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Yaoundé : Elig-Edzoa dort à la belle étoile
La communauté urbaine a détruit une partie du quartier la semaine dernière laissant les habitants dans le désarroi.
Mutations / Jeudi 07 Août
Vendredi 1er août dernier, après la destruction du quartier situé en contre bas du Mfoundi, près d'Elig-Edzoa, les habitants de ce quartier défavorisé de la capitale sans toit ont passé la nuit à la belle étoile autour d'un grand feu de bois. " On a passé la nuit ici, mes cinq enfants et moi même. Je ne sais pas où me rendre. Je suis exposé au vent, à la pluie et aux nombreux moustiques tout en espérant que le gouvernement vienne à notre secours", explique Agnès Nyatam, presque en larmes.
Elle, comme beaucoup d'autres familles, vivent la même situation. C'est ce qu'affirme Antoinette Souga : " depuis qu'on a cassé ma maison je ne me suis pas lavé et en plus il est midi je suis obligée de bouillir les arachides afin que mes enfants puissent manger. " Tout en étant couché sur une natte. Certaines familles par contre sont allées se réfugier chez les proches et les connaissances provisoirement en attendant trouver un logis. C'est le cas de la famille d'Alain Kouma. " Je suis allé laisser ma femme et mes cinq enfants chez ma tante. Qui, elle aussi, est mère de cinq enfants, sa maison ne peut pas contenir tout ce monde c'est pourquoi il faut se dépêcher pour trouver un endroit ce qui est un peu difficile vu nos moyens car je n'ai pas de profession stable ", se lamente l'homme.
La démolition du quartier fait suite aux projets de réhabilitation et d'assainissement de la ville de Yaoundé par la communauté urbaine (Cuy). Malgré les sommations de libérer les lieux dans un délai de 8 jours, plusieurs familles n'ont pas cru que cette casse aurait lieu. C'est pourquoi ces familles subissent les conséquences aujourd'hui ; même si la plupart des victimes prétendent avoir acquis les terrains sur lesquels ils sont déguerpis.
Tout autour du lieu de la casse s'est développé promptement un petit commerce. Rien n'est abandonné : planches, tôles, portes, clous et mobiliers sont vendus sur place par les occupants du quartier, pour se faire un peu de sou afin de faire face aux charges de la situation. A l'aide des tôles, Gabriel Oumarou fabrique par exemple des fours traditionnels sur place et les revend à 1000 Fcfa le petit et 2000 Fcfa le grand model de four.
Pour ce qui est de la restauration, on observe des groupes de jeunes filles et garçons qui viennent proposer aux habitants et aux ramasseurs de planches des beignets et des repas : du riz à la sauce d'arachide ou à la sauce de tomates et du couscous à la sauce gombo. Contre 300 Fcfa le plat afin de redonner force et énergie à ces sans abris qui continuent, tant bien que mal de récupérer quelques objets restants.
Sur ces lieux, de nombreux vols sont enregistrés c'est ce que confie une fois de plus Agnès Nyatam " après la casse j'ai emballé mes tôles et je les ai remis à mon fils pour aller les garder chez ma sœur au quartier Omnisports malheureusement, il a été suivi et agressé par des bandits de Ntaba. " Ainsi, le malheur des uns faisant le bonheur des autres Hermine Madengue affirme : " c'est une bonne chose comme on a cassé Ntaba et Elig-Edzoa, il n'y aura plus d'agressions dans ces lieux .Car, il était impossible de passer jour comme nuit sans être agressé. Et on notait de nombreux décès de suite d'inondations dans ce quartier."
Francine Mbeng et Nazareth Mbiankeu (Stagiaires)
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" Malgré la sommation de libérer les lieux dans 8 jours ! " même à un locataire on ne peut pas lui donner un préavis de 8 jours seulement .Quel est ce gouvernement ou on joue toujours au plus pressé ? Pourquoi ne peut-on pas anticiper ? Le gouvernement devrait prévoir un site de recasement avant d'agir de la sorte et encore plus le Délégué du gouvernement choisit la saison des pluies pour casser des maisons sans pitié pour ces camerounais qui ne savent ou aller aujourd'hui ! Pauvre Cameroun -