Lundi 08 Septembre 2008

actualité








Actualité

Archidiocèse de Yaoundé : Onze milliards de dettes attendent l'archevêque

Mgr Tonye Bakot retrouve des enseignants sans salaire, des chantiers à l'arrêt et des collaborateurs non redéployés.

Mutations / Jeudi 07 Août

L'archevêque de Yaoundé, Mgr Victor Tonye Bakot regagne Yaoundé ce jeudi vers 18h. Evacué pour des soins médicaux à Paris et Vienne après son accident de circulation du 27 mars 2008 à Ahala, à l'entrée de la capitale camerounaise, sur l'axe Douala-Yaoundé, il retrouve des fidèles rassérénés sur son sort. Mais aussi affligés par de nombreux problèmes de gestion et financiers révélés au grand jour au cours de son absence de quatre mois. Ils attendent toujours que de nouveaux ouvriers apostoliques soient déployés. Dans ce registre, les enseignants des écoles primaires de l'enseignement catholique passent leurs vacances la peur dans le ventre. Et pour cause, ils n'ont pas perçu comme par le passé, les deux mensualités de traitement à eux destinés à l'entrée de cette période.

Au contraire, ils attendent de leur employeur les salaires des mois de juillet et août. D'après différentes sources aussi bien au niveau du secrétariat à l'Education de Yaoundé (Sedy) que dans les différentes structures scolaires, le personnel ici n'a pu percevoir son dû qu'à la faveur du paiement d'une tranche de la subvention accordée par l'Etat à l'enseignement privé. Dans les collèges privés catholiques de Yaoundé et ses environs, les enseignants ne sont payés que grâce à l'argent collecté par leurs directions respectives au moment des inscriptions. Pour parer au plus pressé, l'évêque auxiliaire, Mgr Christophe Zoa, leur en a donné instruction. Cette démarche, confirmée du côté de la nonciature apostolique sans l'être à la Centrale diocésaine des œuvre (Cdo) où officient l'archevêque et ses proches collaborateurs, est la résultante d'une délégation de pouvoir sollicitée par le nonce apostolique, Mgr Antonio Eliseo Ariotti au profit de Mgr Christophe Zoa.

Management
En effet, selon différentes sources, la situation financière désastreuse de l'Eglise à Yaoundé est le résultat d'un management indélicat tirant son origine dans la centralisation des fonds. Une approche remise en cause par les religieux (pères, frères et sœurs) dont les contributions financières sont estimées à 4/5 de l'argent versé à la procure des missions. Du fait de cette centralisation, les différentes congrégations ont entrepris de mettre sur pied leur propre procure. Autre conséquence de ce mode de gestion, durant les premiers mois de sa longue absence, pour nombre de décaissements, l'évêque auxiliaire a dû se rendre à Paris au chevet du berger de Yaoundé pour faire signer différents documents. Cette manière de faire justifie également l'arrêt de nombreux chantiers de l'archidiocèse aujourd'hui. Dans les paroisses où de nombreux prêtres ne cachent pas leur frustration, on pointe du doigt ces options managériales comme étant à l'origine de l'endettement actuel, environ onze milliards de Fcfa, contre quatre à l’arrivée de Mgr Tonye Bakot. Du coup, rejaillissent des récriminations tant du clergé que des fidèles par rapport aux différents choix de recapitalisation pris par l'ordinaire de Yaoundé.

On rappelle d'abord la mise en place du conseil diocésain pour les affaires économiques et financières (Cdpaef) présidé par le défunt Gilbert Andze Tsoungui. Les recommandations de cet organe n'auront pas toujours eu la bénédiction du prélat qui, finalement, a mis fin à son mandat au profit d'une jeune élite nommée à l'économat diocésain. Bien que constitué comme le Cdpaef de laïcs, le nouvel ordre conduit par Roland Albert Amougou (impliqué dans l'affaire du Crédit foncier du Cameroun et actuellement en fuite), contrairement au Cdpaef, déborde de dynamisme, comme Mgr Tonye d'ailleurs.

Ses devanciers ont directement mobilisé 100 millions ; lui, a réussi une levée de fonds d'un milliard. Conséquence : Le clergé jugé sans capacité de gestion, se voit imposer des économes paroissiaux (laïcs) dont les missions ne sont pas toujours bien définies. Puisqu'ils outrepassent pratiquement tous, le cadre de leur mandat. Aussi vont-ils jusqu'à jouer les ordonnateurs de dépenses. Ce qui a poussé certains curés de paroisse à se défaire de ces auxiliaires encombrants et pourtant soutenus par l'archevêque. Approché, l'entourage de Mgr Victor Tonye Bakot sans les démentir totalement, estime certaines de ces allégations exagérées et parfois infondées.

Léger Ntiga

Réagir à cet article | Imprimer | Envoyer cet article à




Nous vous recommandons de réagir dans le strict respect des conditions d’utilisation de ce site. «Ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui ». Les posts diffamatoires, injurieux, etc. seront automatiquement supprimés.


Vous pouvez réagir à cet article en laissant un bref
message qui sera ensuite affiché sous l'article :



Votre nom  

Nombre de caractères restant :

Associer une icône




Groupe Cameroun-Online - Régie publicitaire - Contact - Conditions d'utilisation

© Twmicronics.com 2006 - Tous droits réservés