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Les Nigérians du Cameroun réagissent au discours de Paul Biya et à la rétrocession de Bakassi

Prince Uche Anyanku, président de l’association des Nigérians de la casse automobile de Mvog-Ada, yaoundé : « C’est un exemple pour les pays africains »
Le jour / Lundi 25 Août
La résolution du conflit de Bakassi était nécessaire. Que le Cameroun et le Nigéria aient trouvé un terrain d’entente pour éviter la guerre, c’est une bonne chose et un exemple pour les autres pays africains. Maintenant que Bakassi a été rétrocédé au Cameroun, j’ose croire qu’il n’y aura plus de tensions. Cependant, il faut que les autorités camerounaises sachent qu’il y a des ressortissant nigérians au Cameroun, plus encore dans la région de Bakassi, et qu’il est nécessaire que leur sécurité soit assurée. Dans son discours de jeudi dernier, le chef de l’Etat camerounais a dit qu’ils ne seront pas inquiétés, mais il n’est pas sur le terrain. Il faut qu’il donne des instructions fermes dans ce sens à l’armée, à la police et à la gendarmerie. Nous, étrangers, avons des droits qui sont trop souvent bafoués. Je vis au Cameroun depuis 10 ans et j’espère que la résolution du problème de Bakassi va améliorer les choses.
Innocent Augutchuku, commerçant à Mvog-Ada, yaoundé : « Ce que nous voulons, c’est la paix »
J’ai poussé un ouf de soulagement en écoutant le discours du président camerounais. J’étais inquiet par rapport à cette affaire Bakassi et j’ai été rassuré. Ce que nous voulons, c’est la paix. Et s’il y a eu un accord entre le Cameroun et le Nigéria, c’est que les deux pays veulent la paix. Je pense aussi que les personnes qui se sont, à un moment donné, opposé à ce que ce territoire soit rendu au Cameroun, l'ont fait parce qu'ils avaient peur d’être chassés de la région de Bakassi où ils vivent depuis toujours. Maintenant, c’est aux Camerounais de nous montrer que nous pouvons vivre ici en paix. Ceci concerne en premier lieu les forces de l’ordre, car, avec les civils, je cohabite sans mal, depuis 13 ans que je vis ici.
Stephen Hemyl, vendeur de pièces détachées à Elig-Essono, yaoundé : « Qu’on s’intéresse aux problèmes des ressortissants nigérians » J’ai accueilli avec joie la résolution du conflit de Bakassi, d’autant plus que tout s’est passé de manière pacifique. Maintenant, j’espère que la résolution de ce problème permettra que l’on s’intéresse aux problèmes des ressortissants nigérians au Cameroun, qui sont en grande partie liés aux tracasseries pour l’obtention de la carte de séjour. Mon souhait est que le coût pour l’établir, qui est actuellement de 130 000 Fcfa, soit revu à la baisse et que sa validité, deux ans, soit prolongée.
Ernest Anaele, vendeur de pièces détachées au quartier Mvog-Ada, yaoundé Réglez d’abord nos problèmes ici, avant de nous parler du discours de Paul Biya sur Bakassi. Nous avons trop de problèmes en ce qui concerne les cartes de résidents. Normalement, on nous délivre des cartes d’une validité de deux ans. Mais, à 1 an 7 mois, la police descend ici nous chercher. Si on ne négocie pas, on nous jette en prison. Même quand on négocie, on nous envoie en prison pour rien. Ce n’est pas correct. Nous voulons bien rester au Cameroun. Mais, si les conditions ne sont pas réunies, je me demande bien comment on va mettre en pratique les recommandations des deux présidents. Le tout n’est pas de faire un discours brillant. Encore faut-il l’appliquer effectivement. Que les forces de l’ordre soient un peu plus humaines. Si le président Paul Biya dit que la paix est entre les deux pays, il faut que les policiers cessent de nous arnaquer.
