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Affaire albatros : Jean Marie Atangana Mebara gardé à vue à la Pj
L’ancien secrétaire général de la présidence de la République est à la Pj pour détournement de deniers publics.
Le jour / Lundi 04 Août
Jean Marie Atangana Mebara, ancien secrétaire général à la présidence de la République et ancien ministre des Relations extérieures a été interpellé hier et placé en garde à vue à la direction de la police judiciaire (Dpj) à Yaoundé.
Il est accusé de détournement de deniers publics, de tentative de détournement de deniers publics et de complicité de détournement, dans le cadre de l’affaire Albatros.
D’après nos sources, l’ancien ministre a été interpellé à son domicile, au quartier Bastos, aux premières heures de la journée d’hier. Des proches de l’ancien Sgpr, membres de sa famille, camarades du parti et anciens collaborateurs, ont rodé aux alentours de la Dpj pendant une bonne partie de la journée. Seulement, juste quelques personnes, dont on lui a demandé de citer les noms, sont autorisées à rendre visite à l’ancien ministre. Plusieurs auditions avaient déjà eu lieu dans le cadre de cette affaire, qui concernait l’achat d’un avion pour le président de la République. A l’époque des faits, en 2004, Jean Marie Atangana Mebara était secrétaire général de la présidence de la République et c’est lui qui était sensé piloter le dossier de l’achat de l’avion présidentiel.
En avril 2004, un avion avait été acquis en location vente aux Etats-Unis d’Amérique pour le président de la République du Cameroun. Il s’agissait d’un Boeing 767-200, vieux de 18 ans, ayant appartenu par le passé à des compagnies aériennes tel que Air Madagascar. Lors du premier voyage du chef de l’Etat à bord de l’avion, baptisé «The Albatross», le 24 avril 2004, une panne obligea le pilote à revenir sur Douala, peu de temps après le décollage, avant de repartir finalement pour Paris, sa destination. Par la suite, Paul Biya n’a plus jamais utilisé cet avion, qui est retourné aux Etats-Unis. A cette époque déjà, on avait parlé de fortes commissions touchées par un certain nombre de personnalités. Avec la seconde phase de l’Opération Epervier, qui a notamment conduit à l’interpellation, le 30 mars 2008, de Polycarpe Abah Abah et de Urbain Olanguena Awono, l’enquête a été réveillée. Yves Michel Fotso, Jean Marie Assene Nkou et Atangana Mebara lui-même, entre autres, ont été entendues à la Dpj.
Interventions
Celui-ci était déjà cité comme un client de l’Opération Epervier et on annonçait son interpellation, en même temps que celles des autres anciens ministres, Polycarpe Abah Abah et Urbain Olanguena. Ses mouvements étaient contrôlés. Le 25 avril 2008, il a été entendu à la Dpj. Pourquoi l’interpellation de l’ancien Sgpr arrive-t-elle quatre mois après celle des autres ?
D’après certaines sources, l’Eglise catholique est intervenue dans ce dossier. Le nonce apostolique aurait demandé de la clémence pour Atangana Mebara, présenté comme l’un de ses meilleurs fidèles. Une autre tentative d’intervention, dont on a eu vent, est celle de l’ambassade de France au Cameroun.
De source sûre, invité à la résidence de l’ambassadeur de France à l’occasion de la fête nationale française, Jean Marie Atangana Mebara a, dès la réception du carton d’invitation, saisi l’actuel secrétaire général de la présidence de la République par écrit, pour s’enquérir sur la conduite à tenir. Sa lettre n’a pas reçu de réponse. Mais, le 14 juillet, Laurent Esso va signifier au téléphone à son prédécesseur qu’il n’y a aucun problème à ce qu’il se rende chez l’ambassadeur de France. Ce soir-là, après le départ des convives, Atangana Mebara discutera longuement avec Georges Serre, l’ambassadeur de France au Cameroun, au sujet de son interpellation. Georges Serre a-t-il tenté de jouer les médiateurs ? Nos sources n’en disent pas plus. Mais on peut relever que, la veille de l’interpellation de l’ancien Sg/pr, l’ambassadeur de France a été l’hôte du chef de l’Etat, l’ordonnateur suprême des arrestations.
Avant l’interpellation, hier, de l’ancien Sgpr, on avait déjà noté un dispositif particulier, dès la veille, à la Dpj. Des cellules ont été nettoyées, de nouveaux matelas acquis… D’autres personnes devraient rejoindre, ces jours-ci, les cellules de la Dpj.
Agé de 54 ans, Jean Marie Atangana Mebara a été ministre de l’enseignement supérieur (1997-2002), ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République (2002-2006), et ministre des Relations extérieures (2006-2007).
Jules Romuald Nkonlak
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Le tout n'est pas d'arrèter les détourneurs de deniers publiques et de les emprisonner, mais de rapatrier les fonds et de les investir dans le développement du pays,surtout dans les régions enclavées telque le MOUNGO.