’acquérir un Boeing Business Jet II. Préférant traiter directement avec Boeing. Il a affirmé s’être entouré de toute l’expertise requise dans le cadre de l’acquisition de l’avion du président de la République en impliquant l’état-major particulier de la présidence de la République, la Camair, l’Autorité aéronautique civile, etc. Quant aux réserves du commandant Bakoa qui dit avoir refusé de signer le rapport sanctionnant le séjour à Victorville aux Etats-Unis parce que l’état dans lequel se trouvait l’avion au moment où il l’a vu n’était pas encourageant, il aurait révélé qu’il n’en a jamais eu connaissance. Pour ce qui est de l’incident de vol survenu à l’occasion du voyage présidentiel, il aurait expliqué que Boeing avait exigé en vain le rapport technique du vol concerné pour pouvoir établir les responsabilités.
Marlyse SIBATCHEU
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La vérité sortira tôt ou tard car le mensonge a de courtes jambes.