Peter Agufa, vendeur de pièces détachées à Elig-Essono, yaoundé : « Yar’Adua a respecté les engagements pris par Obansanjo » Je réside au Cameroun depuis 8 ans, et j’ai été très content de la manière dont le conflit a été géré. Avec les rebondissements qu’a connu cette affaire, j’étais toujours inquiet quant à notre sécurité au Cameroun. C’est délicat de vivre dans un pays avec lequel on est en guerre. Mais, grâce à Dieu, Olusegun Obasanjo et Paul Biya ont pris des engagements pacifiques. Le nouveau président du Nigéria, Umaru Musa Yar’Adua, a respecté ces engagements en conduisant le processus de rétrocession de la presqu’île de Bakassi à son terme. Je me sens d’autant plus en sécurité maintenant que, dans son discours, Paul Biya a donné les assurances que nous, ressortissants nigérians au Cameroun, allons vivre en paix tant que nous respecterons les lois et règlements du pays. L’Etat fédéral du Nigéria avait prévu de recaser les Nigérians qui vivent à Bakassi au Nigéria, mais beaucoup ont préféré rester. C’est la preuve qu’ils se sentent là-bas chez eux.
Damas Ibeawuchi, vendeur de pièces détachées à Mvog-Ada, yaoundé : « On nous reprochait les attaques de Bakassi » Personnellement, je me réjouis de la manière dont ce conflit entre le Nigéria et le Cameroun a été résolu. Avec les attaques contre l’armée camerounaise à Bakassi, nous, vivant à Yaoundé, avons eu chaud. Il y avait des tensions entre les Camerounais et nous. Ils semblaient nous reprocher toutes ces choses. Je voudrais que le peuple camerounais comprenne que leurs compatriotes qui vivent au Nigéria vivent en paix, sans être inquiété.
Edwin Chidi, commerçant à Mvog-Ada, yaoundé :« Je salue le discours de Paul Biya » A la suite du discours du président camerounais que je salue, je loue l’amitié entre les peuples du Cameroun et du Nigéria. Il n’y a pas de problème entre les deux pays. L’affaire a été résolue à l’amiable. Nous avons des frontières communes, nous serons toujours ensemble, aussi, la guerre est à éviter. Ce qui m’a marqué dans le discours du président camerounais c’est que cette affaire n'aura pas d'incidence sur notre vie et sur notre sécurité au Cameroun.
Nangkbwo Belomi, vendeur de nattes au quartier Briqueterie, yaoundé : « Ce discours tombe à pic » Je dirai que les deux présidents sont différents, mais, ils sont parvenus à se mettre d’accord sur un problème tellement complexe. C’est encourageant. Maintenant, les Nigérians pourront circuler tranquillement au Cameroun et vice-versa. Ce discours du président du Cameroun tombe à pic. Dans plusieurs pays africains aujourd’hui, dès qu’il y a une petite mésentente, les jeunes descendent dans la rue pour faire la guerre. Conséquence, on a de nombreux réfugiés et sans abris. Je me réjouis de l’esprit de grandeur du président du Nigéria, qui a bien voulu mettre en pratique la décision de la Cour internationale de justice. Ceci permet de consolider davantage les relations entre nous et les autres. Les petits problèmes existent toujours. Donc, si après ce discours il y a encore des petits ennuis, on ne doit pas paniquer.
Paul Nga Awkuzu, vendeur de pièces détachées à Elig-Essono, yaoundé : « Cela participe de l’unité des pays africains » Bakassi appartient maintenant au Cameroun et c’est bien. Si le Cameroun est riche, nous, Nigérians vivant au Cameroun, le seront aussi. Donc, nous nous réjouissons avec le Cameroun. Aujourd’hui, on parle de l’Union africaine. Or, ce n’est qu’à travers des résolutions pacifiques de ce genre et des liens étroits d’amitié entre les peuples africains seront possibles. Avant, nous avions un peu peur de vivre au Cameroun, du fait de ce conflit. Maintenant que le problème a trouvé une solution, j’espère que nos conditions de vie ici vont s’améliorer, c’est-à-dire que nous subiront moins les tracasseries policières liées à l’établissement de la carte de séjour. Une carte qui, il faut le dire, ne garantit pas toujours la tranquillité, même après 15 ans de séjour comme c'est mon cas.
Anthony Chukwuma, vendeur de pièces détachées à Elig-Essono, yaoundé : « La question de Bakassi ne m’intéresse pas » La question de Bakassi ne m’intéresse pas. Je n’ai aucun problème à ce que cette région soit un territoire camerounais. Ce qui m’importe c’est de savoir que maintenant que ce conflit a trouvé une solution, nous allons être plus tranquilles. Nous, les étrangers, sommes victimes de trop d’arnaques. Avant même l’expiration de votre carte de séjour, les forces de l’ordre vous interpellent et peuvent même vous emprisonner. Nous sommes aussi victimes de racket. Depuis 6 ans que je suis au Cameroun, je n’ai pas eu de répit et c’est là ma préoccupation.
