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Affaire Albatros : Pourquoi Akere Muna était à la Pj
L'ancien bâtonnier a été cité par Jean Marie Atangana Mebara au cours de l'enquête préliminaire.
Mutations / Jeudi 07 Août
Depuis la mise en garde à vue de l'ancien secrétaire général de la présidence de la République, Jean Marie Atangana Mebara, à la direction de la police judiciaire à Yaoundé, on commence à comprendre la tournure prise par l'enquête préliminaire initialement ouverte au sujet de ce qui est baptisé "affaire Albatros". La convocation à la police, mardi dernier, de l'ancien bâtonnier de l'ordre des avocats, Me Akere Muna, et celle, hier mercredi, de Claire Nyangang, ancienne chargée de missions à la présidence de la République et administrateur, à ce titre-là, de la Cameroon Airlines (Camair), constituent des indices clairs. La police judiciaire enquête en ce moment au cœur même de la Camair. La compagnie aérienne avait été utilisée comme société écran pour l'acquisition de l'avion présidentiel. Elle a souvent aussi été au centre d'un important mouvement de fonds entre divers loueurs d'avions et l'Etat du Cameroun à travers ses multiples démembrements.
Pourquoi Me Akere Muna a-t-il été convoqué à la sous-direction des enquêtes économiques de la Pj ? Mutations a pu apprendre des sources policières que le témoignage de l'avocat était attendu pour éclairer certaines dépositions des personnes mises en cause dans le dossier, notamment Jean-Marie Atangana Mebara. Selon nos sources, l'ancien secrétaire général de la présidence de la République avait déclaré avoir constitué Akere Muna, du moment où il était en fonction à la présidence de la République, pour essayer de comprendre l'activité suspecte de Gia International à la Camair et prendre des mesures conséquentes. Cette entreprise, faut-il le rappeler, avait été associée par Yves Michel Fotso dans l'opération d'acquisition d'un avion neuf (Boeing Business Jet de 2ème génération) pour la présidence de la République. Une opération qui a englouti 31 millions de dollars sortis des caisses de la Snh (plus de 17 milliards Fcfa). En pure perte.
8 millions de dollars
Mutations a appris de ses sources que Me Akéré n'a finalement pas éclairé la lanterne de la police judiciaire, en raison des "préalables" liés à sa qualité d'avocat de l'Etat. Toujours constitué pour la défense des intérêts de l'Etat dans la procédure en cours, depuis sa constitution au début de l'année 2005, c'est-à-dire à l'époque où Jean Marie Atangana Mebara en était encore le secrétaire général, l'avocat devrait être appelé à plaider le dossier devant le tribunal pour le compte de l'Etat, lorsque l'instruction de l'affaire sera achevée.
En fouillant dans ses archives, Mutations a pu vérifier qu'au début de l'année 2005, Me Akere Muna avait effectivement été constitué par la présidence de la République. Dès le 9 mars 2005, il s'était joint à Sygma Finance, le cabinet financier londonien recruté par Thomas Dakayi Kamga, successeur de Yves Michel Fotso à la tête de la Camair, pour aider la compagnie aérienne à renégocier le contrat de location de deux aéronefs (Un Boeing 747 et un Boeing 767) qui liait la Camair à Gia International. A cette époque, la Camair était poursuivie à New-York aux Etats-Unis d'Amérique pour régler les arriérés des loyers des deux aéronefs que le loueur d'avion estimait déjà à 24 millions de dollars. Sur la base de l'intervention de l'avocat, l'Etat camerounais payera finalement 8 millions de dollars à Sg Avipro Finance, le vrai propriétaire des deux avions selon les dirigeants de Gia International.
Cette issue, qui aura eu le mérite, aux dires des officiels camerounais, d'écarter la menace de voir le loueur d'avions faire saisir le "Dja", l'avion de la Camair prioritairement affecté à cette époque là aux voyages du chef de l'Etat, a toujours suscité la controverse de la part de Sygma Finance. L'expert comptable Francis Nana, patron de ce cabinet financier, a toujours estimé que la transaction entre Camair et Sg Avipro Finance était gouvernée par un "contrat antidaté". Un faux donc qu'il a toujours attribué à Yves Michel Fotso. Pour lui, les 8 millions de dollars versés à Sg Avipro Finance, tout comme les 31 millions de dollars reçus de la Snh et d'autres sommes d'argent versées au loueur des avions constituent rien moins que des fonds détournés des caisses de l'Etat.
Christophe Bobiokono
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