Lundi 01 Décembre 2008

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Beijing 2008 - Mbango : Françoise Mbango, à force de caractère et de persévérance

On l’aime ou on ne l’aime pas, mais nul ne peut ignorer que la Camerounaise Françoise MBango Etone, reine olympique du Triple saut, est bien une grande championne, qui aime les défis.

APA / Mercredi 20 Août

A 15m39 réalisé à Beijing, après un premier grand coup en Or à Athènes en 2004, voici une star incontestée de l’olympisme. Le couronnement d’une histoire faite de succès et de peines alternés.

Forte dans de caractère et aimant relever les grands défis, la protégée du manager Jos Hermans a célébré à Beijing, quatorze années d’une carrière de gagneuse.

Lorsqu’en 1974, aux Championnats d’Afrique centrale, le coach Joseph Kamani, actuel entraîneur du triple sauteur franco-Camerounais Hugo Mamba Schlick (vice champion d’Afrique à Addis Abeba) met Françoise MBango dans le bain, l’opération se révèle aussitôt payante. Pour un début au plan international, la future championne arrive au pied du podium, avec un bond de 11,47m.

Deux ans après, l’athlète camerounaise gagne sa première médaille continentale, en terminant troisième aux Championnats d’Afrique de Yaoundé, derrière la Nigériane Rosa Collins et la Sénégalaise Kène Ndoye. Les 12,59m réalisés lui donnent la première chance de sa vie : Françoise MBango obtient une bourse de la Confejes (Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays ayant en commun le français).

Elle ne se fera pas prier pour faire état de ses ambitions, car l’année d’après, la Camerounaise efface des tablettes, le record national de son pays au Triple saut qui était détenu par la championne Stéphanie Betga en 13,01m.

Françoise saute 13,04m et passe aussitôt à 13,75m la même année avec à la clef une médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie à Antanarivo, à Madagascar.

Cela lui donne la seconde chance dans sa vie de sportive, car elle décroche en 1997, une place dans la première promotion du Centre International d’Athlétisme de Dakar (Ciad). Dans la capitale sénégalaise elle rencontre un certain Anatoly Golubzov, entraîneur ukrainien qui avait, deux années plus tôt, conduit Inessa Kravets au sacre mondial. L’Ukrainienne avait réalisé en 1995, à Gotborg, un bond de 15,50m, à ce jour, la meilleure marque mondiale en Dames, dans la discipline.

Dakar fera davantage connaître Françoise MBango Etone, qui en juillet 1998, fait mieux que tout le monde avec un saut à 14,02m. Ce premier record d’Afrique à son palmarès ne durera qu’une semaine, puisque balayée par l’Algérienne Baya Rahouli, à l’époque la plus sérieuse concurrente de la Camerounaise, au plan continental. Aux championnats du monde Juniors d’Annecy (France), Bahouli franchit 14,05m.

Ses proches du Ciad rapportent que la perte de son record continental avait beaucoup fait mal à Mbango, qui s’était jurée de reprendre son « bien » d’autant que la même année, aux Championnats d’Afrique de Dakar, dans "son jardin", elle avait subi un autre revers. La même Algérienne l’avait releguée à la seconde place, sur le podium, pour un modeste bond de 13,80m.

C’est à partir des rendez-vous dans la capitale sénégalaise que naquit la grande rivalité toute sportive entre Françoise MBango, Baya Rahouli et la Kène NDoye. Les trois se sont régulièrement retrouvées par la suite sur les podiums africains du Triple saut et aussi de la Longueur, pour le partage des succès.

Dans cette lancée,la Camerounaise remporte l’Or de la spécialité aux Jeux africains de Jo’urg en faisant 14,70m et termine seconde de la Longueur avec un record national à 6,55m.

En 2000, c’est plus ou moins le tournant de sa carrière avec son départ du Ciad pour Paris, où elle rejoint le groupe du coach Jean Hervé Stiévenant basé à l’Insep. Ses ambitions et ses difficultés dans ses rapports avec son coach ukrainien seraient à l’origine de sa décision d’aller en France.