John Chukwudi, quincaillier à Elig-Essono, yaoundé : « C’est Obasanjo qui a donné Bakassi au Cameroun » Je ne me sens pas concerné par l’affaire Bakassi. Je ne suis pas vraiment l’actualité, mais je sais que c’est Obasanjo qui a donné Bakassi au Cameroun, donc, c’est son affaire. Moi, j’ai d’autres problèmes plus urgents qui déterminent mon quotidien.
John Nnanna, vendeur de pièces détachées à Elig-Essono, yaoundé : « Les choses doivent changer » Maintenant que le Cameroun et le Nigéria vivent en paix, les choses doivent vraiment changer. Les conditions de vie des Nigérians au Cameroun doivent être améliorées. Notamment leurs conditions de séjour. Les tracasseries policières doivent cesser.
Kinsley Mkemjika, vendeur de pièces détachées au quartier Mvog-Ada, yaoundé : « On a arraché la terre de mes ancêtres » Tout ce que je sais, c’est qu’on a arraché la terre de mes ancêtres pour la donner aux autres. Bakassi est la terre de mes frères. Je ne suis pas un habitant de Bakassi, mais, je sais qu’ils sont mes frères tant que cette région appartenait au Nigéria. Maintenant, c’est fini. Je me demande comment sera la vie après cet acte. Peut-être ce sera un traitement aussi rude que celui que nous vivons actuellement à Yaoundé. Nous avons de gros problèmes avec les policiers. Il y a de cela trois ans, ils sont entrés chez moi ici à Yaoundé. Après avoir fouillé ma maison, ils ont emportés une somme de 500 mille francs Cfa. Je me suis plaint. On m’a enfermé à Buéa. Et le consul m’a libéré. Je me suis plaint ici auprès de l’ambassade du Nigéria, afin qu’on me remette mon argent. C’est le fruit de 17 ans de travail. Je suis venu au Cameroun tout petit. Mais, dès qu’on gagne quelque chose, les forces de l’ordre sont là avec le prétexte de la carte de séjour.
Ignatius. N. Iwuh, pasteur, Yaoundé : «Le Cameroun doit protéger ses étrangers» On a été tous très fiers du discours du président Paul Biya, mais on attend que les actes reflètent les propos. On n’a toujours pas de papiers pour faire les métiers de notre choix, ouvrir une entreprise, par exemple. En plus, les papiers sont trop chers, alors qu’il y a peu de distance qui nous sépare. Un pays qui n’a pas d’étranger existe moins, alors, le Cameroun doit tout faire pour protéger ceux qui sont sur son territoire.
Emeka Adigo, commerçant, Yaoundé : «C’est le pétrole qui nous sépare» Les Blancs sont venus tracer leurs frontières, mais n’ont pas changé le fait que nous sommes frères. C’est le pétrole qui nous sépare. Si on ne l’avait pas découvert, on ne serait pas en crise aujourd’hui. Les Camerounais risquent de devenir comme les Equato-guinéens, qui depuis qu’ils sont pétroliers sont hostiles à toute forme d’intégration étrangère. Ils exigent le test de sida, un prix exorbitant pour les papiers, bref trop de lois pour les visiteurs.
Paul Chukwudi, vendeur de sanitaires, Elig-Essono, yaoundé :« Le Cameroun et le Nigéria se sont réconciliés » Durant le problème entre le Cameroun et le Nigéria, relatif à la question de la paternité de Bakassi, il y a eu des conflits à la frontière entre les deux pays. Le Cameroun et le Nigéria sont des amis. Maintenant que le problème a trouvé une solution, ils se sont réconciliés. Je pense que cet accord était nécessaire, pour que les deux pays qui sont voisins continuent de vivre en paix et d’entretenir des relations tant familiales que commerciales.
