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Cd et k7 : Le timbre ne fait plus foi

La fin de la Cmc et l'inertie actuelle à la Socam entrainent l’absence d’estampillage des oeuvres.
Mutations / Jeudi 07 Août
Le 13 mai dernier, le ministère de la Culture retire l'agrément de la catégorie B de l'art musical à la Cameroon music corporation (Cmc) que dirige alors Sam Mbende. Dès lors, toutes les activités relatives à la collecte et la gestion des droits d'auteurs et droits voisins de l'art musical s'arrêtent. Deux mois après la création de la société civile de l'art musical (Socam), doublée de l'élection de son conseil d'administration, les activités tardent à décoller. " Nous demandons plutôt un fonds pour pouvoir commencer nos activités. Demande qui a été adressée au ministère de tutelle pour une subvention. Pour parler d'argent, nous n'en avons pas encore ", s'est presque lamentée la présidente du conseil d'administration (Pca) de la Socam la semaine dernière.
Un cri du cœur qui a fait dire à certains que la nouvelle société pouvait miser sur les recettes d'estampillage, pour pouvoir démarrer ses activités. L'estampillage, comme le définit Roméo Dika, ancien secrétaire général de l'ex société civile nationale du droit d'auteurs, est un système de sécurisation qui consiste à poser une estampille sur un support musical (pour le cas de la musique) pour faire la différence entre un produit licite et un produit illicite, mieux, piraté. Comme pour décrier le système de cachet adopté par la Cmc, "il faut un élément matériel tel que le code-barre ou le timbre. Il faut être magicien pour parler d'estampillage sans estampille ", pense Roméo Dika. Il estime même que " c'est un choix facile qui ne sécurise pas le nombre exact des supports qui circulent ".
Fortune
Pour certaines personnes ayant pourtant travaillé dans les différentes sociétés de collecte et de gestion des droits d'auteur de l'art musical, le timbre, ou le cachet selon la société, a un prix. Des montants sont avancés tels que 200 Fcfa. Or, Roméo Dika, qui se présente comme un spécialiste du droit d'auteur précise que l'estampille, en tant que tel n'a pas une valeur. " Les droits de reproduction mécanique étaient payés au niveau de la Socinada en fonction des supports. Ce qui correspondait parfois, pour les cassettes à 85 Fcfa hors taxe, parfois à 125 Fcfa. Les Cd étaient autour de 250 Fcfa ou 320 Fcfa. Lorsque vous aviez payé pour reproduire le support original, on vous donnait donc l'estampille correspondant au support déclaré à la Socinada", souligne-t-il. Il parle alors des recettes de l'ordre de 250 à 300 millions Fcfa pour les droits de reproduction mécanique au moment où il partait de la Socinada. Ange Ebogo Emérent, ancien vice-président du conseil d'administration de la Cmc confirme les propos de Roméo Dika : " Les droits de reproduction mécanique rapportaient beaucoup d'argent, même si la piraterie a porté un grand coup à ce secteur de la collecte ". Par conséquent, " divisé par ce le temps que la Socam a déjà passé là, cet argent pourrait lui permettre de lancer ses activités, sans avoir besoin de la subvention du Mincult", estime un observateur averti.
Dans le secteur musical, les activités ne se sont pas pour autant arrêtées. Les albums sont produits sur supports cassettes ou disques compacts. Les dernières nouveautés telles que l'album de Mpandé Star ou Philippe Miloko n'ont pas d'estampille. Plusieurs autres artistes annoncent à travers les médias la sorties de leurs albums, depuis la " fermeture " de la Cmc. A la Socam, l'on tâtonne encore sur le début effectif des activités. Le conseil d'administration prévu demain vendredi n'aura plus lieu. Quant à la gestion des estampilles, comment fera alors la Socam pour corriger ces manquements, qui pourraient représenter une fortune ? " Nous avons commandé un appareil pour faire des cachets secs ", révèle Odile Ngaska, la Pca de la Socam. Elle ajoute qu'elle compte tenir une réunion avec les producteurs de musique aujourd'hui ou demain pour leur parler de la collecte des droits de reproduction mécanique. Même si Roméo Dika semble très pessimiste quant à la relance du processus. "Quand on crée une nouvelle société, on recommence tout le processus à zéro. En ce moment, seuls les pirates sont très enchantés. C'est de l'argent perdu, pour des questions d'ego. Je suis déçu ", note-t-il. Car, selon lui, les recettes ne sont pas spontanées. " Il faut aller les chercher. C'est peut-être dans deux ans que les choses pourront commencer à évoluer ", pense Roméo Dika.
Sécurisation
Et pourtant, les artistes du secteur de la musique auraient pu continuer à estampiller leurs œuvres musicales, en dépit de la durée de vie des sociétés de gestion des droits d'auteurs devenue une incertitude. C'est dans ce cadre que l'entreprise Advanced Ingeneering a signé un contrat avec le ministère de la Culture et la commission permanente de médiation et de contrôle des sociétés civiles de gestion du droit d'auteur le 21 septembre 2002, dans l'optique de produire des estampilles " hautement sécurisées ". " Cela consiste à placer des code-barres imprimés sur des étiquettes holographiques, presqu'invisibles et infalsifiables. Ceci permettra de lutter contre la piraterie et maximiser les rentrées ", explique Dieudonné Ambassa de l'entreprise Advanced Ingeneering. Projet que l'entreprise a baptisé Système Comax (contrôle maximum).
Elle a imprimé 20.000 estampilles et commandé 1.000.000 de la France, pour les quatre sociétés des droits d'auteur. Le contrat prévoit que l'entreprise devrait recevoir 100millions Fcfa pour le début de ses activités. Malheureusement, le projet tarde à décoller. " Trois sociétés, notamment la Scaap, la Socadap et la Sociladra ont pris les 20.000 estampilles, sans les avoir payées. Mais, la Cmc ne voulait pas de ce projet, qui gène beaucoup de gens, de par sa transparence ", martèle Dieudonné Ambassa, qui indexe certains responsables des société des droits d'auteurs et certains producteurs, qui tentent de se spolier sur le dos des artistes. Cette fois, ni les artistes, ni les dirigeants ne pourront pas entrer en possession des droits de reproduction mécanique des œuvres musicales mises sur le marché depuis la fin des activités de la Cmc.
Justin Blaise Akono
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