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Conac : Un «jumeau» de l’opération Epervier
La Commission est née dans la foulée des premières arrestations.
Le jour / Mercredi 20 Août
Lorsque le décret portant création, organisation et fonctionnement de la Commission nationale anti-corruption (Conac) est signé, le 11 mars 2006, les Camerounais sont encore en plein dans l’euphorie des spectaculaires coups de filet de la police.
Il y a alors tout juste trois semaines, en effet, que Emmanuel Gérard Ondo Ndong, directeur général du Feicom, Gilles Roger Belinga, directeur général de la Sic et Joseph Edou, directeur général du Crédit foncier du Cameroun, ont été interpellés par les éléments du Groupement spécial d’opérations (Gso).
La suite est bien connue. Des procès seront ouverts, qui aboutiront à la condamnation à de lourdes peines de prison et à la confiscation des biens des principaux responsables accusés de détournements de deniers publics. Au moins pour la phase qui a précédé les arrestations, la Conac n’a pas été à l’œuvre, car elle n’existait pas encore. Mais, d’autres arrestations ont suivi la mise en place de la Commission.
La Conac est donc arrivée pratiquement dans la foulée du lancement de l’opération Epervier, mais également à la suite d’un certain nombre de déclarations du président de la République allant dans le sens d’une lutte plus accrue contre la corruption au Cameroun. En 1998 et en 1999, l’Ong Transparency International a classé le Cameroun en tête des pays les plus corrompus du monde. A la suite de ces «résultats», le Premier ministre de l’époque, Peter Mafany Musonge avait exprimé sa surprise. Toutefois, il avait indiqué la volonté du gouvernement de poursuivre une campagne de lutte contre la corruption qui avait déjà été lancée dès 1998. On se souvient notamment du fameux slogan «La corruption tue la nation» et de la création, par le Premier ministre, d’un comité ad hoc de lutte contre la corruption. Celui-ci deviendra en 2000 l’Observatoire de lutte contre la corruption (Olc).
C’est également dans la foulée de ce classement du Cameroun à la tête des pays les plus corrompus que des actions en justice, pour détournement de deniers publics, ont été intentées en 1999 contre Mounchipou Seidou, ancien ministre des Postes et Télécommunications, et Pierre Désiré Engo, ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale. Dans les différents ministères, des cellules de lutte contre la corruption ont été créées, mais leur action n’a jamais été très visible, en dehors des affiches placardées sur les murs des bureaux. Et si la Commission nationale anti-corruption est arrivée en 2006, c’est bien la preuve que l’action des autres instances de lutte contre le fléau est restée au moins insuffisante. Et comme pour justifier la pertinence de toutes les structures créées, le président Paul Biya, lors du congrès du Rdpc, le 21 juillet 2006, a déclaré : «Des sanctions sévères ont été prises au cours des derniers mois. Nous n’allons pas nous arrêter en chemin. Ceux qui se sont enrichis aux dépens de la fortune publique devront rendre gorge. Nous disposons maintenant d’un appareil institutionnel apte à traquer la corruption sous toutes ses formes. La chambre des comptes, déjà cité, est opérationnelle. La commission nationale anti-corruption, l’Agence nationale d’investigation financière, les multiples commissions de passation des marchés ont toutes une mission essentielle au service de cette cause nationale».
Jules Romuald Nkonlak
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Chapeau au président biya pour la mise en oeuvre de cette institution. Mais pour ma part je souhaiterais que l'action de la dite comission soit de plus en plus effective et que les membres de la conac descendent dans le noyau central du pays qui estle bas peuple et detectent les corrupteurs et les corrompus de façon à les sanctionés car il faut etre proche pour agir.....du courage