Damas Ibewushi, vendeur de pièces détachées à Mvog-Ada, Yaoundé : «Nous sommes bien contents. » Mais, il s’agit de voir si les Camerounais vont mettre en pratique toutes ces décisions. Au quartier, les gens n’assimilent pas très vite la diplomatie. C’est compliqué tout ça. J’ai des doutes sur l’application de toutes ces mesures. Je ne sais pas pourquoi, mais, je pense que c’est parce que le président Paul Biya n’ira pas sur le terrain vérifier ce qui se passe. On nous prend beaucoup d’argent sur les cartes de séjour.
Alphonse Ibe, pasteur, Yaoundé : «C’est une grâce» Dieu merci, la paix est rétablie. Nos églises ont beaucoup prié pour cet état de fait. Il y a beaucoup de pays au monde qui ont des problèmes de frontières, si le notre s’est résolu à l’amiable, c’est une grâce. Les deux pays sont frères, il devrait y avoir plus d’entente. S’il y a union des deux nations, elles iront très loin.
Cyprien, commerçant, Yaoundé : «Nous sommes une famille» Je suis au Cameroun depuis 17 ans. Je mange, je bois camerounais. Je suis marié avec une Camerounaise. Alors, je me réjouis que la paix soit revenue. Si le Cameroun est bien, je vendrais plus des pièces détachées et ma valeur sera connue dans mon pays. Nous sommes une famille et dans toute les familles il y a des problèmes. Si un pays africain souffre, tous ses voisins en pâtiront, et même toute l’Afrique, alors on doit être solidaire.
Chibuzo Nna Paul, étudiant en lettres modernes anglaises à l'université de Yaoundé 1 : « Il faudrait renforcer l’intégration de part et d’autre » Nous qui résidons dans ce pays étions déjà en paix et le chef de l'Etat camerounais, Paul Biya, l'a reprécisé. Il est vrai que Bakassi est un problème politique, mais ce que je peux en dire c'est que je suis satisfait de l'aboutissement de ce conflit. Ma plus grosse crainte était que le Nigéria entre en guerre avec le Cameroun. Donc, j'accepte la situation actuelle, encore que je ne connais absolument pas la péninsule dont il est question. Maintenant, il faudrait renforcer l'intégration de part et d'autre, mais surtout au Cameroun. En fait, nous sommes victimes de contrôles des papiers constamment. Or, les Camerounais vivant au Nigéria, n'ont pas vraiment ce genre de problèmes.
Valentine Ebere, porte parole des commerçants de Mvog-Ada, Yaoundé : « Il faut sensibiliser les hommes en tenue et les civils » Le discours avait toute son importance. Après un dénouement pareil, il était important de s’adresser au peuple. Et je crois que le message va aussi à l’endroit des Nigérians, parce que le président Paul Biya sait que nous sommes là. Seulement, il faut bien que tout ce qui a été dit soit mis en application. Je pense qu’il faut sensibiliser les hommes en tenue et les militaires sur la nécessité de vivre ensemble. Nous sommes condamnés à rester ensemble, jusqu’à ce que cette terre n’existe plus, donc, il faut qu’on accepte de bon cœur la décision de la cour de justice.
Eric Abi, vendeur de pièces détachées, Yaoundé :«Maintenant, on respire» Quand les problèmes de frontières ont commencé, on n’était pas encore nés. Pourquoi subir l’hostilité aujourd’hui ? Les menaces pleuvaient de toutes parts au moment des troubles, on nous accusait de la mort de toutes les victimes camerounaises de Bakassi. Au moins maintenant on respire. Pour tous ceux qui y ont laissé leur vie, on prie pour que leurs âmes reposent en paix. On espère que pour plus d’intégration, le gouvernement va baisser les prix des cartes de séjour, afin qu’ils soient à la portée de tous et qu’il y ait moins des gens en prison. On déplore seulement la surveillance de l’émi - immigration, qui est devenue un fond de commerce. On nous arrête cinq mois avant l’inspiration du délai de nos cartes de séjour, pour qu’on nourrisse les policiers par peur de la prison.