Dans cette nouvelle direction, elle est vice- championne d’Afrique à Alger (13,87m), en 2000 et atteint sa première finale olympique à Sydney, la même année. Elle se contente d’une modeste dixième place en finale pour un saut à 13,53m

En 2001, elle est vice- championne du monde à Edmonton, avec 14,60m. L’Année suivante, ne manque pas de relief pour la battante Françoise MBango : l’Or à la Coupe du monde à Madrid (13,37m), l’Argent (14,82m) aux Jeux du Commawelth à Manchester - Grande Bretagne et surtout le doublé à la Longueur (6,68m) et au Triple(14,95m) lors des championnats d’Afrique de Tunis.

Cette dernière "perf", synonyme de record d’Afrique, va mettre du baume au coeur de Françoise, qui reprend "son bien" perdu en 1998 avec le record de Rahouli.

Les relations avec son entraîneur ne tardent pas à se détériorer. Si bien que la championne camerounaise termine l’année 2002 sans coach.

Femme de défi, sans entraîneur et sur les seuls conseils de sa soeur, elle monte sur le podium des mondiaux en salle de Birmingham, en mars 2003 en décrochant une médaille d’argent (14,88m).

Le coach finlandais Juka Hakonen, qui décide de lui donner un coup de main à partir de mai 2003, ne sera pas des plus déterminant dans sa médaille d’Argent aux mondiaux de Paris, où elle décroche l’Argent avec un record d’Afrique après un bond de 15,05m derrière la Russe Tatyana Labedeva (15,18m).

Première africaine à avoir franchi les 15m au Triple saut, Françoise MBango ne met pas de l’ordre dans son entourage technique. Entre son pays et la France, on l’a voit prendre conseil auprès de l’entraîneur camerounais Ariane Bissik.

Cette collaboration se traduit par 14,62m aux mondiaux en salle de Budapest (Hongrie)et 14,85m au Super Grand Prix de Lausanne dans les compétitions post mondiaux.

La conséquence de ces modestes performances est la perte du record d’Afrique, qu’améliore par deux fois dans cette période, la Cubaine naturalisée soudanaise, Yamile Aldama, à 15,21 et 15,28m.

Une déception de plus pour la Camerounaise dont les proches parlent "d’affront à laver".

Ce sera fait aux Jeux d’Athènes, en 2004. Sans coach, mais super motivée, Françoise triomphe des favoris avec un bond à 15,30m franchi deux fois dans un panel de cinq sauts à plus de 15m. Elle n’avait jusqu’alors franchi 15m que par deux fois.

C’est après Athènes que surgissent les problèmes entre la championne olympique et la Fédération de son pays. Les conjectures gagnent le Cameroun, autour de Mbango, qui refuse de se laisser abattre. Elle fait l’impasse sur les mondiaux finlandais en 2005, et se montre femme. Elle donne naissance à un garçon en 2006.

Le bras de fer avec sa Fédération se poursuit pour aboutir à la suspension de la championne camerounaise, suite à son forfait des Jeux africains d’Alger en 2007.

Cela laisse de marbre l’athlète qui concocte un plan de retour gagnant avec ceux, qui le soutiennent ; Parmi ces derniers, quelques autorités de la République et l’entraîneur national des sauts horizontaux de la sélection camerounaise, Patrice Ngan.

C’est d’autant plus encourageant pour les soutiens, que Françoise annonce la couleur avec de bonnes performances comme les 14,50m réalisés en mars 2008 dans un meeting qui lui a été pourtant interdit à Yaoundé par le président de la Fédération camerounaise.

C’est cette performance, qui devait décider les autorités de Yaoundé à prendre position pour elle dans le différend l’opposant au fédéral.

La suite de cet énième défi qu’a relevé avec brio Françoise Mango s’est traduite par un deuxième titre de Championne d’Afrique à Addis Abeba en mai dernier, et championne olympique pour la deuxième fois de suite à Beijing, après Athènes.

TK/ib/APA

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Réaction de Prince
Le 2008-08-21 17:02:08

Parce qu'on encourage que ceux qui le méritent très cher.


Réaction de Ekout innocent
Le 2008-08-20 17:48:00

paul biya n'y ait pour rien. Où sont les autres sportifs ? pourquoi paul biya n'intervient pas pourque ceux là aient aussis des médailles. La victoire de Mbango ne doit pas être récupéré


Réaction de Prince
Le 2008-08-20 15:38:59

Une fois de plus il a fallut que le Président Paul Biya intervienne... Pauvre Cameroun.




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