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Moscou bloque un projet de résolution de l'Onu sur la Géorgie
Les puissances occidentales ont présenté au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution réclamant le retrait immédiat des forces russes de Géorgie, mais Moscou, qui détient un droit de veto, a dit ne pas pouvoir soutenir ce texte.
Reuters / Mercredi 20 Août
Le représentant permanent de la Russie à l'Onu, Vitali Tchourkine, a déclaré que la résolution devait comprendre et avaliser le plan de paix en six points promu par le président Nicolas Sarkozy et signé par la Géorgie et la Russie.
Etant donné que le projet de résolution, élaboré par la France, ne va pas dans ce sens, "la Fédération de Russie ne sera pas en mesure de le soutenir", a-t-il dit.
La réunion du Conseil de sécurité a pris fin sans que le texte soit soumis à un vote et les responsables occidentaux n'ont pas dit si un vote était envisagé ultérieurement, ce qui entraînerait très probablement un veto russe.
Le projet de résolution exige le retrait immédiat des troupes russes sur leurs positions antérieures au début du conflit le 7 août, le retour des troupes géorgiennes dans leurs cantonnements habituels et le respect immédiat et total de l'accord signé la semaine dernière.
Il fait référence au respect "de l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues", un concept jugé dépassé par la Russie parce que les deux enclaves sécessionnistes soutenues par Moscou refusent de réintégrer le giron géorgien.
Alejandro Wolff, représentant permanent adjoint des Etats-Unis, a déclaré que l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, l'autre région sécessionniste, faisaient incontestablement partie de la Géorgie.
"REVIREMENT FRANÇAIS"
Le texte remplace une version plus longue en discussion depuis quelques jours avec la Russie, qui aurait intégré le plan en six points mis au point la semaine dernière par la France en sa qualité de présidente de l'Union européenne, et approuvé par Moscou et Tbilissi.
Des diplomates américains et français ont expliqué qu'ils avaient opté pour une version beaucoup plus courte parce que la Russie n'a pas appliqué le plan de paix qu'elle avait signé.
"L'important ici, c'est l'application des engagements signés par la Russie", a dit Wolff à des journalistes. "Cela fait plusieurs jours que l'accord a été signé et nous n'avons relevé aucun signe de retrait russe significatif", a-t-il noté.
Le numéro deux de la mission française à l'Onu, Jean-Pierre Lacroix, a déclaré de son côté que son pays voulait poursuivre le plan de paix, "mais pour que ce plan soit appliqué, il y a un prérequis essentiel qui est le retrait des forces russes", a-t-il dit.
Mais Tchourkine a déclaré à des journalistes qu'il était "très étonné" par le revirement français, ajoutant que l'appel à un retrait immédiat des forces russes ne figurait pas dans les six principes.
Des chars et des véhicules blindés russes ont quitté mardi la ville géorgienne de Gori, mais l'Otan a fait savoir qu'elle gelait ses contacts avec Moscou jusqu'au retrait de toutes les forces russes de Géorgie.
Le Kremlin a fait savoir mardi, en citant le président Dmitri Medvedev, que les forces russes se seraient repliées d'ici le 22 août sur les positions définies dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu.
Cela impliquerait que la plupart d'entre elles se retirent en Russie ou en Ossétie du Sud bien que, dans le cadre de l'accord, une partie resterait dans une zone tampon autour de la région sécessionniste.
Tchourkine a déclaré que, pour que les troupes russes se retirent, "deux choses sont nécessaires. La première est le retour des forces russes dans leurs casernes (...) Cela ne s'est pas encore produit (...) et deuxièmement, nous devons avoir l'assurance que nos soldats de la paix ne seront pas à nouveau
Patrick Worsnip , Guy Faulconbridge à Moscou et Patrick Worsnip à New York, version française Eric Faye, Guy Kerivel et Nicole Dupont
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