Johnson Okatakata, vendeur de pièces détachées, Yaoundé : « J'aurais souhaité que Bakassi fasse partie du Nigéria » Le problème qui a opposé le Cameroun au Nigéria est maintenant derrière nous. La justice a tranché, nous acceptons cette décision. Il est vrai que quelque part j'aurais souhaité que Bakassi fasse partie du Nigéria, mais ça n'a pas été le cas. A présent, ce qui est important c'est que Camerounais et Nigérians résidant dans ce pays continuent à cohabiter dans de bonnes conditions. L'autre aspect tout aussi important c'est que les Nigérians puissent exercer sereinement leurs activités, sans être tout le temps préoccupés par le problème des papiers. La résolution de ce conflit devrait être l'occasion de prendre en compte ce qui constitue le plus gros tracas des Nigérians au Cameroun.
Ngozi Chineke, mécanicien au quartier Mokolo, yaoundé : « C’est de la politique » Ne me filmez pas. Allez filmer comment les pêcheurs nigérians meurent dans l’eau à Bakassi. Allez du côté où il y a le problème. Le président du Cameroun a parlé ? Tout ça, c’est de la politique. Il fait comme son frère Obasanjo. Ils ne savent rien de ce qui se passe là-bas sur le terrain.
Anthony Onyekwe, Douala :«Le Nigéria est un pays de paix» Si la rétrocession de Bakassi au Cameroun s’est faite dans la paix, c’est bien parce que le Nigéria est un pays de paix et respectueux de ses engagements. Je pense que l’Etat camerounais doit nous retourner l’ascenseur en baissant le coût des titres de séjour, ou pourquoi pas, en les annulant tout simplement. Avec ce qui s’est passé, nous méritons une considération particulière de la part des autorités camerounaises.
Gerald Mba, Douala :«Cultiver la paix et l’amour» C’est une très bonne chose que de savoir que la paix est définitivement revenue entre le Cameroun et le Nigéria. La parole de Dieu nous invite à cultiver la paix et l’amour. Personne n’avait intérêt à ce que la guerre oppose nos deux pays. Désormais Bakassi est camerounaise. Personne n’osera plus dire que ce sont des Nigérians qui attaquent les Camerounais dans cette zone. Il revient à l’Etat camerounais de renforcer la sécurité le long de la frontière.
Victoria Okeke, Douala: «Une leçon pour toute l’humanité» Il n’y a rien de mieux que la paix. Camerounais et Nigérians sont frères et sœurs. Nous avons l’obligation de vivre de façon pacifique. Ce qui s’est passé entre nos deux pays, va faire école. Le Cameroun et le Nigéria viennent de donner, à l’humanité tout entière, une leçon de paix. C’est tout simplement la preuve que la meilleure solution en temps de conflit, quel qu’il soit, n’est pas le recours aux armes, mais le dialogue.
Marcel Onye, Douala : «Je ne suis pas à l’aise au Cameroun» C’est une bonne chose. Mais en tant que ressortissant nigérian, je dois vous avouer que je ne suis pas à mon aise au Cameroun. Les droits de séjour coûtent très cher. Le président de la République a fait un discours jeudi dernier, dans lequel il a dit que notre sécurité et nos droits continueront d’être garantis et que les relations entre nos deux pays sont promises à un bel avenir. Ma suggestion c’est que le gouvernement réduise le coût des droits de séjour des Nigérians résidant au Cameroun.
John Iwu, Douala: «Personne n’est perdant» Je salue l’issue pacifique et heureuse pour le Cameroun du différend frontalier entre nos deux pays. En fait, personne n’est perdant dans cette affaire. Eviter la guerre et tous ses ravages, est un victoire, qui mérite d’être saluée. Camerounais et nigérians, nous sommes tous gagnants. Nous devons maintenant travailler à perpétuer ce climat de paix entre nos deux pays.
Pius Ifepe, président de l'union des ressortissants de l'Etat d'Anambra à Douala : «les deux Etats ont fait preuve de responsabilité» Nos deux pays ont toujours vécu dans la paix et je pense que cette paix vient d’être consolidée par la rétrocession pacifique de la presqu’île de Bakassi au Cameroun. Nous n’avons jamais été inquiétés en tant que résidents nigérians au Cameroun, tout au long du différend frontalier entre nos deux pays. Nos deux Etats ont fait de preuve de responsabilité dans la gestion du différend qui les opposait. Il y a cependant certaines choses qui rendent difficile notre séjour au Cameroun.
Thomas Egbueri, Douala : «La guerre n’est pas une bonne chose» Je suis très content parce que la guerre n’est pas une bonne chose. Je suis reconnaissant à nos deux chefs d’Etats pour la façon dont ils ont conduit le processus de rétrocession d’un bout à l’autre. Il y a eu des pressions de parts et d’autres. Je pense qu’ils ont chacun en ce qui le concerne tenu à respecter les engagements pris par leurs pays respectifs. Ça nous honore tous, Nigérians et Camerounais.
Joseph Onu, Douala : «Que les autorités camerounaises baissent les droits de séjour» Il est clair que la rétrocession de Bakassi au Cameroun va consolider les relations de fraternité entre nos deux pays. Et comme le sous-sol de Bakassi est riche, je suis convaincu que nous autres, Nigérians résidant au Cameroun, allons bénéficier de ces richesses. Avec toutes les richesses du sous-sol de cette zone, j’espère que les autorités camerounaises pourront baisser les droits de séjour. C’est ma prière.
Casmir Tchikodé, Douala: «Nous ne sommes pas contents» Le Nigéria et le Cameroun ont choisi de régler leur différend de manière pacifique. Nous nous en réjouissons. Mais, en tant que résidant nigérians au Cameroun, nous ne sommes pas contents. Nous ne vivons pas au Cameroun en paix. Nous sommes régulièrement harcelés par la police pour les permis de séjour, avant même qu’ils n’arrivent à expiration. Le montant est très élevé. 135.000 Fcfa tous les deux ans, c’est énorme.
Edwin Agbofor, vendeur à la sauvette au marché Mvog-Ada, yaoundé : « Que Bakassi améliore les conditions de vie des Camerounais » Le Nigéria et le Cameroun sont des pays frères. Que Bakassi soit camerounais ne me pose aucun problème. Si le Cameroun peut l’exploiter et améliorer les conditions de vie de ses populations, alors c’est une bonne chose. Quand le Nigéria contrôlait cette région, les populations n’ont pas senti les retombées de son exploitation sur leurs vies. Et puis, le Nigéria dispose d’autres puits de pétrole plus importants. Je ne me préoccupe pas de ces problèmes qui me dépassent en tout cas. Je vis au Cameroun depuis 15 ans, ma femme et mes enfants sont Camerounais, moi-même, je me considère comme étant camerounais.
Dickson Zebce, Douala : «Que les policiers cessent de nous harceler» Vous savez, au Camp Yabassi, personne ne sait où se trouve Bakassi. Mais l’impression qu’on a ici, c’est que les policiers étaient impliqués dans ce conflit et qu’ils étaient en guerre contre nous. Maintenant que le Nigéria a décidé de quitter de Bakassi, j’espère seulement qu’ils vont cesser de nous harceler. Deux mois avant la date d’expiration de nos titres de séjour on nous oblige à les renouveler et quand on refuse de s’exécuter c’est la prison. C’est injuste.
Eze Obolobo, Douala: «C’est un exemple qui fera date dans l’histoire» Le Nigéria a démontré sa grandeur à la face du monde en décidant de quitter une région aussi riche. C’est à saluer. C’est la preuve que notre pays est respectueux du droit international et de ses engagements. Le mérite revient à nos chefs d’Etats pour avoir privilégié la voie de la justice internationale et de la diplomatie. Même les plus grandes nations du monde doivent s’inspirer de cet exemple, qui j’en suis sûr fera date dans l’histoire.
Christian Nwokorie, Douala : «C’est une plus-value pour le Cameroun» Le Cameroun est ma seconde patrie. Je vis ici depuis l’époque de la guerre du Biafra. Ici, je suis chez moi. Vous pouvez donc imaginer ma joie, lorsque le transfert d’autorité s’est fait sans heurts et suivant un processus qui a été bien mené par nos chefs d’Etats. Economiquement, ça fait une plus value pour le Cameroun qui va se ressentir dans nos affaires. Si ça peut permettre de baisser le coût du permis de résident ce serait mieux.
Benedict Nnabuchi Benzico, Douala : «Nos deux pays ont démontré leur maturité» Il y a des puissances qui tiraient les ficelles dans l’ombre pour nous pousser à la guerre comme c’est le cas dans d’autres foyers de conflit. Mais avec l’aide de Dieu, de Kofi Annan, de Paul Biya et de Olusegun Obasanjo, il n’en a rien été. Nos deux pays ont démontré leur maturité. Notre souhait c’est que cette paix demeure.
Ezié Abooka, vendeur de pièces détachées au quartier Mokolo, yaoundé : « Des pêcheurs nigérians ont été tués » Est-ce que vous savez que le jour de la cérémonie de rétrocession des pêcheurs nigérians ont été tués par des soldats camerounais ? On a célébré, on s’est réjouit de la bonne fin de cette histoire, mais, tout le monde a fermé la bouche sur cette affaire. Ne dormons pas. Ouvrons les yeux sur la réalité. Que le Cameroun et le Nigéria respectent les accords de Greentree, signés en 2006. Sinon, malgré les discours, les gens vont mourir sous silence.
Cajethan Amaeli Irodi, Douala : «Nous n’avons pas de droits, seulement des devoirs» C’est une avancée dans les relations diplomatiques entre nos deux pays. Mais sur ce plan, beaucoup reste à faire. Je suis marié à une Camerounaise et père de sept enfants. Pour chacun de mes enfants, je dois payer des droits de séjour. Leur mère est camerounaise, mais ils sont considérés comme des étrangers dans leur propre pays. La police continue de nous harceler, comme de vulgaires bandits. Nous n’avons pas des droits mais seulement des devoirs.
Joseph Okeke Obiyo, chef de la communauté nigériane du Camp Yabassi, Douala : «Le Cameroun c’est mon pays d’adoption» C’est une bénédiction pour le Cameroun et le Nigéria. Nos deux pays partagent, si ce n’est la plus longue frontière commune en Afrique, du moins l’une des plus longues au monde. Nous sommes frères. Nous avons l’obligation de nouer des relations pacifiques. On ne peut que se réjouir quand on s’imagine les nombreux désastres causés par la guerre ailleurs. Le discours du chef de l’Etat nous a rassurés et nous réconforte dans notre envie de vivre dans cet îlot de paix qu’est le Cameroun. En ce qui me concerne, le Cameroun c’est mon pays d’adoption. Je suis né ici et j’ai épousé une Camerounaise qui me rend heureux.
Peter Ukegbu, vendeur de moquettes au quartier Briqueterie, yaoundé : « Une réaction de satisfaction totale » Je suis au Cameroun depuis 16 ans avec ma famille. Nous n’avons pas de problèmes avec les Camerounais. Et le discours du président Paul Biya traduit cette relation de bon voisinage. Je suis totalement satisfait du fait que la question de Bakassi ait été réglée de manière pacifique. Imaginons que les deux pays s’étaient résolus à faire la guerre. M’auriez-vous trouvé sur place en train de vendre mes tapis ? Auriez-vous eu le courage de descendre même ici dans la rue ? Je ne veux pas imaginer le pire. Je suis content pour les deux chefs d’Etat. Il faut qu’ils veillent sur Bakassi, puisque nous sommes loin de là.
Godwin Echekie, mécanicien à Mvog-Ada, yaoundé : « Le discours de Paul Biya est en retard sur l'évènement» Les autorités du Nigéria ont donné Bakassi, qui, à l’origine est nigériane. Les populations nigérianes n’étaient pas favorables à cela et c’est pourquoi il y a eu des exactions contre l’armée camerounaise. Mais comme l’ordre est venu d’en haut, ils ont été obligés de respecter les accords passés entre les deux pays. Nous, on vit ici au Cameroun et on se contente de la place qu’on nous donne. Je n’ai pas suivi le discours du président Paul Biya, qui est d'ailleurs en retard par rapport à l'évènement, mais j’espère seulement que maintenant l’ordre va régner.
Ezekwem, Douala : «C’est très difficile de joindre les deux bouts» Le Cameroun et le Nigéria sont des pays frères. Ils l’ont démontré. Nous nous en réjouissons. Tout ce qu’on demande c’est que le grand frère pense aussi à nous. Je suis installé au Cameroun depuis plusieurs années. J’ai fondé ma famille ici, mais c’est très difficile de joindre les deux bouts. Non seulement on doit payer nos droits de séjour, mais il faut faire autant pour les enfants.
Augustin Emanaha, Douala :«Je remercie Paul Biya et Obasanjo et Yar’Adua» Je remercie nos deux chefs d’Etats : Paul Biya et Olusegun Obasanjo. Nous leur devons tout. S’ils n’avaient pas opté pour la paix on n’en serait pas là. La marche a été longue, mais, au bout du compte elle a porté des fruits. Il faut également féliciter le président Yar’Adua, pour avoir respecté les engagements pris par son prédécesseur. Il est maintenant question, au-delà de Bakassi, pour nos deux pays de mettre en place des mesures de libre circulation, pour matérialiser la cohésion pacifique entre nous.
Victor Chidi, Douala: «C’est la plus belle chose qui soit arrivée à nos deux pays» Je pense que connaissant notre passé historique commun et les liens qui nous unissent sur le plan économique, c’est la plus belle chose qui soit jamais arrivée à nos deux pays. Il ne reste plus qu’à baisser le coût des permis de séjour, cesser de stigmatiser les Nigérians, nous accorder un peu plus de droits. Nous ne demandons pas mieux pour des ressortissants d’un pays frère.
Emmanuel Azubuiké, vendeur de pièces détachées au quartier Mvog-Ada, Yaoundé: « Tout s’est passé comme je le voulais » Il n’y a aucune différence entre le Cameroun et le Nigéria. Ce sont deux pays frères et le problème s’est résolu comme entre deux frères. Tout s’est passé comme je le voulais. Je n’aurais pas aimé que nos pays entrent en guerre pour décider de qui aurait autorité sur Bakassi. A présent, nous sommes ensembles, l’union fait la force et je suis très content de ce que la paix va mieux régner entre nos nations.
Isidore Iheanacho, Douala :«Nous rendons grâce à Dieu» Nous rendons grâce à Dieu pour ce qui s’est passé. Nous espérons seulement que le gouvernement tiendra compte de l’engagement pris par le président de la République devant toute la nation jeudi dernier, parlant des Nigérians vivant au Cameroun. Si on commençait par baisser le montant du permis de séjour, ce serait une très bonne chose pour nous.
Kevin Chinedu Okodu, Douala : «Le dialogue est la solution à toutes les crises» J’ai accueilli avec joie et satisfaction la rétrocession de Bakassi au Cameroun. Nos deux pays ont donné au monde entier une très grande leçon de ce que le dialogue est la solution à toutes les crises. Jeudi dernier, j’ai suivi avec attention le discours du président Paul Biya. C’était le discours d’un homme de paix qui nous a tous rassurés, nous autres Nigérians vivant au Cameroun. Nous voulons l’encourager dans cette voie en l’implorant de s’intéresser de près au problème de permis de séjour auquel nous faisons face.
Fidel Lwudo, commerçant au quartier Briqueterie, Yaoundé :« Je suis chez moi au Cameroun » J'ai suivi attentivement le discours du président Paul Biya et il était tout à fait normal qu'il le prononce. L'issue de cette situation me réjouis entièrement, d'autant plus que je vis dans ce pays depuis de nombreuses années, donc, je suis chez moi au Cameroun. Par la force des choses et en plus de la fraternité qui caractérise les relations entre nos pays, la paix va régner, comme ça a toujours été le cas, malgré le fait que certains de nos frères sont morts à Bakassi.
Théodore Oguguo, vendeur de pièces détachées au quartier Etoudi, Yaoundé : « Nos deux pays ont fait preuve d’un grand amour » Je vois en cette résolution pacifique une alliance entre le Cameroun et le Nigéria. Nos deux pays ont fait preuve d'un grand amour. S'ils avaient résolu ce conflit comme le font les autres pays, c'est-à-dire par la guerre, le résultat n'aurait pas été celui que nous connaissons. Le Cameroun et le Nigéria sont deux frères. Je suis très content de la manière dont les choses se sont déroulées.
Propos recueillis par Stéphanie Dongmo, Patient Ebwelé, Irène Gaouda, Irène Fernande Ekouta (stagiaire) et Nadège Touba (stagiaire) et Denis Nkwebo
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Finalement! Combien coute cette Carte de Séjour? Guinée Equatoriale, Gabon, Cameroun,R.C.A,Tchad c'est la meme sauce. Ou est la libre circulation des personnes et des Biens? Nous sommes d'abord des humains avant d'appartenir a un pays, un continent et a un seul Monde. Felicitation aux pays de l'Afrique de l'Ouest qui ont fait des grandes avancées dans le processus d'intégration régional.